La Russie perd le contact avec le premier satellite angolais

La fusée transportant le premier satellite angolais de... (Roscosmos space agency via AFP)

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La fusée transportant le premier satellite angolais de télécoms, Angosat-1, à son décollage, tôt le 27 décembre.

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Maxime POPOV
Agence France-Presse
Moscou

La Russie a perdu mercredi le contact avec le premier satellite angolais de télécoms, Angosat-1, lancé du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, faisant craindre un nouveau revers un mois après la perte embarrassante d'un autre appareil.

Le constructeur de ce satellite, le géant russe de l'aéroespace RSC Energia, a indiqué dans un communiqué que l'appareil avait atteint l'orbite voulue et que le contact avait dans un premier temps été établi avant que le centre de contrôle ne « cesse de recevoir les données de télémesure ».

Les experts russes espèrent néanmoins encore pouvoir rétablir le contact, selon Energia, qui souligne qu'une telle situation n'est pas rare.

Une source au sein de l'agence spatiale angolaise a de son côté affirmé à l'AFP qu'il était encore « prématuré » de considérer le satellite, dont le coût est estimé à 280 millions de dollars, comme perdu.

« Il y a eu effectivement une coupure après le lancement, mais nous attendons des informations précises dans les prochaines 24 heures », a précisé Da Costa N'Gangau, un responsable d'Infrast, société chargée du volet commercial d'Angosat-1.

Ce satellite avait été lancé avec succès mardi à 19h GMT de Baïkonour, porté par une fusée ukrainienne, un fait rare en raison des mauvaises relations entre la Russie et l'Ukraine, et mis en orbite peu après.

« Le problème est que ce satellite reposait dans un entrepôt depuis plus de trois ans dans l'attente de son lancement, qui a été sans cesse repoussé », ce qui a pû entraîner sa dégradation, explique à l'AFP l'expert Vitali Egorov.

L'Angola et la Russie avaient convenu en 2009 de lancer Angosat-1, dont la mission, d'une durée de 15 ans, a pour but d'améliorer les communications par satellite, l'accès à l'internet et des services de radiotélévision en Afrique.

Quelque 50 ingénieurs angolais ont été formés, notamment au Brésil, en Chine et au Japon. La Russie doit superviser son fonctionnement à partir d'un centre de contrôle construit près de Luanda.

Réputation en jeu

La perte du contact avec ce satellite angolais fait craindre un nouvel échec pour le secteur spatial russe, un mois après la perte d'un satellite météorologique lancé depuis le nouveau cosmodrome russe de Vostotchny dans l'Extrême-Orient.

Cette base, dont le chantier a été émaillé de multiples affaires de corruption, est censée symboliser la renaissance de l'industrie spatiale russe, source d'une immense fierté à l'époque soviétique avant de souffrir du manque de financement après la chute de l'URSS.

L'agence spatiale russe, Roskosmos, a expliqué en décembre la perte du satellite météorologique par une « erreur dans un algorithme » informatique, excluant un problème dans les infrastructures du nouveau cosmodrome.

Le vice-premier ministre russe chargé de l'Espace, Dmitri Rogozine, a néanmoins vivement critiqué Roskosmos, l'accusant de chercher à couvrir les responsables.

Le secteur a déjà connu plusieurs revers retentissants en 2015 et 2016, tels que la perte d'un vaisseau cargo Progress devant ravitailler la Station spatiale internationale, la défaillance d'un lanceur Proton ou encore la découverte de défauts sur la plupart des moteurs produits pour les fusées devant placer en orbite des satellites.

Ces échecs sont d'autant plus dommageables pour la réputation d'une Russie qui « vise les marchés émergents, en proposant un accès bon marché à l'espace », indique M. Egorov.

En octobre, Roskosmos avait également reconnu qu'une capsule ramenant des astronautes de l'ISS vers la Terre en avril avait été victime d'une dépressurisation peu après sa rentrée dans l'atmosphère, sans danger pour l'équipage.

Les ambitions spatiales russes ne semblent toutefois guère perturbées par les déconvenues du secteur, Roskosmos ayant annoncé en septembre s'être joint au projet américain de création d'une station orbitale autour de la Lune, alors que Moscou prévoit d'ores et déjà d'y construire une base scientifique et d'effectuer ses premiers vols lunaires d'ici 2031.




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