Aller sur Mars: plus facile au cinéma

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Matt Damon dans une scène de The Martian, de Ridley Scott.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Si Hollywood se préoccupe déjà pour aller secourir un astronaute en perdition sur Mars, dans la réalité on est loin de conquérir la planète rouge si l'on en croit le dernier point de la Nasa sur sa stratégie d'exploration.

Dans ce document de 36 pages, l'Agence spatiale souligne les nombreux obstacles restant encore à franchir avant que des humains puissent poser le pied sur le sol martien.

Tout en soulignant qu'il est possible de «résoudre» ces difficultés, la Nasa n'avance aucune date précise ni de coûts pour une première mission habitée sur Mars. Jusqu'à présent, ses responsables parlent en termes généraux des années 2030.

Faisant néanmoins preuve d'optimisme, le patron de la Nasa, Charles Bolden, a souligné dans un communiqué que «l'agence n'a jamais été aussi près d'envoyer des astronautes américains sur Mars» insistant aussi sur l'importance de la coopération avec des partenaires internationaux et le secteur privé pour ce projet.

«Vivre et travailler dans l'espace nécessite d'accepter des risques, mais cela en vaut la peine», souligne encore le rapport qui juge «cet objectif réalisable».

Les dangers sont effectivement nombreux tout au long d'un périple vers Mars, pour lequel les astronautes pourraient passer trois ans dans l'espace.

Outre les radiations cosmiques qui accroissent fortement le risque de cancer, l'absence de pesanteur pendant une aussi longue période entraîne une perte de  densité osseuse et de la masse musculaire et affaiblit le système immunitaire, rappelle le document.

La Nasa doit ainsi développer de nouvelles combinaisons spatiales ainsi que des scaphandres spatiaux adaptés et mettre au point un nouveau système de propulsion électrique solaire pour le vaisseau.

L'agence a besoin également de mettre au point un système pour poser un vaisseau de plusieurs tonnes sur Mars, ce qui selon tous les experts est très compliqué. La plus lourde charge que la Nasa a fait atterrir sur le sol martien est le robot Curiosity, dont la masse est d'une tonne. Il faudra aussi un habitat et un véhicule capable de décoller du sol martien.

«Surmonter tous ces défis sera essentiel pour pouvoir effectuer un voyage sur Mars», explique le rapport, qui voit une stratégie en trois phases.

La première est déjà engagée avec des astronautes se relayant pour des séjours longs dans la Station spatiale internationale (ISS) dont deux, un Américain et un Russe vont rester un an, pour étudier les effets de la vie prolongée dans l'espace sur l'organisme humain.

La Nasa et ses partenaires développent et testent dans la Station des technologies importantes pour la vie dans l'espace, comme des systèmes de survie et de communications.

Mais les pionniers sur Mars devront être beaucoup plus indépendants et, pour ce faire, la Nasa prévoit dans la deuxième phase de sa stratégie de préparer les astronautes à la vie dans l'espace lointain.

Pour cela, l'agence prévoit une série de missions près de la lune dans les années 2020.

Elle a aussi un projet pour aller chercher un rocher sur un astéroïde assez proche de la Terre afin de le tracter dans le but de le mettre en orbite lunaire, à l'aide une sonde robotique non habitée. Cette mission viserait surtout à tester un système de propulsion électrique à l'énergie solaire qui, selon la NASA, sera essentielle pour acheminer de lourdes charges vers Mars.

Les responsables de la Nasa souhaitent que des astronautes rendent visite à ce rocher en orbite autour de la lune vers 2025. Ils doivent s'y rendre à bord de la capsule à quatre places Orion, lancée par le Space Launch System (SLS), le futur lanceur super puissant. Tous les deux sont encore en développement.

Le premier vol d'Orion, lancé par le SLS, aura lieu en principe en 2018, sans astronaute à bord. Le premier vol habité n'aura pas lieu avant le début des années 2020.

Des experts indépendants n'ont pas été impressionnés par ce document de la Nasa.

Pour John Logsdon, l'ancien directeur du Space Policy Institute à Washington, «il n'y a rien de bien nouveau». Selon lui, la Nasa a sorti ce rapport en réponse à des critiques selon lesquelles «elle n'a pas de plan» pour Mars. Il note que le Congrès ne paraît pas disposé à accroître le budget de l'agence pour une mission habitée sur Mars.

John Rummel, un scientifique au SETI Institute (search for extraterrestrial intelligence) estime que le document de la Nasa «a des trous curieux» comme le fait de ne pas expliquer comment les astronautes pourront produire leur nourriture dans l'espace afin de survivre.

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