Rapprochement spatial entre la Chine et les États-Unis?

La sonde spatiale chinoise Chang'e-3 s'est posée sur... (PHOTO ARCHIVES AP)

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La sonde spatiale chinoise Chang'e-3 s'est posée sur la Lune en décembre, une grande fierté pour la Chine, qui rejoint ainsi les États-Unis et l'ex-URSS.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Faisant jusqu'alors cavalier seul dans l'espace où elle affiche avec force ses ambitions, la Chine paraît désormais ouverte à une coopération internationale, notamment avec les États-Unis, selon des experts et responsables européens et américains.

«Il y a un changement dans l'attitude chinoise avec un appel à la coopération dans l'espace et les Américains ne sont pas réticents, tout au contraire», a expliqué à l'AFP Jean-Yves Le Gall, le patron du CNES, l'agence spatiale française, à l'issue du Forum ministériel international d'exploration de l'espace (ISEF), qui a réuni jeudi au département d'État américain une trentaine de pays dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil, l'Inde, la France et d'autres nations européennes.

«Tous les participants à la conférence (qui se poursuit vendredi au niveau des responsables des agences spatiales de ces pays, ndlr) ont affiché une très grande volonté de rapprochement (...) tous azimuts», a-t-il ajouté, notant que les Chinois y étaient venus en force, avec une importante délégation.

Selon le président du Centre national des études spatiales, «la grande question des trois prochaines années est celle de savoir comment la Chine va se rapprocher ou pas, dans le cadre de la Station spatiale internationale (ISS)», qui regroupe les principaux acteurs mondiaux de l'espace, les États-Unis, la Russie, le Japon, l'Europe et le Canada, et dont l'existence vient d'être prolongée de quatre ans, jusqu'en 2024.

John Logsdon, l'ancien directeur du Space Policy Institute à l'Université George Washington et conseiller extérieur de la NASA, l'agence spatiale américaine, partage ce sentiment.

Il note que la Chine affiche désormais sa volonté de participer au Groupe international de coordination de l'exploration spatiale, qui regroupe 14 agences spatiales dont la NASA.

Pékin a aussi ouvertement invité les autres pays à se joindre à son ambitieux projet visant à mettre sur orbite une Station spatiale chinoise en moins de dix ans.

Contexte propice

«Tous les signaux révèlent ainsi la volonté de la Chine de rejoindre le cercle des pays spatiaux plutôt que de poursuivre seule ses activités dans l'espace», explique l'expert, dans un entretien avec l'AFP.

Il estime étonnant que la Chine, un des trois pays dans le monde à savoir envoyer des hommes dans l'espace avec les États-Unis et la Russie, «ne participe pas à des projets internationaux comme la Station spatiale internationale (ISS)».

Pour John Logsdon, il est de ce fait «très possible» que la Chine soit invitée au cours des toutes prochaines années à se joindre à des activités à bord de l'avant-poste orbital.

Mais une telle initiative pourrait venir dans le cadre d'invitations à plusieurs pays, comme à la Turquie et à l'Arabie Saoudite, pas seulement à la Chine, a-t-il estimé.

L'expert rappelle que la NASA n'est toujours pas autorisée par le Congrès américain à coopérer avec la Chine, considérée par nombre d'élus comme un risque pour la sécurité nationale des États-Unis.

Toutefois, dans le cadre du partenariat de l'ISS - États-Unis, Russie, Japon, l'Europe et le Canada -, la NASA pourrait ne pas s'opposer à une invitation par exemple de l'Agence spatiale européenne à la Chine pour participer à des activités dans le laboratoire orbital, selon John Logsdon.

«Nous avons constaté parmi les différentes agences spatiales mondiales une forte volonté de coopération dans l'exploration spatiale». Mais «il reste à voir si cette volonté va se concrétiser», a tempéré John Logsdon.

Également prudent, le patron de l'agence spatiale française a estimé cependant qu'il y avait un contexte propice à une coopération accrue.

«Paradoxalement les puissances spatiales qui ont pignon sur rue (États-Unis et Europe, ndlr) n'ont plus d'argent, alors que celles qui ont l'ambition de le devenir et d'être reconnues, comme la Chine, ont de l'argent», a-t-il relevé.

Pour lui «cela constitue un bon terrain d'entente pour se mettre ensemble».




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