Traquer les extraterrestres

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Cette illustration fournie par la NASA montre le téléscope spatial Kepler. Ce nouvel instrument doit permettre d'identifier des planètes où les conditions athmosphériques s'approchent de celles de le Terre, permettant ainsi l'éclosion de la vie.

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Le 6 mars au soir, le télescope spatial Kepler décollera de Cap Canaveral, en Floride. Dans les trois prochaines années, il devrait détecter une centaine de planètes similaires à la Terre, où la vie pourrait avoir éclos.

«C'est un pas crucial dans la recherche des exoplanètes», explique Robert Lamontagne, astronome à l'Université de Montréal. «Jusqu'à maintenant, nous n'étions pas capables de détecter des planètes dont la masse était inférieure à deux ou trois fois celle de la Terre. Kepler pourra voir les planètes de même masse que la Terre, et même moins.»

Les exoplanètes sont détectées par deux méthodes. On peut déduire leur existence à partir de la variation de la vitesse de rotation de son étoile, due à l'attraction gravitationnelle de la planète. Plus rarement, on peut «voir» la planète quand elle passe devant l'étoile et en diminue l'intensité. Mais cette dernière méthode, plus précise que l'autre parce qu'elle équivaut à une observation plus directe de la planète, nécessite des télescopes très puissants, et ne peut être utilisée si l'axe de la planète ne la fait pas passer devant son étoile. Plus de 340 exoplanètes sont indiquées dans un catalogue de l'Observatoire de Paris.

Une soixantaine d'exoplanètes ont été détectées en «transit», devant leur étoile. Selon M. Lamontagne, Kepler devrait détecter une centaine de planètes en transit ayant la taille de la Terre, et de 200 à 300 ayant deux ou trois fois la taille de la Terre. Kepler scrutera pendant trois ans la même région du ciel, qui abrite 100 000 étoiles. Il pourra détecter une variation d'intensité de l'étoile d'un millionième, ou 0,0001%, ce qui pourrait permettre d'analyser la composition de l'atmosphère des exoplanètes.

«Jusqu'à maintenant, nous n'avons détecté que deux ou trois exoplanètes plus ou moins de la taille de la Terre, c'est-à-dire deux ou trois fois sa masse, et qui sont situées dans une zone habitable, ni trop près ni trop loin de son étoile,» dit M. Lamontagne.

Kepler sera le télescope spatial embrassant la plus vaste zone du ciel, selon Denis Laurin, gestionnaire de l'astronomie spatiale à l'Agence spatiale canadienne. «C'est une optique très impressionnante, dit M. Laurin. Il n'a pas seulement un miroir comme Hubble, mais aussi une lentille correctrice.» Kepler a une lentille d'un mètre de diamètre, contre seulement 30 centimètres pour le télescope spatial européen Corot, lancé en 2006, qui a permis de détecter les exoplanètes les plus semblables à la Terre.

L'équipe d'une quinzaine de chercheurs qui disséqueront les données de Kepler a un lien avec le Canada. Elle compte un astronome qui a travaillé sur le télescope spatial canadien Most, lancé en 2003, qui avait une lentille de 15 centimètres. «Most est un peu similaire à Kepler, mais en beaucoup plus modeste», dit M. Laurin. Le satellite canadien a détecté trois exoplanètes, et a réalisé une première, selon M. Laurin: l'observation de l'effet de la réflexion de la planète sur l'étoile.




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