Une étude vante l'agriculture mixte

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Marie Allard
La Presse

Comment nourrir une population mondiale grandissante tout en réduisant les impacts de l'agriculture sur l'environnement? Des chercheurs des universités McGill et du Minnesota ont comparé les rendements des cultures biologiques et conventionnelles, et ont déterminé que la solution réside dans un mélange des meilleures pratiques.

Les cultures biologiques ont un rendement moyen inférieur de 25% aux cultures conventionnelles, selon la nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature. «Mais il a été agréable de découvrir que l'agriculture biologique peut avoir de très bonnes performances sous certaines conditions, par exemple dans la culture de légumineuses ou de vivaces, a dit à La Presse Verena Seufert, doctorante en géographie à McGill et coauteure de la recherche. Je pense que c'est le résultat le plus important de notre étude.»

Après avoir fait l'analyse de la littérature scientifique (66 études) sur le rendement des cultures biologiques et conventionnelles, les chercheurs ont trouvé que les écarts varient beaucoup selon les conditions et le type de culture.

Les récoltes de fruits biologiques ne sont inférieures que de 3%, celles d'oléagineux biologiques de 11%, tandis que les céréales biologiques rapportent 26% moins. «Si les agriculteurs biologiques appliquent les meilleures pratiques de gestion, leurs récoltes peuvent presque atteindre celles des agriculteurs conventionnels», a souligné Mme Seufert.

Ajouter de l'azote chimique aux cultures bios

Plus de recherche est nécessaire pour améliorer le rendement du bio. «L'agriculture conventionnelle bénéficie de décennies de recherche», a rappelé la chercheuse.

Selon l'étude, un apport plus important d'azote - même chimique, une hérésie pour les tenants du bio - pourrait donner un bon coup de pouce aux cultures biologiques. De la même façon, les agriculteurs conventionnels gagneraient à s'inspirer des bonnes idées de leurs confrères bios, par exemple en diversifiant davantage leurs cultures.

Il faut donc aller au-delà des débats idéologiques qui opposent les partisans du bio et ceux de l'agriculture conventionnelle. «En combinant les meilleures pratiques de ces deux types d'exploitation de façon à maximiser la production alimentaire, à protéger le bien commun et à réduire l'empreinte écologique, nous pourrons mettre en place un système alimentaire véritablement durable, a indiqué Jonathan Foley, professeur à l'Institut de l'environnement de l'Université du Minnesota et coauteur de l'étude. Il ne faut pas que ce soit un débat tout noir, tout blanc», a souhaité Mme Seufert.

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Rendement des cultures biologiques comparé aux cultures conventionnelles

> En moyenne : -25%

> Dans les pays développés : -20%

> Dans les fermes ayant recours aux meilleures pratiques de gestion : -13%

> Dans les meilleures cultures, incluant les légumineuses, le soya et les fruits, en sols favorables : -5%.

Sources : Université McGill et Institut de l'environnement de l'Université du Minnesota.

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