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Un sauna pour apprendre à vivre avec la chaleur ?

Est-il possible d'entraîner le corps humain à mieux réagir aux périodes de... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Est-il possible d'entraîner le corps humain à mieux réagir aux périodes de canicule, comme celle qui est prévue dans le sud du Québec cette semaine? Un chercheur de l'Institut de cardiologie de Montréal s'intéresse à la question.

Des séances de sauna peuvent-elles préparer le corps à mieux faire face aux canicules - notamment chez les personnes âgées ? C'est l'hypothèse sur laquelle travaille Daniel Gagnon, spécialiste des effets de la chaleur sur le corps humain que vient d'embaucher l'Institut de cardiologie de Montréal.

« Lors des vagues de chaleur, ce sont les personnes de 65 ans et plus qui sont les plus affectées, dit-il. On ne sait pas vraiment pourquoi. Il n'y a pas beaucoup d'études qui ont été faites sur ce phénomène. C'est un domaine de recherche grandissant. »

Chercheur postdoctoral à l'Institute for Exercise and Environmental Medicine de Dallas, au Texas, depuis deux ans et demi, M. Gagnon vient de rentrer au Québec avec l'intention d'en apprendre plus sur la façon dont les gens pourraient améliorer leurs aptitudes à faire face à des épisodes de canicule.

« On sait que les canicules seront plus nombreuses, qu'elles dureront plus longtemps et seront plus intenses. C'est mieux de faire des recherches aujourd'hui, plutôt que d'essayer de trouver quelque chose lorsque nous les vivrons. »

Les Québécois mal acclimatés

Au Texas, M. Gagnon a étudié les effets de la chaleur sur le corps humain, et plus précisément comment l'âge des gens influence leur réaction à la chaleur.

Les adultes de 35 ans et moins ont en effet beaucoup plus de facilité en moyenne que les gens de 65 ans et plus à composer avec la chaleur. Dans ses recherches au Texas, M. Gagnon a constaté que c'était vrai même chez les aînés en bonne santé.

« Ce qui est intéressant, c'est que nous avons réussi à avoir des personnes âgées en santé, des gens qui ne prenaient pas de médication. Malgré cela, on a remarqué des différences assez importantes vis-à-vis des plus jeunes sur la réaction à la chaleur », dit-il.

La première différence entre les aînés et les plus jeunes est le débit cardiaque, soit la quantité de sang poussée par le coeur chaque minute.

« Cette capacité est diminuée de 50 % chez les personnes âgées. Elles ne sont pas capables de pousser autant de sang avec leur coeur. Donc elles sont moins capables de pousser le sang vers la peau, ce qui pourrait affecter les échanges de chaleur avec l'environnement », explique M. Gagnon.

Des études suggèrent que des aînés sportifs et actifs pourraient mieux s'en tirer à ce chapitre, mais ce secteur aurait besoin de davantage de recherche, dit M. Gagnon.

Dans ses nouvelles fonctions au Centre de médecine préventive et d'activité physique de l'Institut de cardiologie de Montréal, M. Gagnon compte donc utiliser la chaleur pour essayer d'améliorer la santé cardiovasculaire des gens.

« D'habitude, les études se penchent sur les effets néfastes de la chaleur, mais certaines données suggèrent qu'une utilisation modérée - saunas, bains chauds, etc. - pourrait en fait être bénéfique pour la santé cardiovasculaire. Est-ce que, disons, 3 séances de sauna de 30 minutes par semaine auront un impact ? Ça pourrait aider le système cardiovasculaire, qui serait mieux entraîné. Ça pourrait peut-être aider les gens lorsqu'il y a une canicule. »

Les saunas sont très populaires au Japon et dans les pays scandinaves, mais étonnamment, leurs effets sur l'organisme sont encore peu étudiés. « Il y a des études dans les pays nordiques, mais ou bien elles sont de petite taille, ou bien l'effet des saunas est étudié de manière indirecte. »

Les Québécois ne sont pas assez exposés à la chaleur durant l'année pour y être acclimatés, dit le chercheur.

« Il peut faire 30 degrés et Environnement Canada lance des avertissements de canicule, alors qu'au Texas, il peut faire 40 degrés pendant des jours et ce n'est pas extraordinaire. »

Le phénomène de la climatisation omniprésente peut toutefois venir brouiller les cartes. « Au Texas, les gens se déplacent de leur voiture climatisée au centre commercial climatisé, alors est-ce qu'ils sont vraiment mieux adaptés ? Il faut prendre ça avec un grain de sel. »

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