Succès du lancement de la fusée de SpaceX

SpaceX a réussi 18 lancements consécutifs entre 2002 et... (Photo NASA, ARCHIVES Associated Press)

Agrandir

SpaceX a réussi 18 lancements consécutifs entre 2002 et juin 2015 et huit autres d'affilée début 2016.

Photo NASA, ARCHIVES Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

La société américaine SpaceX a lancé samedi en Californie sa fusée Falcon 9 avec dix petits satellites de communication de la société Iridium, marquant la reprise de ses vols quatre mois après une explosion en Floride.

Falcon 9 s'est arrachée de son pas de tir sur la base aérienne de Vandenberg, comme prévu, à 9 h 54. Et SpaceX a ensuite réussi à poser le premier étage (41 mètres) de sa fusée - qui fait 70 mètres au total - sur une barge flottant dans l'océan Pacifique 7 min 49 s après le décollage, selon les images retransmises par la société.

C'est la sixième fois qu'elle parvient à effectuer cette manoeuvre délicate. Le premier étage s'était déjà posé trois fois sur une barge en mer et deux fois sur le sol en Floride.

La société compte, en récupérant la partie la plus coûteuse du lanceur, réduire fortement ses coûts de mise sur orbite.

Le second étage de Falcon 9 devrait déployer les dix satellites d'Iridium pesant 600 kilos chacun en orbite basse environ une heure après le décollage. Le déploiement doit durer quinze minutes.

Ce sont les premiers satellites des 70 que SpaceX doit lancer pour Iridium d'ici le début 2018 dans le cadre de la modernisation de son nouveau réseau appelé Iridium Next.

Test crucial

Ce lancement est vu comme un test crucial pour vérifier si SpaceX a bien identifié et corrigé la cause apparemment complexe de l'accident du 1er septembre.

La firme a conclu que l'accident, survenu lors d'un essai au sol des moteurs, avait résulté d'une défaillance d'un conteneur d'hélium sous pression qui se trouve à l'intérieur du réservoir d'oxygène liquide du second étage de la fusée.

Début janvier, un essai statique de mise à feu des moteurs s'était avéré concluant et avait ouvert la voie à la reprise des vols.

Toutefois, un important groupe consultatif d'experts de la Nasa a exprimé des réserves quant au processus d'alimentation en carburant de Falcon 9. Dans son rapport annuel 2016 récemment publié, ce groupe presse l'agence spatiale de scruter le fonctionnement du système avant les lancements prévus dans le futur d'astronautes de la Nasa vers la Station spatiale internationale (ISS).

L'explosion spectaculaire de septembre avait non seulement détruit le lanceur, mais aussi un satellite d'une valeur de 200 millions de la société israélienne Spacecom.

Un canal du satellite devait être utilisé par le fondateur et patron de Facebook, Mark Zuckerberg, avec l'opérateur français Eutelsat, pour fournir un accès à internet en Afrique sub-saharienne.

L'accident s'est produit quinze mois après une première explosion d'une fusée Falcon 9 peu après son décollage, le 28 juin 2015, détruisant son vaisseau Dragon qui devait acheminer du fret à l'ISS dans le cadre d'un contrat avec la Nasa.

Série noire

Cette série noire, après plus de treize années de succès ininterrompus qui ont bousculé le secteur du lancement, a jeté un froid parmi les clients de la société californienne fondée en 2002 et toujours dirigée par le milliardaire Elon Musk. Ces revers ont aussi eu un impact financier sévère.

Selon le Wall Street Journal, citant une analyse de documents internes auxquels il a eu accès, SpaceX a subi une perte annuelle de 250 millions et une baisse de 6% du chiffre d'affaires dans l'année qui a suivi le premier accident en 2015.

C'est la première fois que le voile est levé sur les résultats financiers de SpaceX qui n'a aucune obligation de les publier puisque non cotée en Bourse.

Ces documents montrent, selon le journal, que dans les quatre ans et demi avant le premier accident, la société a connu une solide progression de son carnet de commandes pour lancer des satellites. Après la seconde explosion, les pertes financières se sont creusées, a ajouté le journal.

Interrogé par le quotidien des affaires, SpaceX s'est borné à pointer ses succès et son potentiel.

«Nous avons plus de 70 lancements dans notre carnet de commandes qui présentent plus de dix milliards de dollars de contrats», a dit Bret Johnson, son directeur financier,  précisant que SpaceX disposait de plus d'un milliard de liquidités et n'avait aucun endettement.

La firme a réussi 18 lancements consécutifs entre 2002 et juin 2015 et huit autres entre la reprise des vols début 2016 et l'accident de septembre.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer