Quand Noël rend triste

Il y a des gens qui n'aiment pas Noël. Comme Nancy Harvey, qui voit avec... (photo thinkstock)

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Il y a des gens qui n'aiment pas Noël. Comme Nancy Harvey, qui voit avec appréhension le temps des Fêtes arriver.

«Quand j'étais jeune, ma mère n'aimait pas Noël, se rappelle-t-elle avec tristesse. Tout le monde fêtait, mais nous, on restait à la maison, tout seuls.»

La période des Fêtes ramène un autre mauvais souvenir. «Mon père est décédé à Noël, relate-t-elle. Ça ramène bien des choses. C'était il y a 22 ans, mais c'est comme si c'était hier.»

Pour rendre les choses plus difficiles encore, les deux adolescents de Mme Harvey passeront Noël avec son ex-conjoint. «C'est mon premier Noël sans les enfants», dit-elle avec émotion.

Lien avec l'enfance

La fête de Noël est liée à l'enfance, rappelle Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.

«Il y a des gens qui ont adoré Noël quand ils étaient petits et qui idéalisent leurs Noëls d'enfants, indique-t-elle. Évidemment, quand ils sont adultes et qu'ils se tapent toutes les responsabilités, ils sont un peu en deuil du Noël magique.»

Il y a ceux qui ont vécu exactement le contraire.

«Pour eux, Noël est associé à des souvenirs très douloureux, soit de la grande pauvreté, des personnes malades, des familles dysfonctionnelles. Noël était un temps de réjouissances qui mettait ça en relief.»

Si une personne a vécu récemment des choses difficiles: un décès, une séparation, des tensions dans la famille, il faut qu'elle comprenne que le temps fera son oeuvre et offrira un «potentiel de réparation».

«Ce n'est pas parce que ce Noël est comme ça que ça va être pareil pour les 10 prochains Noëls», fait valoir Mme Grou.

L'idéal... et la réalité

Évidemment, il y a beaucoup de pression dans la société pour créer le Noël idéal. «Il y a quelque chose de très encodé dans ce qui est véhiculé, affirme la psychologue. À Noël, la famille est harmonieuse, tout le monde est content de se voir, on arrive reposé, la dinde est bonne, les tourtières sont faites maison, les enfants sont contents de leurs cadeaux, tout le monde a le goût de danser, personne ne se soûle.»

Malheureusement, la réalité ne correspond pas toujours à cet idéal. «On a l'impression d'être en échec.»

Bien des gens sont seuls à Noël. Certains n'ont pas de problèmes avec ça. D'autres pensent qu'ils devraient être en famille pendant cette période et en souffrent.

«Ce n'est pas parce que c'est Noël qu'on doit changer tout notre contexte de vie. Il y a des gens qui assument très bien leur solitude 364 jours par année mais qui pensent que la journée de Noël, tout devrait changer. Ceux-là ne vont pas bien.»

La commercialisation de Noël rebute beaucoup de gens. Et puis, il y a les cadeaux. Notamment ceux qui sont imposés, comme lorsqu'une école oblige les familles des élèves à acheter des cadeaux pour des enfants défavorisés.

«Je veux avoir le choix de donner des cadeaux à qui je veux, lance Nancy Harvey. Ça m'a fait plaisir de donner à la guignolée, à Mission Québec, mais ça venait de moi, on ne me l'a pas imposé.»

Pour bien des familles, la période de Noël représente un défi sur le plan financier.

«Il y a des gens qui, pendant la période de Noël, ont l'impression qu'ils perdent le contrôle et que les choses leur sont imposées, indique Mme Grou. Ils sentent qu'ils ne peuvent pas dire non.»




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