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Procréation: les gènes de trois parents pour un enfant

Une nouvelle technique visant à éviter la transmission de maladies  génétiques... (Photo: Archives de La Presse)

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Photo: Archives de La Presse

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Une nouvelle technique visant à éviter la transmission de maladies génétiques pourrait mener à la naissance d'enfants ayant trois parents. Cet automne, un nouveau jalon a été franchi dans ce domaine.

Les ovules de deux femmes ont été fusionnés, puis fécondés par un spermatozoïde, pour la première fois plus tôt cette année dans un laboratoire de la côte Ouest américaine. Cette technique servirait à prévenir la transmission de maladies «mitochondriales». Liées à l'ovule maternel, elles touchent entre 25 et 100 bébés par année au Québec, sont incurables et peuvent être très graves.

«Notre succès avec des cellules humaines nous permet d'envisager des essais cliniques dès 2013», explique Shoukhrat Mitalipov, l'auteur principal de l'étude parue dans la revue Nature cet automne, en entrevue depuis l'Université Health & Science de l'Oregon. «Nos patients attendent seulement le feu vert de la Food and Drug Administration. J'ai bon espoir que l'évaluation de la FDA sera rapide. Mais bien sûr, ça pourrait prendre cinq ans.»

Les mitochondries sont des portions des cellules humaines responsables de la production d'énergie. Elles sont situées hors du noyau cellulaire et sont transmises à l'embryon seulement par l'ovule maternel. La technique du biologiste américain consiste à enlever le noyau de l'ovule de la mère ayant une maladie mitochondriale, et de l'insérer dans l'ovule énucléé d'une donneuse. Cet ovule énucléé a des mitochondries saines.

«Tout ce qu'on peut faire pour le moment, c'est traiter les symptômes des maladies mitochondriales, dit M. Mitalipov. Parfois tout va bien, mais dans certains cas, le traitement des symptômes est difficile ou a beaucoup d'effets secondaires. Les muscles et le cerveau sont affectés.»

Deux mamans génétiques: illégal au Canada?

Une telle technologie serait probablement illégale au Canada, parce qu'elle produirait des «chimères», selon Julie Cousineau, chercheuse au Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal. «Mais si le gouvernement fédéral décidait de faire une exception, la donneuse ne serait pas considérée comme la mère au Québec. L'enfant aurait seulement deux parents. Par contre, dans d'autres provinces, la question se poserait s'il y a deux mères.»

Un enfant né grâce à cette technologie pourrait-il demander à connaître sa mère «mitochondriale» ? «Pas au Québec, parce qu'il n'y a pas de droit aux origines, sauf pour ce qui est des informations médicales, dit Mme Cousineau. Ailleurs au Canada, c'est incertain.»

En entrevue à l'hebdomadaire britannique The New Scientist, une chercheuse de l'Université Newcastle qui a utilisé une technique similaire sur des singes a critiqué le faible taux de succès des chercheurs de l'Oregon: seulement la moitié des 65 ovules fécondés a abouti à un embryon viable, au stade de blastocyte (100 cellules). L'équipe de Newcastle a eu des naissances de quatre singes, qui se portent toujours bien. «Il y a toujours des problèmes avec la fécondation en éprouvette, rétorque M. Mitalipov. On implante plus d'embryons que nécessaire, ça règle la question.»

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