Ariane 6 commence à prendre forme, avant son envol prévu en 2020

Dessin de la fuse Ariane 6.... (Image fournie par l'Agence spatiale europenne)

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Dessin de la fuse Ariane 6.

Image fournie par l'Agence spatiale europenne

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
LES MUREAUX

C'est une petite pièce très complexe réalisée grâce à une imprimante 3D pour le futur lanceur européen Ariane : elle a été remise symboliquement à l'Agence spatiale européenne (ESA), qui doit passer au crible en septembre l'avancée de cet ambitieux programme.

« Nous travaillons super bien. » « Pour moi, le programme sera confirmé », pronostique Alain Charmeau, président exécutif d'Airbus Safran Launchers (ASL), maître d'oeuvre du lanceur, lors d'une visite de l'ESA sur le site des Mureaux (banlieue parisienne) où sera assemblée la fusée.

L'agence européenne et ASL ont signé en août un contrat de 2,4 milliards d'euros pour le développement de la fusée, avec un premier engagement ferme de 680 millions pour démarrer. Le Conseil de l'ESA doit confirmer le 13 septembre la poursuite du programme.

« Ariane 6 n'est plus un rêve, mais est proche de devenir réalité », estime Jan Wörner, directeur général de l'ESA, qui s'est vu confier la fameuse petite pièce, preuve que les choses avancent. À charge pour lui de la rapporter en 2019 afin qu'elle soit montée sur la fusée dont le vol inaugural est prévu en 2020, dit en souriant M. Charmeau.

L'Europe a décidé en décembre 2014 de se doter de ce nouveau lanceur, beaucoup moins cher que l'actuelle Ariane 5, pour tenter de résister à la concurrence internationale féroce, notamment dans le domaine des satellites.

L'objectif est de réduire les coûts « de 40 % à 50 % » par rapport à Ariane 5, souligne le président d'ASL, coentreprise créée en janvier 2015 pour mettre notamment en musique Ariane 6.

Sur un vaste plateau du bâtiment « 76 » aux Mureaux, les équipes de conception d'Airbus et de Safran - désormais réunies dans ASL - travaillent ensemble. Avec elles, une dizaine de salariés de l'ESA et du CNES, l'agence spatiale française, « embedded » (intégrés) directement dans l'aventure.

Tous partagent une maquette numérique de la future fusée, qui permet à chacun de voir les modifications apportées par les autres. Une « révolution » car « ceux qui fabriquent peuvent voir le dessin tout de suite », explique M. Charmeau.

Pour gagner du temps, ASL mène de front la phase de développement d'Ariane 6 et la préparation de la production.

« À grande vitesse »

Non loin de là, sur ce qui n'est encore qu'un terrain vague, doit surgir prochainement un bâtiment de 20 000 mètres carrés. C'est là que sera assemblé l'étage principal d'Ariane 6.

L'intégration des différents éléments se fera de façon horizontale et non à la verticale comme pour Ariane 5. « C'est beaucoup plus simple que de travailler en hauteur », souligne M. Charmeau.

La première pierre du bâtiment devrait être posée fin 2016, pour une livraison en 2017.

« Le train d'Ariane 6 roule à pleine vitesse », assure Patrick Bonguet, directeur du programme Ariane 6 chez ASL. « Nous passons les étapes les unes après les autres. Nous sommes plus qu'à l'heure. »

Fin avril, ASL doit remettre son offre à l'ESA, notamment sur le prix du lanceur qui existera en version légère (deux propulseurs) et en version lourde (quatre propulseurs).

Mais, auparavant, une étape indispensable devra avoir été franchie, la poursuite de la mise en place de la coentreprise ASL qui devrait à terme compter 8000 salariés.

Une autre incertitude pèse sur ASL : l'enquête approfondie lancée en février par la Commission européenne après sa montée dans le capital d'Arianespace, la société de lancement, dont elle détient désormais 74 %.

Bruxelles, qui veut regarder l'impact de cette opération sur le marché des satellites, doit rendre sa décision d'ici à la mi-juillet.

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