Comment faire revivre un mur de brique?

On dit que derrière la tapisserie de votre salle à manger se cache un... (Photo Thinkstock)

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Charles-Édouard Carrier

Collaboration spéciale

La Presse

On dit que derrière la tapisserie de votre salle à manger se cache un authentique mur de brique rouge. Il s'étend peut-être même jusqu'à l'extrémité du salon. Le rêve! Envie de travailler un peu pour exposer ce joyau? Attention, toute brique n'est pas belle à voir.

L'usure du temps aura laissé ses traces sur le bloc d'argile avant qu'il ne soit dissimulé sous une feuille de gypse, une couche de plâtre ou un isolant. Selon le type de construction, les murs de brique mitoyens de bien des appartements centenaires étaient avant tout des murs extérieurs. Ils ont donc été exposés aux intempéries pendant de plus ou moins longues périodes.

Puis, au-delà des marques du temps, il faut se rappeler que le mur construit par nos ancêtres était avant tout fonctionnel et non décoratif. Il ne faut pas leur en tenir rigueur, mais l'esthétisme n'était pas toujours une priorité au moment d'empiler les briques, dans les années 20.

Retrouver la brique

Les travaux de démolition pour dénuder un tel morceau d'histoire demandent beaucoup de patience. Pour y arriver, la règle est simple: «C'est un travail de bras que d'exposer un mur ancien», prévient M. Jacques Arbec, un artisan en maçonnerie qui travaille la brique depuis plus de 20 ans. Une fois le recouvrement retiré, il faut nettoyer profondément la brique. Une solide brosse de métal et l'eau sont capables du plus gros du travail. Ensuite, certains suggèrent d'utiliser de l'acide muriatique. «Il faut être extrêmement prudent avec ce produit. L'acide peut altérer les couleurs et abîmer la surface s'il est mal utilisé», prévient M. Arbec.

Le mur mis à nu, une mauvaise surprise attend parfois les proprios. «La brique est craquée et désagrégée en surface, certaines portions sont très belles alors que d'autres le sont moins, le mortier s'effrite ou les couleurs ne sont pas uniformes, décrit M. Arbec. J'ai vu des murs dans un si mauvais état qu'il en coûtait plus cher au client de le restaurer que d'en créer un nouveau.» Parfois même, d'une pièce à l'autre, la couleur peut varier, les finis aussi. Il faut prévoir un travail d'harmonisation si le mur s'étend sur une grande portion de la maison.

Un artisan mettra de longues heures à raviver le look vieillot et authentique d'un mur caché depuis des décennies. Une vingtaine d'heures, si on est optimiste, seront nécessaires pour un mur de dimension moyenne de 8 m2. «Il faut jouer avec l'usure, les couleurs et les textures, prêter une attention particulière aux joints, vieillir le mortier, etc. En fait, on doit recréer un siècle de vie en quelques heures», illustre Jacques Arbec. La brique a un charme indéniable, mais pour ça, elle doit être belle, uniforme, et le cachet de l'âge doit absolument être préservé.

On termine le travail avec l'application d'un scellant. Celui-ci protège la surface et, surtout, il évite que la poussière de la brique et du mortier se retrouve partout dans la pièce. Bien qu'il existe plusieurs types de scellant, pour l'artisan, la question ne se pose pas. «Personnellement, je n'aime pas mettre de scellant lustré. C'est au choix du client, mais je préfère garder la brique au naturel le plus possible.» Si on souhaite peindre la brique, on doit le faire avant l'application de scellant et utiliser une peinture acrylique pour l'extérieur.

Le prix de l'argile

Bien entendu, certains murs ne demanderont pas l'intervention d'un spécialiste et les coûts rattachés à un tel projet se limitent à beaucoup d'énergie, de patience et un peu de scellant. Dans le cas où une restauration est nécessaire, la facture peut être assez impressionnante. En mandatant un artisan pour réaliser la délicate opération, on prévoit entre 7 et 25$ le pied carré selon l'état initial du matériau.

Un attrait certain en revente

«Dans un marché où l'offre dépasse la demande, il est important d'avoir une propriété qui se démarque des autres. Le mur de brique est assurément un plus. Les acheteurs sont de plus en plus friands d'appartements offrant du cachet, une ambiance chaleureuse et un style ancien», avance Benoit Maunie, courtier immobilier chez Via Capitale du Mont-Royal. La poussée de condos neufs sans âme et tous très similaires permet aux unités ayant un cachet authentique de sortir du lot. «Puis, en matière de tendances, ces mélanges, ces diversités de matériaux sont nettement plus séduisants. Aujourd'hui, les acheteurs en veulent plus pour leur argent et désirent aussi se singulariser par leur lieu d'habitation.»

L'autre chose qu'il faut vérifier avant de tomber sous le charme d'un mur de brique, ce sont les joints avec le plancher et le plafond. «L'isolation thermique et phonique doit être préservée. Cet aspect est parfois négligé. Au moment des travaux de restauration, il faut s'assurer que l'on n'altère pas trop la capacité isolante du mur», explique le courtier.

Et la fausse brique? «L'homogénéité de la propriété ne doit pas être dégradée avec un faux mur de brique au look artificiel et dont la réalisation est injustifiée, insiste M. Maunie. Par contre, dans le cas d'un lieu qui offre déjà d'autres particularités telles que vitraux, moulures et boiseries, un mur exposé ou un faux mur réalisé par un artisan vient harmoniser le tout et fait ressortir le cachet de la propriété.»




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