Vices cachés: superbe céramique sur mur pourri

Ces ouvertures dans le mur du placard, à... (PHOTO RENÉ VINCENT, CIEBQ)

Agrandir

Ces ouvertures dans le mur du placard, à l'endos des robinets de la salle de bains, laissent voir un travail de réparation. L'ancien propriétaire a remplacé le gypse détérioré par des panneaux de béton.

PHOTO RENÉ VINCENT, CIEBQ

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Découvrir des cernes de moisissures, une robinetterie qui fuit, des poutres qui s'affaissent... voilà des surprises dont tous les propriétaires se passeraient volontiers. Et pourtant, ils comptent parmi les vices cachés les plus fréquents. Même si les acheteurs ont des recours après une découverte du genre, les obstacles sont nombreux sur le chemin de la réparation...

La maison était belle, mais le vendeur-autoconst ructeur, un peu du genre Numérobis, architecte improbable dans Astérix et Cléopâtre, champion des portes qui ne ferment pas, des colonnes penchées et des fenêtres de guinguois. La nouvelle propriétaire, à peine installée dans son logis, observe qu'un cerne se dessine sur le plafond du salon. Inquiète, elle engage l'ingénieur René Vincent (du Centre d'inspection et d'expertise en bâtiment du Québec), qui soupçonne un problème dans la salle de bains.

M. Vincent monte à l'étage, où une superbe douche de céramique ne présente aucun vice apparent. Mais le pot aux roses apparaît quand il ouvre le mur au dos de la robinetterie, dans le fond d'une garde-robe. «On voyait que des zones avaient été réparées, rapportet-il. L'ex-propriétaire avait enlevé des pans de gypse endommagés, pour les remplacer par des panneaux de béton, puis avait reposé la céramique comme si de rien n'était.

«En termes juridiques, ça s'appelle ''un vice caché avec dol''», indique l'ingénieur, souvent cité en cour comme témoin expert. «Cela signifie que le vendeur a passé sous silence une information importante qu'il détenait.» On en a jeté aux crocodiles pour moins que ça...

Étanchéité bâclée

En réalité, le bricolage du vendeur n'avait que masqué le problème, sans le résoudre. M.Vincent en a découvert les deux causes: la robinetterie n'était pas étanche et la membrane d'étanchéité au sol était mal posée. «C'est un problème tellement fréquent ! explique-t-il. Les gens ne savent pas poser la membrane: il faut la faire remonter de six pouces sur le mur et bien placer les coins.»

Un autre vice de salle de bains fréquent, ajoute M.Vincent, est observé dans les douches préfabriquées en plastique ou en fibre de verre. «Une fois sur trois ou sur quatre, à la jonction des sections du haut et du bas, un manque de calfeutrant laisse l'eau s'écouler dans le mur. On remarque alors un petit cerne à la hauteur de la plinthe.» Pour en revenir à Numérobis, le dossier, ouvert en 2005, s'est terminé il y a un mois à peine. Les deux protagonistes ont fini par s'entendre, de façon confidentielle, sans aller en cour. «Ç'aurait été trop long, les problèmes étaient trop nombreux, explique M. Vincent. Au fil des investigations, on a mis le doigt sur d'autres vices cachés de la maison. Cette propriété a coûté cher en expertise. Souvent, les autoconstructeurs font beaucoup d'erreurs.»

Est-ce à dire qu'on doit davantage se méfier lorsqu'on achète une résidence construite par les propriétaires? «Disons que faire une maison, c 'est comme faire du vélo, répond René Vincent. On a beau avoir beaucoup regardé faire les autres, on va faire des erreurs la première fois , la deuxième aussi, et la troisième aussi. Mais un ent repreneur, après sa 100e maison, il n'en fait plus beaucoup, des erreurs.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer