Après 340 jours dans l'espace, Scott Kelly impatient de revenir sur Terre

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

L'astronaute Scott Kelly, qui est l'Américain ayant passé la plus longue période en continu dans l'espace, est impatient de retourner sur Terre le 2 mars après 340 jours à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), et il rêve de sauter dans sa piscine.

«Je me sens bien psychologiquement, mais j'attends avec impatience de rentrer chez moi», a-t-il lancé jeudi lors d'une conférence de presse en solo retransmise en direct par la télévision de la Nasa depuis l'avant-poste orbital.

«En arrivant à Houston, une des premières choses que je veux faire, après être passé au quartier général des astronautes au centre spatial Johnson pour une batterie d'examens médicaux jusqu'à trois heures du matin, c'est d'aller chez moi et de sauter dans ma piscine», a-t-il poursuivi.

Prendre une douche en apesanteur est très compliqué, ce qui contraint les astronautes à faire leur toilette avec des éponges humides. Ce manque de contact avec l'eau courante est l'une des choses dont ils disent manquer le plus.

Scott Kelly, 52 ans, a effectué cette mission de près d'un an dans l'avant-poste orbital avec son collègue cosmonaute russe Mikhaïl Kornienko, 55 ans, pour étudier les effets biologiques et psychologiques de longs séjours dans l'espace, en préparation à de futures missions habitées vers Mars à l'horizon des années 2030.

La capsule russe Soyouz qui les transportera doit atterrir dans les steppes kazakhes le 2 mars à 10h27 (23h27 le 1er mars HE).

Interrogé sur sa santé, Scott Kelly a dit qu'il se sentait «plutôt en forme», souffrant seulement de petits problèmes de vue liés à l'apesanteur comme lors de son précédent séjour dans l'ISS.

La microgravité augmente le fluide céphalo-rachidien autour du nerf optique, affectant la vision.

L'absence de gravité réduit aussi la masse musculaire et la densité osseuse, ce qui contraint les astronautes à faire régulièrement de l'exercice.

Malgré ces problèmes, il a expliqué aimer énormément vivre et travailler dans l'espace. «Plus que de flotter ou d'admirer la vue, la chose que j'aime avec passion (...) c'est le travail très difficile que nous faisons quotidiennement, qui est complexe et demande beaucoup de concentration», a-t-il dit.

«Plus écologiste»

Scott Kelly a aussi souligné à l'adresse des jeunes aspirants astronautes que ce métier nécessitait, outre une solide formation scientifique, d'être capable de tout faire dans l'espace. Ici dans la Station, «on est parfois médecin, marcheur orbital, électricien ou plombier», a-t-il expliqué.

L'astronaute a aussi confié être devenu plus sensible aux questions de l'environnement pendant son long séjour dans la Station spatiale à 370 km au-dessus de la Terre, dont elle fait le tour 16 fois par jour à 28.000 km/h.

«Plus je regarde la Terre et plus je me sens une âme écologiste», a-t-il dit, indiquant voir des zones «constamment enveloppées de pollution» et déplorant aussi le rôle des humains dans le changement climatique. L'astronaute espère «pouvoir faire davantage pour aider à préserver la planète» à son retour.

Côté médical, il s'est dit particulièrement intéressé par les études visant à comprendre comment les radiations dans l'espace et la microgravité affectent le corps humain génétiquement. Pour cette expérience et d'autres, la Nasa a recruté son frère jumeau Mark Kelly, un astronaute retraité qui a fait plusieurs missions à bord de la navette spatiale vers l'ISS.

La mission de Kelly et de Kornienko constitue le plus long séjour d'un être humain dans l'ISS, depuis la première visite d'un astronaute en 2000.

Mais le record mondial de temps passé d'affilée dans l'espace revient au Russe Valeri Poliakov, resté plus de 14 mois à bord de l'ancienne station spatiale Mir en 1995.

Scott Kelly, qui a déjà fait au total quatre séjours dans l'ISS, bat le record de temps dans l'espace en cumulé pour un Américain avec 540 jours, surpassant le précédent record de 382 jours de son compatriote Mike Fincke.

Mais là encore, le record absolu de temps de vol humain cumulé sur orbite revient au Russe Gennady Padalka, avec 879 jours quand il est revenu sur Terre le 11 septembre 2015.

L'assemblage de l'ISS, d'une masse de 400 tonnes et de la taille d'un terrain de football, a commencé en 1998.

La Station a marqué en novembre son quinzième anniversaire de présence humaine continue à son bord.

L'équipage de six personnes est renouvelé tous les six mois environ.

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