Habitation: l'heure de l'innovation a sonné

L'écoquartier Bo01 à Malmö, en Suède, est une... (Photo fournie par Avi Friedman)

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L'écoquartier Bo01 à Malmö, en Suède, est une source d'inspiration, estime Avi Friedman. Différents types d'habitations s'y côtoient, alimentées par des énergies renouvelables. Les rues ne sont pas asphaltées et les enfants ont de la place pour jouer.

Photo fournie par Avi Friedman

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À l'invitation de la Société d'habitation du Québec, plus de 250 personnes des quatre coins de la province se sont réunies le 7 octobre au Palais des congrès de Montréal pour discuter de l'habitat du futur. Le constat? Il faut innover et faire les choses différemment si on veut faire face aux défis de demain.

Le temps est venu de prendre des décisions en pensant aux générations futures, a souligné d'entrée de jeu Avi Friedman, spécialiste en urbanisme reconnu à l'échelle internationale, qui enseigne à l'École d'architecture de l'Université McGill. Pendant une année sabbatique, il a parcouru le monde à la recherche de projets innovateurs qui sauraient inspirer ceux qui sont disposés à prendre des risques.

Il est revenu avec plein de photos prises sur quatre continents, qui montrent des lieux conçus pour ceux qui les habitent, où la voiture est secondaire, les enfants jouent tout près de chez eux, les gens marchent et établissent des liens avec leurs voisins.

«L'innovation implique une planification intelligente et compacte», a précisé le conférencier, qui a récemment lancé son quatorzième livre, Planning Small and Midsized Towns.

Selon lui, l'innovation prend diverses formes, favorisant l'abordabilité, la mixité sociale, l'économie d'énergie, l'agriculture urbaine, la cohabitation des commerces et des logements, le travail à domicile, un aménagement flexible dans la maison (avec des murs amovibles), etc.

«Il faut aussi penser à faire moins avec moins, poursuit-il. Mais ce ne sera pas facile. De nature, les humains sont très conservateurs. Selon une étude, cela prend entre 8 et 15 ans pour qu'une innovation soit largement acceptée par les constructeurs et les acheteurs.»

Un projet inspirant réalisé avec des fonds publics pourrait inciter un promoteur privé à prendre des risques, croit-il. D'autres pourraient ensuite emboîter le pas.

Or, certains aspects soulevés par M. Friedman dans sa présentation se retrouvent déjà dans des coopératives d'habitation construites au cours des dernières années à Montréal, constate Édith Cyr, directrice générale du Groupe de ressources techniques Bâtir son quartier. C'est le cas, par exemple, de la coopérative Station No1, dans Hochelaga-Maisonneuve, construite en visant la certification LEED, et de l'ancien hôpital Bellechasse, également transformé de façon à être certifié LEED et comportant des jardins sur le toit.

«On a initié cette réflexion-là dans le milieu communautaire et on a le désir d'aller plus loin», précise-t-elle.

D'autres projets innovateurs sont par ailleurs en préparation, dont un à Sept-Îles, porté par les élus municipaux.

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Le quartier Bo01 à Malmö, en Suède.

Photo fournie par Avi Friedman

Le quartier idéal à Montréal? C'est le Plateau... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.1

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Le quartier idéal à Montréal? C'est le Plateau Mont-Royal, avec son mélange de commerces et d'habitations encourageant la marche, sa densité et l'accès facile au transport en commun, estime Avi Friedman.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Habiter notre planète de façon durable

Lors d'un atelier, l'architecte André Casault, professeur à l'École d'architecture de l'Université Laval, s'est quant à lui servi de sa vaste expérience en Chine, en Afrique et sur la Côte-Nord pour faire réfléchir les participants et leur demander si leur rapport à l'habitat est écologiquement, socialement, économiquement, éthiquement et poétiquement(1) soutenable.

«Les maisons étaient minuscules autrefois comparativement à ce qui se construit aujourd'hui, a-t-il fait remarquer. À cause de la faible densité d'occupation du territoire, on se retrouve avec des kilomètres et des kilomètres d'autoroutes. Les gens pensent à leur maison de rêve, mais non à leur quartier de rêve.

«Il faut se mettre dans un contexte global, a-t-il poursuivi. On ne peut pas se comporter comme si on n'était que 7 millions sur Terre, à moins de se mettre la tête dans le sable.»

Il y a une augmentation marquée des catastrophes naturelles, a-t-il rappelé. L'importation de Chine de tous ces produits utilisés abondamment ici ont aussi notamment entraîné la détérioration des conditions de vie des ouvriers à l'étranger, entassés les uns contre les autres comme des sardines.

Que faire pour mieux habiter notre territoire? Quelques pistes de solution ont été suggérées par les participants. «Ce ne sera pas facile, mais je vois qu'une réflexion a été entamée, a constaté M. Casault. Les gens sont en train de penser au changement et à se préparer à l'accepter.»

Le processus est en marche. Il y a, croit-il, un retour vers l'essentiel.

(1)La poésie de l'espace fait référence à ce que l'ont ressent pendant le trajet jusqu'à chez soi et en entrant à l'intérieur. Est-ce que tout cela nous enchante?

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