Deux satellites lancés vendredi pour scruter la planète et défier Einstein

L'un va surveiller la Terre grâce à un radar, l'autre entend défier un principe... (Photo archives NASA)

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Pascale MOLLARD
Agence France-Presse
Paris

L'un va surveiller la Terre grâce à un radar, l'autre entend défier un principe de la théorie d'Einstein : deux satellites seront lancés vendredi par une fusée russe Soyouz depuis la Guyane française pour accomplir des missions ambitieuses pour l'Europe.

Le décollage du lanceur depuis le Centre spatial guyanais (CSG) est prévu à 18 h 02 heure de Kourou (21 h 02 GMT). La mission doit durer quatre heures.

Une sentinelle pour observer la Terre

Soyouz est chargé de mettre en orbite le satellite européen Sentinel-1B, frère jumeau de Sentinel-1A lancé il y a deux ans. Il est réalisé sous la maîtrise d'oeuvre de Thales Alenia Space Italie.

La mission Sentinel-1 consiste en une paire de satellites (1-A et 1-B) équipés chacun d'un radar sophistiqué, produit par Airbus Defence and Space, et capable de fournir des images de la surface de la Terre de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques.

Les données de Sentinel-1A ont déjà commencé à être exploitées.

Au-dessus des mers et des océans, le satellite fournit des images pour dresser des cartes des glaces ou détecter d'éventuels déversements d'hydrocarbures.

Au-dessus des terres, il permet d'observer l'utilisation des sols et de surveiller les glissements de terrain. La mission doit aussi permettre de réagir plus rapidement en cas d'inondations ou de séismes.

Une fois que Sentinel-1B aura été placé sur l'orbite visée à une altitude d'environ 686 km, il scrutera chaque zone de la Terre tous les six jours.

Cette mission fait partie de l'ambitieux programme Copernicus de l'Union européenne, pour la surveillance de l'environnement. Il comprend plusieurs types de satellites Sentinel appelés à fonctionner par paire.

L'Union européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA) ont alloué quelque 5 milliards d'euros au financement de la famille des Sentinel et aux lancements des satellites sur une durée de 20 ans.

Microscope, ou l'art de la chute libre

Soyouz est également chargé d'expédier dans l'espace un microsatellite français Microscope, qui espère trouver une brèche dans la théorie de la Relativité générale élaborée par Albert Einstein il y a un siècle.

Microscope (MICROSatellite à trainée compensée pour l'Observation du Principe d'Équivalence) est chargé de tester dans le vide et dans l'espace l'universalité de la chute libre, avec une précision 100 fois meilleure que sur la Terre.

Le satellite veut vérifier le principe d'« équivalence » entre gravitation et accélération sur lequel Albert Einstein a bâti sa théorie. Il va étudier le mouvement relatif de deux corps en réalisant une chute libre la plus parfaite possible.

Sur Terre, le principe d'équivalence a été vérifié avec un degré de précision relative de l'ordre de la 13e décimale. Microscope entend aller jusqu'à la 15e décimale, soit le rapport de la masse d'une mouche minuscule posée sur le pont d'un supertanker de 500 000 tonnes.

« Si Microscope trouve une violation du principe d'équivalence, cela sera un moment très important dans l'évolution de la physique », relève le physicien français Thibault Damour. « On saura que la théorie de la Relativité d'Einstein n'est pas une description complète de la gravitation, qu'il y a de nouvelles forces qui contribuent à celle-ci ».

Le CNES (Centre National d'Études Spatiales) est le maître d'oeuvre de Microscope, qu'il finance à 90 %. L'ESA est partenaire. Le coût global du satellite, imaginé en 1999, est d'environ 130 millions d'euros.

Microscope, qui a une masse de 300 kilos, sera placé sur une orbite à une altitude d'environ 711 km.

Des nanosatellites d'étudiants

La fusée russe embarquera aussi trois « Cube-Sats », des nanosatellites en forme de cube, mis au point par des étudiants européens dans le cadre du programme « Fly Your Satellite » de l'ESA qui vise à stimuler les vocations scientifiques.

Pour ce vol, les CubeSats, qui accompliront des petits travaux scientifiques, ont été conçus en Belgique, en Italie et au Danemark.

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