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Un Canadien remporte le prix Nobel de physique

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Arthur McDonald

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La Presse Canadienne
Stockholm

Arthur McDonald, un professeur émérite de l'Université Queen's à Kingston et le directeur de l'Observatoire de neutrinos de Sudbury en Ontario, est le corécipiendaire du prix Nobel de physique 2015 pour ses travaux sur de minuscules particules appelées «neutrinos».

M. McDonald et le scientifique japonais Takaaki Kajita ont été récompensés pour avoir découvert les oscillations des neutrinos et contribué aux expériences ayant permis de prouver que ces particules peuvent changer d'identité.

«Cette découverte a changé notre compréhension des rouages intimes de la matière et pourrait s'avérer essentielle à notre vision de l'univers», a déclaré l'Académie royale des sciences de Suède en dévoilant le nom des lauréats, mardi.

M. McDonald, qui a discuté avec les journalistes par téléphone depuis son domicile de Kingston immédiatement après l'annonce, a affirmé que le fait d'avoir remporté cet honneur était plutôt «intimidant».

«Heureusement, j'ai plusieurs collègues avec qui le partager», a-t-il indiqué.

Le chercheur a confié que son équipe et lui avaient travaillé d'arrache-pied et avaient bénéficié de la «collaboration très amicale existant entre les scientifiques du Canada, des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Portugal».

Il a ajouté que les membres du groupe l'aideraient à «apprécier ce moment» dès qu'il aurait la chance de leur parler.

M. McDonald a raconté que ses collaborateurs et lui-même avaient eu une véritable révélation lorsqu'ils avaient constaté que les neutrinos étaient capables de passer d'un type à l'autre en voyageant depuis le Soleil jusqu'à la Terre.

«Les neutrinos font partie des particules élémentaires que nous ne sommes pas en mesure de subdiviser davantage. Par conséquent, leur position dans les modèles en physique au niveau le plus fondamental est très importante, a-t-il expliqué. Lorsqu'on ne sait pas s'ils ont une masse ou non, c'est difficile de déterminer comment les intégrer aux théories permettant de mieux comprendre le monde de la physique. Découvrir cette propriété nous a énormément aidé sur ce plan.»

Âgé de 72 ans, M. McDonald est né à Sydney, en Nouvelle-Écosse, et a étudié à l'Université Dalhousie, à Halifax, dans les années 1960 puis à l'Institut de technologie de la Californie. Il a été fait officier de l'Ordre du Canada en 2006.

M. McDonald et Takaaki Kajita, qui dirige l'Institut de recherche sur les rayons cosmiques et enseigne à l'Université de Tokyo, toucheront chacun la moitié du prix en argent qui accompagne la récompense, soit l'équivalent de 1,3 million $ CAN.

Takaaki Kajita a reçu un appel de félicitations... (PHOTO AFP) - image 2.0

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Takaaki Kajita a reçu un appel de félicitations du premier ministre japonais Shinzo Abe. 

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Lors d'une conférence de presse organisée par son université mardi, M. Kajita semblait déconcerté. «J'ai l'esprit complètement vide, a-t-il avoué. Je ne sais pas quoi dire.»

Après avoir retrouvé son sang-froid, il a insisté sur le fait que plusieurs personnes avaient participé à ses recherches et qu'il restait encore beaucoup de travail à faire.

«L'univers dans lequel nous vivons est plein d'éléments inconnus, a dit le lauréat. Une découverte majeure, ça ne se produit pas en un jour ou deux. Cela nécessite beaucoup de gens et de temps. J'aimerais voir la relève se joindre à notre quête pour résoudre les mystères de l'univers.»

Pendant des décennies, le neutrino est demeuré au stade de l'hypothèse jusqu'à ce que des chercheurs américains réussissent à prouver son existence en 1956. Il existe trois types ou «saveurs» de neutrinos et les gagnants ont démontré que la particule oscillait d'une «saveur» à une autre, réfutant donc le principe selon lequel elle n'avait pas de masse.

Lundi, le prix Nobel de médecine avait été décerné à des scientifiques du Japon, des États-Unis et de la Chine ayant découvert des médicaments servant à lutter contre la malaria et d'autres maladies tropicales.

La remise des prix Nobel se poursuit cette semaine avec l'annonce des récipiendaires en chimie mercredi, en littérature jeudi, de la paix vendredi et en économie lundi prochain.

Chaque lauréat recevra un diplôme et une médaille d'or à l'occasion d'une cérémonie qui se déroulera le 10 décembre.

Ce spectromètre géant a permis de mener les... (ARCHIVES AP) - image 3.0

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Ce spectromètre géant a permis de mener les recherches sur les neutrinos.

ARCHIVES AP

Les lauréats des dix dernières années

  • 2015: Takaaki Kajita (Japon) et Arthur McDonald (Canada) pour avoir établi que les neutrinos, particules élémentaires, avaient une masse.
  • 2014: Isamu Akasaki et Hiroshi Amano (Japon) et Shuji Nakamura (USA), inventeurs de la diode électroluminescente (LED).
  • 2013: François Englert (Belgique) et Peter Higgs (Grande-Bretagne) pour leurs travaux sur le boson de Higgs, une particule élémentaire.
  • 2012: Serge Haroche (France) et David Wineland (États-Unis) pour leurs recherches en optique quantique qui permettent la création d'ordinateurs surpuissants et d'horloges d'une précision extrême.
  • 2011: Saul Perlmutter et Adam Riess (États-Unis), Brian Schmidt (Australie/États-Unis) pour avoir découvert que l'expansion de l'univers était en accélération et qu'il se terminera dans la glace.
  • 2010: Andre Geim (Pays-Bas) et Konstantin Novoselov (Russie/Grande-Bretagne) pour leur découverte du graphène, une forme révolutionnaire du graphite, qui doit bouleverser l'électronique, notamment la construction d'ordinateurs et de transistors.
  • 2009: Charles Kao (États-Unis/Grande-Bretagne), Willard Boyle (États-Unis/Canada), George Smith (États-Unis) pour des travaux sur la fibre optique et les semi-conducteurs, responsables d'avancées technologiques majeures dans la téléphonie, les transferts de données et la photographie.
  • 2008: Yoichiro Nambu (États-Unis), Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa (Japon) pour leurs recherches sur la formation de l'univers.
  • 2007: Albert Fert (France) et Peter Grünberg (Allemagne), à l'origine d'une technologie permettant la miniaturisation des disques durs.
  • 2006: John Mather et George Smoot (États-Unis), responsables d'une mission spatiale de la Nasa qui a permis de renforcer la théorie du Big Bang pour expliquer l'origine de l'Univers.

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