Rosetta va survoler la comète Tchouri au plus près

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Une illustration de Rosetta fournie par l'agence spatiale européenne.

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

La sonde européenne Rosetta est intrépide: à la mi-février, elle va s'approcher à environ six kilomètres de la surface de «Tchouri» pour survoler rapidement cette comète, dont l'activité s'accroît à l'approche du Soleil.

Ce survol à la plus basse altitude jamais tentée par la sonde permettra à ses instruments «de prendre des images et d'effectuer un spectre de la surface avec une résolution jamais obtenue jusqu'alors», a expliqué l'Agence spatiale européenne (ESA) dans un communiqué.

Il permettra également de collecter des échantillons de la «chevelure» (nuage de poussières et de gaz) de «Tchouri» au plus proche de la comète afin d'en apprendre plus sur la manière dont sa queue se forme, ajoute l'ESA.

Rosetta, qui a voyagé pendant dix ans avant de rencontrer la comète Tchourioumov-Guérassimenko et de larguer le robot Philae dessus, se trouve actuellement en orbite à une distance d'environ 30 km de la comète, elle-même à 515 millions de km de la Terre.

Le 4 février, Rosetta commencera à s'éloigner à une distance de 140 km de la comète, avant de fondre sur celle-ci jusqu'à environ 6 km de la surface (8 km du noyau) le 14 février. Le «jour de la Saint-Valentin», a souligné le directeur général de l'ESA, Jean-Jacques Dordain. Entre Rosetta et la comète, «c'est une histoire d'amour».

En octobre, alors qu'elle n'avait pas encore largué Philae, Rosetta s'était placée sur une orbite à 10 km du noyau de la comète. Mais elle s'était ensuite éloignée, Tchouri devenant plus active à mesure qu'elle se rapproche du Soleil.

«La sonde ne pourra pas être en orbite cette fois-ci, car l'activité est trop grande», a indiqué à l'AFP Sylvain Lodiot, responsable des opérations de la sonde à l'ESOC (Centre européen d'opérations spatiales) à Darmstadt (Allemagne).

«Événement enthousiasmant»

Actuellement, «on observe des changements significatifs». La comète tourne plus vite, le dégazage (rejet de gaz et de poussières) s'intensifie.

«On peut réaliser un survol dans la mesure où la sonde s'éloigne ensuite, mais elle ne doit pas rester proche de la comète», a-t-il dit.

Sa trajectoire risquerait d'être déviée en raison de l'activité de la comète et elle pourrait perdre de vue «Tchouri».

«La sonde est en excellent état. Tous les systèmes de bord fonctionnent de la manière attendue», selon Matt Taylor, scientifique de la mission Rosetta.

Après cet «événement enthousiasmant», selon l'ESA, Rosetta va continuer d'effectuer une série de survols de la comète, à une distance qui sera déterminée par l'activité de la comète à cette période.

Celle-ci devrait encore augmenter au cours des prochains mois alors que la comète se rapproche de sa périhélie le 13 août. Il s'agit du point sur l'orbite de la comète le plus proche du Soleil. Il est à 186 millions de kilomètres pour «Tchouri».

Quant au petit robot Philae, il est actuellement assoupi sur la comète. Après son atterrissage mi-novembre et deux rebonds, il s'est retrouvé posé de biais, entre des reliefs qui lui font de l'ombre. Pour le moment, il ne reçoit pas assez de lumière pour que ses batteries solaires parviennent à le réchauffer et à le remettre en route.

Mais les scientifiques espèrent que l'accroissement de l'énergie solaire au cours des prochains mois permettra de sortir Philae de son hibernation.

Son réveil pourrait avoir lieu en mars, selon le CNES, l'agence spatiale française.

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