Mort d'André Brahic, découvreur des anneaux de Neptune

André Brahic en 2009.... (PHOTO ERIC FEFERBERG, ARCHIVES AFP)

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André Brahic en 2009.

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Agence France-Presse
PARIS

L'astrophysicien André Brahic, découvreur des anneaux de Neptune et infatigable vulgarisateur à l'enthousiasme jamais démenti, est mort dimanche matin à Paris à l'âge de 73 ans.

«C'était un personnage éblouissant et hors du commun, extraordinairement chaleureux, profond et authentique, un grand savant et en même temps un conteur, un écrivain», a commenté son éditrice Odile Jacob qui était très proche de lui.

Expert mondial du système solaire, André Brahic est né en 1942 à Paris dans une famille modeste. Il s'est éteint dimanche matin des suites d'un cancer.

Initié à l'astrophysique par Evry Schatzman, le père de la discipline en France après la guerre, il devient dès les années 1980 un spécialiste de l'exploration du système solaire conduite par la sonde spatiale Voyager et la mission américano-européenne Cassini partie en 1997, qui continue à tourner autour de Saturne.

Il s'intéresse aux anneaux de Saturne avant de lancer en 1984 un programme qui lui permet de codécouvrir les anneaux d'une autre planète gazeuse, Neptune, avec l'astronome américain William Hubbard.

Le dernier anneau se décompose en quatre arcs dont trois furent découverts au départ par André Brahic qui leur donna les noms de «Liberté», «Égalité» «Fraternité», la devise nationale française. Le dernier arc fut trouvé par l'une de ses collaboratrices.

Astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et professeur dans une université parisienne, il avait également dirigé le laboratoire Gamma-gravitation.

En 1990, l'astéroïde 3488 situé dans la ceinture du système solaire avait été baptisé Brahic en son honneur.

Vulgarisateur prolifique, il avait publié cinq livres, dont Enfants du soleil en 1999 et Lumières d'Étoiles en 2008 aux éditions Odile Jacob. Son dernier ouvrage sur les exoplanètes Terres d'ailleurs. Sommes-nous seuls dans l'univers? était paru l'an dernier chez le même éditeur.

«La science, ce n'est pas des barbons ennuyeux qui vous écrivent des équations : c'est la vie», expliquait il y a deux ans sur France Culture le scientifique, avec un enthousiasme intact et communicatif.

Grand amateur de musique et de gastronomie, connu pour son humour, il aimait dire que son combat, c'était «la lutte contre les homos tristus en faveur des homos rigolus, moins nombreux mais plus utiles».

«Si je me présentais à la présidence de la République, mon programme reposerait sur trois priorités: la culture, la recherche et l'éducation», expliquait souvent André Brahic, qui déplorait que les scientifiques ne soient pas plus impliqués dans la société civile. «C'est ça notre avenir, c'est ça la lutte contre l'obscurantisme».

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