Centre des sciences: Julie Payette part dans un contexte difficile

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Julie Payette a annoncé mardi sa démission en tant que directrice du Centre des sciences, mais a refusé d'expliquer les raisons de son départ.

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Un conflit de travail, un centre fermé depuis le mois de mai et certains employés qui se disent inquiets pour l'avenir : c'est un Centre des sciences en situation difficile qu'a laissé la directrice Julie Payette, dont c'était vendredi la dernière journée en poste.

L'ancienne astronaute a annoncé sa démission mardi, mais a refusé d'expliquer les raisons de son départ. Elle a décliné les demandes d'entrevue des médias.

«Elle quitte le Centre des sciences de Montréal après trois ans et demi pour se consacrer à ses autres occupations et à d'autres projets qui lui tiennent à coeur», a précisé Sophie Morin, directrice des communications du Vieux-Port de Montréal.

Le Centre des sciences de Montréal est fermé depuis le 27 mai dernier à cause d'une grève des employés du Vieux-Port de Montréal. La démission de la directrice a pris les employés par surprise.

«Avant qu'on parte pour la grève, elle avait l'air motivée et nous parlait avec beaucoup de passion. Alors, de la voir partir comme ça, on trouve ça très dommage», affirme Marie-Pier Simard, responsable de la mobilisation pour le Syndicat des employés du Vieux-Port

Selon Mme Simard, le départ de Mme Payette et le conflit de travail s'ajoutent à un «contexte d'incertitude» pour les employés. La Société du Vieux-Port de Montréal, dont fait partie le Centre des sciences, tient en effet des consultations publiques afin d'établir un nouveau «plan directeur» pour 2017.

«On ne sait pas ce qui nous attend», affirme Marie-Pier Simard.

Un changement ardu

Le syndicat affirme que l'atmosphère s'est dégradée quand la Société du Vieux-Port de Montréal, jadis gérée par Travaux publics Canada, a été cédée à la Société immobilière du Canada, en novembre 2012. Le changement avait provoqué une importante réorganisation. Le budget de fonctionnement était passé de 25,4 millions à 14,3 millions et le nombre d'employés avait été réduit de 273 à 248, une baisse de 9,2%.

«Depuis que nous sommes sous la Société immobilière du Canada, on a vraiment vu un changement. Les coupes ont fait mal et nous ne sommes pas informés sur les futurs projets», dit Marie-Pier Simard, du Syndicat des employés.

La Société immobilière du Canada avait alors annoncé un plan pour rendre la Société du Vieux-Port «davantage autosuffisante et fournir de nouvelles attractions qui augmenteraient les revenus, tout en maintenant la qualité du service». Sous le couvert de l'anonymat, plusieurs employés ont affirmé à La Presse que la baisse du financement et la nouvelle recherche de revenus ont changé la donne sur le terrain.

«Les pressions financières menacent l'intégrité de notre mission éducative, scientifique et patrimoniale», a notamment affirmé un employé, qui n'a pas voulu être nommé de peur de mettre son emploi en péril. Notons que Julie Payette est arrivée en poste après cette restructuration.

Plan sur cinq ans

L'an dernier, un plan sur cinq ans avait été dévoilé, qui faisait passer le soutien financier à la Société du Vieux-Port de Montréal de 15,9 millions en 2015-2016 à un creux de 10,3 millions en 2018-2019. Ces chiffres ont toutefois été revus à la hausse depuis, si bien qu'aucune baisse n'est maintenant prévue.

«Les budgets de fonctionnement du Centre des sciences de Montréal et les investissements de la Société immobilière du Canada dans la Société du Vieux-Port sont planifiés pour être maintenus ou légèrement augmentés selon les besoins et les années», assure Sophie Morin, directrice des communications pour la Société du Vieux-Port de Montréal. Elle affirme que le Centre des sciences a créé plusieurs expositions à succès récemment et «n'a jamais été aussi dynamique».

Le budget du Centre des sciences tourne autour de 15 millions, dont 75% proviennent de la vente de billets et de la location de salles. Le 2 juin dernier, en commission parlementaire, la directrice Julie Payette avait affirmé qu'il était «très inhabituel» pour un centre des sciences de reposer autant sur l'autofinancement.

«Les centres des sciences sont comme des écoles. Ils ont habituellement besoin de revenus pour fonctionner», avait-elle dit. Elle avait aussi expliqué qu'en plus du volet sciences, le Centre devait maintenant éduquer ses visiteurs sur la technologie, qui prend de plus en plus de place dans nos sociétés. «C'est ce que nous faisons et nous espérons avoir le soutien pour continuer dans cette direction», avait-elle affirmé.

Notons que le maire de Montréal, Denis Coderre, n'a jamais caché sa volonté de ramener la Société du Vieux-Port de Montréal, dont le Centre des sciences, sous sa gouverne.

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