Des scientifiques auraient retrouvé des restes de l'auteur de Don Quichotte

Des archéologues effectuent des fouilles depuis mars 2014... (Photo AP / Aranzadi Science Society)

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Des archéologues effectuent des fouilles depuis mars 2014 dans un quartier du centre de la capitale espagnole, aujourd'hui rebaptisé «Barrio de las Letras» en hommage à ses célèbres habitants.

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Anna CUENCA
Agence France-Presse
MADRID

L'équipe chargée de rechercher les restes de l'auteur de Don Quichotte, Miguel de Cervantès, est convaincue de l'avoir retrouvé dans la crypte d'une église du centre de Madrid, quatre siècles après la mort de l'inventeur du roman moderne.

«Après analyse de toute l'information (...), il est possible de considérer que parmi les fragments de la 'réduction' découverte dans le sol de la crypte de l'actuelle église des Trinitaires se trouvent certains fragments appartenant à Miguel de Cervantès», a annoncé mardi Francisco Etxeberria, directeur de l'équipe scientifique chargée des recherches.

Les fouilles avaient démarré en mars 2014 dans un quartier historique du centre de Madrid. Les chercheurs sont parvenus à cette conclusion en analysant un faisceau d'indices d'ordre documentaire sur l'auteur de Don Quichotte, indices comparés à leurs recherches anthropologiques et archéologiques sur place, bien que les restes n'ont pas été analysés de manière «génétique».

«Il n'y a pas d'identification confirmée par la voie génétique», a déclaré l'archéologue Almudena Garcia-Rubio. «Nous sommes convaincus que nous avons entre ces fragments, quelque chose de Cervantès», a cependant insisté le docteur Etxeberria.

«C'est un jour très important pour l'Espagne et pour notre culture», s'est félicitée mardi la maire de Madrid, Ana Botella. «Cervantès est le premier écrivain, et le plus important en langue espagnole», a-t-elle rappelé.

Modeste sépulture

Né en 1547, dans la vieille ville universitaire d'Alcala de Henares, près de Madrid, l'écrivain a passé les dernières années de sa vie dans un quartier du centre de la capitale espagnole, aujourd'hui rebaptisé «Barrio de las Letras», ou «Quartier des Lettres», en hommage à ses célèbres habitants: Cervantès, mais aussi Lope de Vega, et les grands rivaux littéraires du Siècle d'Or, Francisco de Quevedo et Luis de Gongora.

Un quartier qui se démarquait à l'époque «par le grand nombre de membres du monde du spectacles et de la bohème, en plus d'auteurs en tous genres qui y vivaient et s'y retrouvaient», selon l'historien Fernando de Prado, qui a soumis le projet de recherche des restes de Cervantès à la mairie de Madrid.

L'auteur de Don Quichotte fut enterré dans ce quartier en avril 1616. Mais on ignorait le lieu exact de sa sépulture, perdue au fil de l'histoire et des travaux d'agrandissement de cette église et du couvent attenant, aux façades de briques rouges.

Pendant des années, il parut difficile de fouiller les lieux, où résident encore des religieuses, de creuser à l'aveugle dans une église classée au patrimoine culturel de la ville depuis 1921.

Les fouilles ont permis de localiser les restes de 300 personnes alors qu'au départ les scientifiques n'en cherchaient que huit.

Le directeur général du Patrimoine culturel de la mairie de Madrid, José Francisco Garcia, avait donné des précisions en 2014 à l'AFP à ce sujet. Miguel de Cervantès, avait-il dit, a sans douté été enterré «enveloppé dans une bure du tiers ordre franciscain, qu'il avait rejoint peu avant, dans un modeste cercueil, les mains sur sa poitrine tenant un crucifix en bois et le visage découvert (...), (et) il fut conduit à ses funérailles le samedi 23 avril dans celui qui était sans doute le couvent le plus modeste de Madrid».

Les anthropologues n'ont cependant pu confirmer l'identité des restes par le biais de l'une des «caractéristiques spéciales» de l'écrivain, surnommé «le manchot de Lépante» après avoir été blessé à la poitrine et perdu l'usage de la main gauche lors de la légendaire bataille navale de Lépante (1571), remportée par la Sainte Alliance sur les Turcs.

Ces lésions n'étaient pas visibles en raison de «l'état de conservation des os».

«Du point de vue proprement littéraire cela ne va pas apporter grand chose», a réagi Jean Canavaggio, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre et biographe de Cervantès, en invitant à la prudence.

«Il y a évidemment une autre dimension: l'aspect touristique et économique. Il va y avoir évidemment des foules de touristes qui vont se précipiter au couvent des Trinitaires. Cela sera une source de revenus pour Madrid».

«Ce qui doit être retenu c'est que c'est un personnage dont la vie est absolument passionnante», a-t-il encore réagi en évoquant une certaine «émotion» en rappelant qu'il a inventé le roman moderne, en donnant «la parole à ses personnages au lieu de raconter ce qui leur arrive».

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