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Un Noël de Dickens à Montréal: dans les faubourgs ouvriers anglais

Le couple royal influença grandement les traditions britanniques... (Photo archives du Canada)

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Le couple royal influença grandement les traditions britanniques de Noël. Le prince Albert, d'origine allemande, intégra le sapin de Noël «à l'allemande», présenté sur une table, au château de Windsor au début des années 1840. Cette image de Victoria et Albert entourés de leurs enfants devant un sapin décoré et illuminé a circulé dans plusieurs livres et magazines en Europe et en Amérique à partir de 1848.

Photo archives du Canada

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Michel Marois, CHANTAL DEMERS, COLLABORATION SPÉCIALE
La Presse

La façon de célébrer Noël au Québec est le résultat de multiples apports et celui des Britanniques a été important au XIXe siècle. Le célèbre Cantique de Noël (Christmas Carol en version originale) de Charles Dickens contient de véritables «tableaux» qui permettent de jeter un regard sur les traditions britanniques de Noël à l'ère victorienne, tout en dénonçant les injustices sociales de l'époque.

Les historiens Sylvie Blais et Pierre Lahoud soulignent l'importance de l'auteur qui a introduit «une série de valeurs qui seront dorénavant partie intégrante de la fête de Noël: l'importance de la famille et, au coeur de celle-ci, des enfants; l'esprit de charité et de générosité». Le Cantique de Noël dénonce aussi les injustices de l'époque.

Les nombreuses vagues d'immigrants anglais, écossais et irlandais ont transporté avec elles cet «esprit de Noël» qui s'est ajouté aux traditions variées, souvent chrétiennes, qui étaient célébrées au Québec.

Selon l'ethnohistorien Yvan Fortier, on joignait déjà des branches de sapin, arbre préféré des Premières Nations, à la crèche, mais le sapin «à l'allemande», présenté sur une table, est apparu au milieu du XIXe siècle, bien qu'il n'était encore qu'un «phénomène restreint et bourgeois».

Plus communes, les cartes de Noël ont d'abord été principalement importées d'Angleterre et permettaient aux immigrés d'échanger leurs voeux et d'envoyer des nouvelles à leurs proches encore là-bas.

Une regrattière au Marché Sainte-Anne

À Montréal, à la même époque, de nombreux ouvriers protestants d'origine anglaise vivaient dans le faubourg Saint-Antoine (nord-est du Vieux-Montréal) comme de véritables personnages de Dickens!

C'était le cas d'Ann Farrell, une veuve immigrée du Yorkshire en Angleterre, qui vécut plusieurs années dans Widow's Lane, appellation que les résidants du quartier avaient donnée à l'actuelle rue Saint-Édouard parce que trois veuves y habitaient.

Arrivée à Montréal vers 1840 avec sa fille, son beau-fils et ses trois petits-enfants, Ann devint rapidement la seule pourvoyeuse de la famille après la mort de son beau-fils et de sa fille.

Afin de subvenir aux besoins des siens, elle exerçait le métier de regrattière («huckster») au marché Sainte-Anne, c'est-à-dire qu'elle achetait des denrées au marché et les revendait en petites quantités. Une tâche ingrate, car les regrattiers étaient sévèrement contrôlés dans les marchés publics de Montréal.

Tolérée, parce que veuve, beau temps, mauvais temps, Ann se tenait à l'entrée du marché, sollicitait les passants et vendait ses denrées, souvent à ceux qui n'avaient pas suffisamment d'argent pour acheter la quantité offerte par les cultivateurs.

À l'approche de Noël, les étals du marché débordaient de volaille et de gibiers à plumes tels la tourte, l'oie, le canard, la poule, le canard sauvage, le pluvier, la bécassine, le coq de bruyère, le pigeon et la perdrix...

Les familles de la bourgeoisie anglophone dégustaient aussi le Christmas Cake (gâteau aux fruits) ou les Plum Puddings, mais leurs ingrédients plus coûteux - les noix, les épices et les fruits confits - les plaçaient hors de portée pour la majorité de la population.

Au mieux, la générosité des passants lui permettrait d'ajouter une gâterie peu chère sur la table pour ses petits-enfants, un gâteau peut-être, ou encore des biscuits.

Comme dans les contes de Dickens, l'histoire d'Ann Farrell a une fin heureuse. L'une de ses petites-filles, Elizabeth, épouse en 1867 Thomas Porteous, le descendant d'origine écossaise de l'un des fondateurs de la Banque de Montréal, et elle connaît alors des Noëls plus fastes!

Recette du Winter Sponge Cake

Les Britanniques appréciaient particulièrement le sucre au XIXe siècle. Arrivée jusqu'à nous par l'intermédiaire d'un calepin ayant appartenu à sa petite-fille Emily, la recette du Winter Sponge Cake d'Ann Farrell était préparée dans plusieurs familles peu fortunées de Montréal pendant les Fêtes.

Ingrédients

- 4 oeufs

- 2 tasses de sucre

- 2 tasses à café de farine

- 2 cuillerées à thé de crème de tartre

- 2/3 de tasse d'eau bouillante

- Un peu de citron (zeste et jus) pour le goût

Note: Il est préférable d'ajouter deux cuillerées à thé de soda à pâte. 

Préparations

1. Mélanger tous les ingrédients ensemble en ajoutez l'eau seulement à la fin.

2. Versez dans un moule et placez dans un four bien chaud (375 °F, environ 50 minutes).

Cette préparation, bien que très mince au départ, sortira du four comme un délicieux gâteau.»




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