SpaceX: cargaison livrée à la SSI, échec de la tentative d'atterrissage

SpaceX travaille depuis deux ans au développement de... (Photo Red Huber, AP)

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SpaceX travaille depuis deux ans au développement de technologies permettant de récupérer le premier étage de son lanceur, afin de réduire les coûts de lancement.

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Marcia Dunn
Associated Press
CAP CANAVERAL

SpaceX a réussi à livrer une nouvelle cargaison de matériel sur la Station spatiale internationale samedi, mais a échoué une tentative d'atterrissage révolutionnaire de la fusée sur une plateforme océanique.

Le fondateur de l'entreprise, le milliardaire Elon Musk, a affirmé que la fusée sans pilote Falcon s'est bien rendue à la plateforme flottante située à quelques centaines de kilomètres au large de la côte nordique de la Floride. Mais l'atterrissage a manqué de douceur et la fusée s'est brisée.

Bien qu'il soit déçu, il indique que cela augure bien pour l'avenir.

C'était la première opération du genre à être tentée. M. Musk affirme qu'il faut absolument trouver le moyen de réutiliser les fusées pour abaisser les coûts faramineux des opérations spatiales.

La mission première de SpaceX était de livrer plus de 2300 kilos d'équipement et de nourriture commandés par la NASA. Des cadeaux de Noël en retard pour les astronautes se trouvaient également dans la cargaison.

Sans que cela n'interfère avec la livraison, qui a coûté 133 millions de dollars US, M. Musk avait fait installer des nageoires et des pattes sur la fusée. Il avait positionné une plateforme au large de Jacksonville. Des membres du personnel de SpaceX à bord d'un bateau ont observé le retour de Falcon à une distance de 16 kilomètres.

La plateforme mesure 90 mètres de longueur par 30 mètres de largeur, et a des ailes rétractables lui permettant d'atteindre une largeur de 50 mètres. M. Musk a affirmé que la plateforme était toujours en bon état, mais que quelques pièces sur le pont devront être remplacées.

SpaceX estimait à 50 % les chances de succès de sa tentative.

Quatre mots pour comprendre

Une cible au milieu de l'océan

La société californienne SpaceX doit essayer de récupérer une fusée qui emportera une capsule de ravitaillement Dragon vers la station spatiale. Pour cet essai historique, SpaceX a ancré au large de la Floride un navire-cible. Le navire n'a pas de capitaine : si par miracle la tentative réussit, le choc pourrait lui être fatal. Quatre mots pour comprendre.

Ailerons

La clé du succès de la mission est un type d'aileron à grillage «hypersonique», qui stabilisera le premier étage de la fusée Falcon9, après sa séparation du deuxième étage et de la capsule Dragon. Ensuite, les moteurs du premier étage le ralentiront assez pour qu'il se pose sur le drone plateforme, qui fait 90 mètres sur 50. L'an dernier, SpaceX a réussi à deux reprises la manoeuvre avant que le premier étage ne se pose doucement dans l'océan. Mais lors de ces deux essais, le premier étage de la fusée n'a eu qu'une précision de 10 kilomètres par rapport à la région de l'océan qui était visée. La précision devra maintenant être de 10 mètres, soit 1000 fois plus. SpaceX estime que ses chances de succès sont de 50 %. Bref, c'est pile ou face.

Coûts

Le grand patron de SpaceX, Elon Musk, qui est aussi derrière les sociétés Tesla (autos) et PayPal (paiements internet), entend réduire de 100 fois les coûts de lancement grâce à la réutilisation de ses fusées Falcon9. Ces coûts sont déjà moitié moins élevés que ceux de la concurrence américaine et européenne, selon SpaceNews (M. Musk prétend que ses avantages de coûts sont encore plus élevés). Seule la Chine aurait des coûts moins élevés, 11 000 $ par kilo, contre 13 000 $ par kilo pour SpaceX pour l'orbite géostationnaire. Mais les espoirs déçus sont légion dans ce domaine : au début du programme de la navette spatiale américaine, la NASA espérait diminuer par un facteur de 10 les coûts de lancement par kilogramme. Finalement, les coûts de la navette ont été encore plus élevés que ceux exigés pour les fusées traditionnelles.

Espions

Le lancement de Dragon, qui était au départ prévu mardi, a dû être reporté de quatre jours à cause d'une tuile de dernière minute : un problème à un instrument du deuxième étage de la fusée Falcon9. Mais SpaceX a reçu une excellente nouvelle le lendemain. L'Armée de l'air américaine a annoncé que SpaceX devrait être autorisée, d'ici l'été, à lancer des satellites militaires utilisés entre autres pour l'espionnage. Ce lucratif marché militaire est actuellement dominé par Boeing et Lockheed Martin, deux géants américains de l'aéronautique qui ont uni leurs forces sous le nom de United Launch Alliance (UAL). L'Armée de l'air a mis les bouchées doubles pour certifier les fusées Falcon de SpaceX parce que UAL, qui a un contrat de 11 milliards US pour 28 lancements, utilise des fusées russes dont les pièces pourraient venir à manquer si la nouvelle guerre froide avec la Russie perdure.

Arianne

Les succès de SpaceX inquiètent l'Agence spatiale européenne, qui a résolu à la fin de l'année dernière de mettre au point une nouvelle version de la fusée française Arianne. L'Arianne 6, dont le développement devrait coûter 4 milliards d'euros, utilisera les moteurs de la fusée européenne Vega, qui depuis 2012 est utilisée pour le lancement de petits satellites. Les coûts de lancement d'Arianne 6 pourraient être inférieurs de 50 % à ceux d'Arianne 5, selon SpaceNews, mais devraient être supérieurs à ceux de la Falcon9 SpaceX.

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