L'iPad: un ami des arbres

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Le papier électronique a sept fois moins d'impact sur les changements climatiques qu'un journal.

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Jean-Sébastien Trudel

L'auteur est un expert-conseil en développement durable chez Ellipsos et coauteur du livre La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique, aux Éditions PUM.

Cyberpresse

L'iPad est-il une nuisance environnementale ou un ami des forêts? Les deux... avec un avantage pour les arbres. En fait, l'iPad et les autres tablettes électroniques sont plutôt une bonne nouvelle pour l'environnement, contrairement à ce que plusieurs groupes écologistes affirment.

Le dernier à l'avoir fait est le groupe Les Amis de la Terre, en France. Il dénonce le fait que l'iPad utilise des métaux dont l'extraction contribue à la déforestation.

Ce n'est pas faux. Il faut toutefois comparer des pommes avec des pommes. Combien d'arbres sont coupés pour extraire le minerai nécessaire pour lire une page par rapport au nombre d'arbres pour fabriquer la page en papier? Les Amis de la Terre ne le disent pas.

Dans le cadre d'un mémoire de maîtrise réalisé en 2007 à l'Université de Sherbrooke, en partenariat avec le Centre interuniversitaire de recherche sur l'analyse du cycle de vie (CIRAIG) de l'École Polytechnique, nous avons comparé les impacts environnementaux d'un journal par rapport à un papier électronique sur l'ensemble du cycle de vie. L'analyse révèle que le papier électronique a sept fois moins d'impact sur les changements climatiques qu'un journal. Elle montre également qu'il y a des gains significatifs dans toutes les catégories d'impacts: santé humaine, qualité des écosystèmes et utilisation des ressources.

On comprend vite que le journal en papier est désavantagé quand on considère que la plupart des gens ne lisent que quelques articles par jour, mais qu'il faut imprimer toutes les pages du journal pour les lire.

En comparaison, combien de livres faudrait-il lire pour que le bilan environnemental de l'iPad devienne plus avantageux? Entre 40 et 100, selon la catégorie d'impact environnemental. C'est du moins la conclusion d'une analyse du cycle de vie de l'iPad publiée dans le New York Times récemment. Cela équivaut donc à lire un livre par semaine pendant deux ans. C'est beaucoup.

Toutefois, ces deux études excluent une caractéristique importante de l'iPad. Il est multifonctionnel. Ainsi, toujours pour évaluer des pommes avec des pommes, il faut comparer un iPad avec non seulement des livres et des journaux, mais aussi avec des magazines, un GPS, un lecteur MP3, une caméra (photo et vidéo), un agenda, un scanneur, un magnétophone, un cadre photo numérique, un carnet d'adresses, une console de jeux portable, une calculatrice, une imprimante... et j'en passe. Ce faisant, le bilan de l'iPad est clairement positif - très positif même!

Mais qu'en est-il de tous ces objets que nous possédons déjà?

Malheureusement, ils deviennent obsolètes plus rapidement. Et c'est là où les écologistes, qui dénoncent le iPad comme une tare environnementale, ont raison. C'est d'ailleurs le principal problème de l'ensemble de l'industrie des technologies de l'information (TI): les produits sont conçus pour être remplacés de plus en plus vite.

Dans un contexte où les ressources sont limitées et où l'extraction de minerai a des impacts sociaux et environnementaux, cette approche est répréhensible, voire immorale envers les générations futures. Cela doit changer.

Il y a de l'espoir. Il est possible de concevoir les TI pour qu'elles soient facilement désassemblées et que les composantes soient récupérées, réutilisées et recyclées en boucle fermée. Cela prendra toutefois plusieurs années avant de se concrétiser.

Les groupes écologistes ont tout intérêt à exercer de la pression pour accélérer l'adoption de meilleures pratiques. En revanche, ils se trompent de cible en dénonçant les tablettes électroniques, comme l'iPad. La science montre que la dématérialisation est essentielle dans une perspective de développement durable. Ne pas le reconnaître pourrait contribuer à retarder l'amélioration de notre empreinte écologique comme société.

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