L'avenir du journal Le Soleil

Le quotidien de Québec, Le Soleil.... (PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE)

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Le quotidien de Québec, Le Soleil.

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<strong><strong><strong>Claude Gagnon<br><i>L'auteur est pr??sident et ??diteur du quotidien ??Le Soleil??, de Qu??bec, et vice-pr??sident ex??cutif des journaux r??gionaux de Gesca.</i></strong></strong></strong>
Le Soleil

Au cours de la dernière ronde de négociations qui a mené à une entente de principe, certaines déclarations publiques ne reflétaient pas les discussions tenues entre Le Soleil et ses syndicats. Par respect pour les employés, il avait été convenu avec le comité de négociations qu'aucun commentaire ne serait émis avant que l'entente ne soit présentée aux employés. Aujourd'hui, nous tenons à apporter certaines précisions.

Un quotidien de qualité

Au sortir de cette négociation, nous demeurons convaincus que Le Soleil possède toutes les ressources nécessaires pour produire un journal de qualité.

Les journaux au Canada sont segmentés selon leur tirage. Le Soleil possède le plus petit tirage de la catégorie qui oscille entre 500 000 et 800 000 copies hebdomadaires. Pourtant, il dispose du plus grand nombre d'employés dans sa salle de rédaction avec des ressources qui totalisent 101 permanents. En comparaison, le London Free Press, un journal reconnu pour sa qualité, n'est doté que de 48 ressources dans sa salle de rédaction.

L'avenir des journaux

L'industrie des quotidiens est en profonde mutation et le modèle des journaux, tel qu'on le connaît aujourd'hui, doit être revu. Le virage numérique est inévitable et exige des investissements importants. Pour y arriver, un quotidien comme Le Soleil devra revoir son modèle d'organisation du travail.

La convention collective du Soleil

Au Soleil, un des enjeux principaux de la négociation était l'horaire de travail des employés. Notre demande, dans le contexte où le virage au numérique représente un défi colossal, était d'obtenir un horaire de 35 heures sur une période de cinq jours plutôt que 32 heures sur quatre jours comme c'est le cas présentement. Fait à noter, la presque totalité des journaux oeuvrent sur un horaire de 37,5 heures sur cinq jours.

Tous les journaux en Amérique du Nord ont revu leurs structures de coûts et Le Soleil ne peut échapper à cette réalité. À titre d'exemple, les modifications apportées aux conventions de La Presse en 2009 ont permis de réduire la masse salariale de 20%. Au Soleil, le total des efforts demandés correspond à 2,1% de la masse salariale.

Par ailleurs, les conditions salariales du Soleil se comparent avantageusement à celles en vigueur dans sa catégorie. Par exemple, un journaliste du Soleil, à l'échelon maximum, gagne 13 407$ de plus que son confrère du Chronicle Herald et 6760$ de plus qu'un journaliste du Hamilton Spectator qui est appelé à travailler 37,5 heures par semaine.

Ainsi, malgré les concessions demandées, les employés du Soleil continueront à bénéficier des meilleures conditions de travail dans leur catégorie.

À ce jour, Gesca est le seul groupe de presse en Amérique du Nord à avoir entrepris une réforme de la structure de coûts de ses journaux en procédant essentiellement par des programmes de départs volontaires. Cette approche s'aligne avec nos valeurs d'entreprise qui ont toujours visé à démontrer une grande marque de respect à l'endroit de nos employés.

L'entente de principe

Les discussions tenues lors de la dernière ronde de négociations qui ont mené à l'entente de principe ont essentiellement porté sur l'avenir des journaux et sur la situation du Soleil. Deux demandes ont été formulées par l'employeur.

La première visait à demander au syndicat la permission de présenter aux employés l'état de la situation au Soleil et les éléments de la réflexion qui nous conduisent à piloter un vaste projet de virage numérique. Cette demande de rencontre avec les employés a été rejetée.

La deuxième demande consistait à demander aux employés s'ils souhaitaient demeurer au sein de Gesca et entreprendre le virage numérique ou envisager d'autres alternatives comme un changement de propriétaire. Nous croyons dans l'avenir des journaux, mais pas à n'importe quelles conditions. Entreprendre un virage numérique est complexe pour une entreprise de communication et requiert des conditions spécifiques, notamment l'adhésion et la contribution des employés à l'effort de transformation.

Au cours des derniers jours, les membres des syndicats du Soleil ont entériné les ententes de principe conclues avec les représentants syndicaux et la direction du Soleil par vote majoritaire. Nous sommes satisfaits de ce dénouement, car nous croyons que les journaux qui réussiront seront ceux qui auront démontré leur capacité à s'adapter.

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