Le Canada mise gros sur un télescope géant

Comme la puissance d'un télescope est fonction de... (ILLUSTRATION FOURNIE PAR TMT OBSERVATORY CORPORATION)

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Comme la puissance d'un télescope est fonction de son diamètre au carré, le TMT sera pratiquement 10 fois plus puissant que les meilleurs outils d'aujourd'hui.

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Il sera gigantesque. Il permettra de voir des mondes célestes jamais observés par l'homme. Et il sera largement canadien. Le Télescope de trente mètres, une puissante machine qui sera installée en 2022 au sommet d'un volcan éteint à Hawaii, vient de faire l'objet d'un investissement de 243,5 millions du gouvernement fédéral. Voici trois choses à savoir sur ce télescope.

Il est immense

Le bien nommé Télescope de trente mètres (TMT pour Thirty Meters Telescope) aura un diamètre de... 30 m, soit trois fois plus que les plus gros télescopes actuels. Et comme la puissance d'un télescope est fonction de son diamètre au carré, le TMT sera pratiquement 10 fois plus puissant que les meilleurs outils d'aujourd'hui. Il sera formé d'un assemblage de 492 miroirs qui peuvent tous bouger indépendamment l'un de l'autre.

«Chaque miroir aura à peu près la taille de celui de l'Observatoire du Mont-Mégantic. Le TMT, c'est donc 500 fois Mégantic!», illustre René Doyon, professeur d'astrophysique à l'Université de Montréal et directeur de l'Observatoire du Mont-Mégantic.

Le TMT s'inscrit dans la nouvelle génération de télescopes prévus pour la prochaine décennie dont font aussi partie le Télescope géant européen, d'un diamètre de 39 m, et le Télescope Magellan géant, de 24,5 m, qui seront tous deux installés au Chili dans les années 2020.

Il sera en grande partie canadien

Avec les États-Unis, le Canada a été l'un des instigateurs du TMT. Le gouvernement fédéral a attendu à la dernière minute, mais il a finalement débloqué 243,5 millions pour que le projet voie le jour. L'investissement fait en sorte que les astronomes canadiens s'assureront de 15 à 20% du temps d'observation du télescope.

«Les grandes découvertes sont tributaires des grandes infrastructures scientifiques. Si on n'y a pas accès, on est out », commente à ce sujet René Doyon, de l'Université de Montréal.

Mais le Canada ne fait pas que signer un chèque. Il s'engage aussi à fournir le dôme qui abritera le télescope, en plus du système d'adaptation optique. Ce dernier s'annonce particulièrement complexe. Les chercheurs veulent mesurer la turbulence de l'air qui brouille les images, puis la compenser par des systèmes complexes qui feront bouger les miroirs jusqu'à 800 fois par seconde. Jamais un système aussi complexe n'a été construit.

Pour remplir sa mission, le Canada devra faire appel aux efforts combinés de dizaines d'entreprises et d'instituts de recherche canadiens, dont plusieurs québécois. La liste qui figure sur le site de la Société canadienne d'astronomie inclut notamment ABB Bomem et l'Institut national d'optique, tous deux établis à Québec. Plusieurs des technologies destinées au TMT seront testées à l'Observatoire du Mont-Mégantic.

Les autres pays qui participent au TMT sont les États-Unis (surtout via le California Institute of Technology), le Japon, la Chine et l'Inde.

Le TMT est une machine à voyager dans le temps

En astronomie, plus on voit loin, plus on voit dans le passé. Cela est dû au fait que la lumière des objets lointains met du temps avant de nous parvenir. Avec sa puissance incomparable, le TMT s'avérera donc une formidable machine à remonter dans le temps.

«On va vraiment voir les premières galaxies s'allumer», s'enthousiasme René Doyon.

En collectant une grande quantité de lumière, le TMT permettra aussi de voir des objets cosmiques qui émettent faiblement et qui ont jusqu'ici échappé à nos moyens de détection.

«Il est impossible de savoir ce qu'on trouvera exactement. Les principales découvertes qu'a faites le télescope spatial Hubble sont celles qu'on n'avait pas anticipées», rappelle M. Doyon.

L'expert, dont l'équipe a réussi à prendre la première photo d'une exoplanète en 2008, espère personnellement profiter du TMT pour voir ces planètes susceptibles d'abriter la vie comme elles n'ont jamais pu être observées.

«On va aller sonder l'atmosphère de mondes potentiellement habitables, dit le chercheur. Qu'est-ce qu'on va trouver? Je n'en sais rien. On espère tous y trouver de la vie. Mais dans tous les cas, ce sera assurément extrêmement intéressant.»

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