Jouer québécois

«Quand j'achète quelque chose fabriqué au Québec, ça... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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«Quand j'achète quelque chose fabriqué au Québec, ça donne une personnalité, une âme; tu as plus d'attachement envers ce jouet-là qu'envers un jouet fait en série qui existe en quantité industrielle», estime Julie Clermont, fondatrice de la boutique en ligne Julie Jouets, qui vend les jeux et jouets de trois entreprises et huit artisans québécois.

Photo David Boily, Archives La Presse

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Vous cherchez un jouet unique, que votre neveu a peu de chance de recevoir en double à Noël? Un produit différent, original et de qualité? Si vous êtes prêt à y mettre le prix, jetez un coup d'oeil du côté des jouets fabriqués au Québec. Un petit monde... en pleine expansion.

Une petite industrie en pleine croissance

Si quelqu'un connaît les goûts des Québécois en matière de jouets, c'est bien Danielle Charbonneau. Non seulement travaille-t-elle dans le domaine du jouet depuis près de 30 ans, mais c'est elle qui, depuis 1997, coordonne les tests des jeux et jouets pour le magazine Protégez-Vous.

Danielle Charbonneau a constaté un intérêt plus marqué pour les jouets locaux à partir de 2008, à la suite du scandale des jouets fabriqués en Chine contaminés au plomb. Les parents des «familles testeuses» ont commencé à lui suggérer de s'intéresser plus en profondeur aux jouets fabriqués au Québec.

«Il y a peut-être six, sept ans, j'avais essayé de faire un petit dossier sur les produits qu'on retrouvait seulement sur l'internet, raconte Danielle Charbonneau. Finalement, je n'avais pas réussi à trouver assez de produits.»

Mais cette année, Danielle Charbonneau a repris l'idée de consacrer un dossier uniquement aux jeux fabriqués au Québec. Et elle a réussi. Les jouets fabriqués au Québec «demeurent encore discrets sur le marché», mais ils sont plus accessibles qu'avant, constate-t-elle. On retrouve ces produits en ligne (sur Etsy, notamment), en boutique, mais aussi dans des petits marchés, comme le souk @ sat et le Marché nënë.

De plus en plus d'acteurs

La petite industrie des jouets locaux au Québec compte de plus en plus d'acteurs, constate pour sa part Isabelle Aubut, designer et fondatrice de Jules mon poisson bulle, qui propose notamment des jeux de mémoire en bois. Isabelle Aubut a aussi cofondé le Marché nënë, qui rassemble chaque automne depuis 2011 les créateurs qui fabriquent localement des choses pour enfants.

«Quand j'ai commencé Jules mon poisson bulle, vers 2010-2011, je revenais d'un séjour de deux ans à Paris. En France et en Europe, le marché de la création pour enfants est vraiment développé. Mais ici, il y avait quelques entreprises que je pouvais compter sur mes doigts.»

«Dans les cinq ou six dernières années, c'est une explosion. On le voit au chapitre des candidatures qu'on reçoit au Marché nënë: chaque année, il y en a plus.»

Écologiques... et plus chers

Quel genre de jouets fabrique-t-on au Québec? Beaucoup de jouets en bois et de peluche, constate Danielle Charbonneau, qui a aussi présenté, dans son dossier de Protégez-Vous, des jeux magnétiques et des jeux de logique. Plusieurs jouets ont une dimension écologique: coton biologique, bois recyclé...

«Quand j'achète quelque chose fabriqué au Québec, ça donne une personnalité, une âme; tu as plus d'attachement envers ce jouet-là qu'envers un jouet fait en série qui existe en quantité industrielle», estime Julie Clermont, fondatrice de la boutique en ligne Julie Jouets, qui vend les jeux et jouets de trois entreprises et huit artisans québécois.

«En janvier, j'ai commandé ces anneaux-là à l'Atelier Cheval de bois, raconte-t-elle en montrant une petite pyramide d'anneaux multicolores en bois. Et ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas me les envoyer tout de suite parce que le bois était en train de sécher chez leur voisin. Peux-tu être plus en lien avec ton fournisseur et avec la nature?»

Danielle Charbonneau trouve que les créateurs de jouets québécois ont une approche différente. Elle souligne la qualité des produits, la recherche derrière ceux-ci et le souci du détail des créateurs. «Je sais que ce sont des produits qui sont plus chers - j'en suis très consciente, ajoute-t-elle. C'est sûr que quand on a trois enfants, ce n'est pas la même chose que quand on en a juste un...»

La question du prix des produits revient souvent auprès des consommateurs, constate Isabelle Aubut. Mais doucement, les habitudes de consommation changent, croit la designer, qui a foi en l'avenir des produits locaux. «Acheter peu... acheter mieux», conclut-elle.

Bottin d'adresses

Raplapla: 69, rue Villeneuve Ouest, Montréal

Cokluch mini: 410, rue Villeray, Montréal

Ouistitine: 1160, Notre-Dame, Lachine

Ciconia: 493, avenue Laurier Est, Montréal

Comme des enfants: 122, rue Bernard Ouest, Montréal

Les Coureurs de jupons: 2627, rue Masson, Montréal




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