Le vaisseau Progress s'est désintégré dans l'atmosphère de la Terre

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La perte du vaisseau cargo Progress, qui a coûté près d'un demi-milliard d'euros, constitue un coup dur pour le secteur spatial russe, un domaine stratégique déjà dans le collimateur du pouvoir pour de cuisants revers.

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Maxime POPOV
Agence France-Presse
Moscou

Le vaisseau cargo inhabité Progress a terminé vendredi sa longue chute vers la Terre en se désintégrant dans l'atmosphère au-dessus de l'océan Pacifique, une fin sans danger pour l'ISS mais qui constitue un nouvel échec humiliant pour le secteur spatial russe.

Le vaisseau Progress M-27M était censé s'arrimer la semaine dernière à la Station spatiale internationale (ISS) pour la ravitailler, mais les opérateurs de vol russes avaient perdu son contrôle quelques heures après le lancement de l'engin par une fusée Soyouz depuis le cosmodrome de Baïkonour.

Le Progress avait alors entamé une longue plongée vers la Terre en affichant des réactions incontrôlables. L'agence spatiale russe n'a pas été en mesure de prévoir l'heure et le lieu exact de sa chute, mais ne s'est pas montrée inquiète, la quasi-totalité des engins spatiaux du même type se désintégrant dans l'atmosphère ou atterrissant dans les océans, qui occupent la majeure partie de la surface de la Terre.

Roskosmos avait annoncé jeudi que la descente du vaisseau Progress M-27M vers la Terre ne différerait pas de celle d'un vaisseau sous contrôle. La Russie fait décoller chaque année trois à quatre vaisseaux cargo chargés de ravitailler les six spationautes de l'ISS.

Ces derniers ne sont par ailleurs pas mis en danger par la perte du cargo, disposant encore de plusieurs mois de réserves. Un vaisseau de ravitaillement Dragon, de la société américaine SpaceX, doit livrer à l'ISS au plus tôt le 19 juin environ 2,2 tonnes de matériel scientifique et de provisions.

Coup dur pour l'industrie spatiale russe

La perte du Progress constitue cependant un nouveau coup dur pour l'industrie spatiale russe, secteur stratégique qui fait historiquement la fierté du pays, déjà confronté ces dernières années à une série de revers humiliants.

Pour ce vaisseau cargo qui a fini sa course sur Terre, 2,6 milliards de roubles, soit environ 622 millions de dollars CAN, auront été dépensés.

Une commission d'enquête a été mise en place pour déterminer les circonstances exactes de la perte du Progress. Elle doit présenter ses conclusions au plus tard le 13 mai, selon Roskosmos.

L'incident semble avoir eu lieu au moment de «la séparation entre le vaisseau et la fusée», avait déclaré, la mine sombre, le vice-président de l'agence spatiale russe, Alexandre Ivanov, lors d'une conférence de presse la semaine dernière.

«Le tir et le vol de la fusée se sont déroulés normalement, mais une seconde et demie avant la séparation du vaisseau (du dernier étage de la fusée), les instruments de mesure ont cessé d'émettre», avait abondé le président de Roskosmos, Igor Komarov.

Quelques jours avant cet échec, une fusée expérimentale russe s'était écrasée juste après son décollage dans une zone inhabitée du nord de la Russie. A l'été 2013, c'était une fusée Proton avec ses trois coûteux satellites Glonass, le futur système de navigation par satellite russe, qui avait explosé au décollage.

D'autres tentatives avortées de mise en orbite de satellites de communication ou la perte d'une sonde envoyée vers un satellite de Mars avaient fini par pousser la Russie à procéder à une refonte de son secteur spatial, où quelques têtes avaient sauté.

Mission spatiale retardée?

Roskosmos a néanmoins plaidé des circonstances «imprévues» dans le cas du Progress, qui ne mettait pas en danger les futurs tirs de fusée Soyouz, les seules capables d'acheminer les spationautes vers l'ISS depuis l'arrêt des fusées américaines.

«Nous allons corriger les plans de lancement des deux Progress de cette année. L'un est prévu pour le troisième trimestre, l'autre au quatrième», avait indiqué M. Ivanov, rappelant que sur 1800 tirs, le taux de réussite avait été de 97,3%.

Les agences de presse russes, citant des sources au sein de l'industrie aérospatiale russe, laissaient toutefois entendre jeudi que la prochaine mission spatiale devant envoyer des cosmonautes sur l'ISS, censée décoller le 26 mai du cosmodrome de Baïkonour, pourrait être retardée de deux semaines en raison des problèmes rencontrés par le vaisseau Progress.

Roskosmos n'a pas confirmé ces informations mais une conférence de presse prévue vendredi avec les trois membres d'équipage de cette expédition - un Américain, un Russe et un Japonais - a été annulée.

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