Un fragment de sphinx égyptien soulève plusiers questions en Israël

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Le fragment de granit découvert mardi - les pattes avant d'un sphinx - porte une inscription hiéroglyphique au nom du pharaon Mykérinos qui régna il y a près de 4500 ans, dont la pyramide est la plus petite des trois célèbres Pyramides de Guizeh.

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Agence France-Presse
Paris, France

Un fragment de sphinx égyptien a été découvert dans le nord d'Israël, première découverte du genre dans la région, qui intrigue les archéologues.

Le fragment de granit découvert mardi - les pattes avant d'un sphinx - porte une inscription hiéroglyphique au nom du pharaon Mykérinos qui régna il y a près de 4500 ans, dont la pyramide est la plus petite des trois célèbres Pyramides de Guizeh.

«C'est la seule statue monumentale égyptienne jamais retrouvée dans le Levant», a indiqué à l'AFP Amnon Ben-Tor, professeur d'archéologie à l'Université hébraïque de Jérusalem.

«Il s'agit aussi du seul sphinx connu de ce roi. Aucun sphinx de ce roi n'a jamais été retrouvé, pas même en Égypte», a précisé l'archéologue, directeur des fouilles sur le site de Tell Hazor, en Galilée, où a été retrouvé le fragment.

M. Ben-Tor a souligné, en plus du nom de Mykérinos, gravé entre les pattes du sphinx, la présence de symboles se référant à la ville d'Héliopolis, une cité antique proche du Caire actuel et où se trouvait le temple abritant la statue.

Le site archéologique de Tell Hazor, inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2005, est le plus important site archéologique d'Israël, s'étendant sur plus de 80 hectares.

La population de Hazor était estimée à 20 000 habitants au deuxième millénaire avant notre ère, à la période cananéenne, ce qui en faisait l'une des principales cités du Croissant Fertile à l'époque.

La Bible se réfère à Hazor comme «la tête de tous ces royaumes» cananéens (Joshua 11:10).

Détruite au 13e siècle avant J.C., la ville d'Hazor a été repeuplée au 11e siècle par les Israélites qui l'ont occupée jusqu'à sa nouvelle destruction en -732 par les Assyriens.

Le fragment découvert fait environ 50 centimètres de long et la statue dans son ensemble avait une taille de 150 centimètres de long et 50 centimètres de large, précise Amnon Ben-Tor.

Cadeau pharaonique?

La façon dont le sphinx est arrivé à Tell Hazor n'a pas été élucidée.

«Il semble peu probable qu'il soit arrivé lors du règne de Mykérinos, car il n'y avait alors aucune relation entre l'Égypte et cette partie du monde», indique l'archéologue. «L'Égypte avait des relations avec le Liban, en particulier via l'ancien port de Byblos, pour importer du bois de cèdre», mais pas avec la Galilée.

Une autre hypothèse serait que la statue provienne du pillage de la basse Égypte par les Cananéens aux 17e-16e siècles avant JC, poursuit l'archéologue.

Mais le plus probable selon lui serait un cadeau d'un monarque égyptien plus tardif.

«Il est possible que le sphinx soit arrivé à Hazor après le début du Nouvel Empire en -1550 pendant lequel l'Égypte régnait sur Canaan et entretenait des liens étroits avec les souverains locaux, qu'elle avait laissé sur le trône», explique Amnon Ben-Tor.

«La statue a probablement été envoyée par un souverain égyptien au roi de Hazor, le plus important de la région», ajoute-t-il.

Le pied du sphinx a été découvert par Shlomit Blecher, une doctorante de l'institut d'archéologie de l'Université hébraïque, en août 2012.

«C'était la dernière heure du dernier jour de fouilles», raconte-t-elle, se remémorant l'excitation de toute l'équipe.

Selon Amnon Ben-Tor, le sphinx a probablement été volontairement brisé lors de la prise de la ville par ses nouveaux maîtres, désireux d'affirmer leur pouvoir.

Les incrustations de la statue ont été méticuleusement enlevées par des restaurateurs avant que soient découverts les hiéroglyphes.

L'Institut d'archéologie de l'Université hébraïque a commencé les fouilles sur le site au milieu des années 1950. Amnon Ben-Tor a repris les fouilles en 1990 après une interruption d'une vingtaine d'années.

En 2010, son équipe y avait déjà découvert un fragment d'un code de lois, vieux de 3700 ans, similaire au célèbre Code d'Hammourabi, sur une tablette en écriture cunéiforme akkadienne.

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