Une maison qui «travaille»?

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Selon des experts, des fissures plus petites que la pointe d'un crayon et qui se trouvent sur une cloison ne sont généralement pas inquiétantes et ne nécessitent pas d'examen plus approfondi.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, Archives LA PRESSE

Charles-Édouard Carrier

Collaboration spéciale

La Presse

L'expression «ma maison a beaucoup travaillé cet hiver» est répandue au Québec. C'est d'ailleurs souvent comme ça que les nouveaux propriétaires expliquent l'apparition d'imperfections sur les murs de leur maison neuve pendant la première année. Pourtant, c'est un constat qu'il n'est pas toujours bon de prendre à la légère.

Ce n'est pas tout à fait faux d'affirmer qu'une maison travaille, mais dire qu'elle s'adapte est beaucoup plus juste. «Dans le cas d'une maison neuve, ce que l'on appelle le travail, c'est en fait une période d'ajustement pour les matériaux», explique Jasmin Girard, directeur général de la division des garanties de l'Association provinciale des constructeurs d'habitation du Québec (APCHQ).

Les structures de bois qui composent la charpente et les murs des maisons répondent aux variations d'humidité. Du bois ou des matériaux humides au moment de la construction auront tendance à se contracter en terminant le processus de séchage. Précisons que grâce à l'utilisation plus répandue de bois séché en usine, le phénomène est moins important de nos jours.

L'environnement et le mode de vie des occupants sont donc en grande partie responsables des petits défauts qui se dévoilent dans la maison neuve.

L'apparition de têtes de clou, le fendillement des joints d'encadrement de portes et de fenêtres ainsi que des fissures sont quelques exemples d'imperfections que l'on peut observer sur les murs au cours de la première année d'occupation. Avec raison, la fissure est sans doute l'anomalie qui soulève le plus de questions chez le nouveau propriétaire.

Le sérieux d'une fissure

À ce sujet, M. Girard se fait plutôt rassurant: «Habituellement, ce ne sont que des joints de gypse qui craquent suite au séchage du bois, qui crée les fissures superficielles.» C'est principalement le cas lorsqu'elles sont localisées sur des murs intérieurs. Toujours selon M. Girard, des fissures plus petites que la pointe d'un crayon et qui se trouvent sur une cloison ne sont généralement pas inquiétantes et ne nécessitent pas d'examen plus approfondi - ne serait-ce qu'il faut parfois refaire le joint de plâtre.

Cependant, certaines fissures révèlent tout de même de réels problèmes. Si la fissure est horizontale, si elle est profonde et plus large que la pointe d'un crayon ou si elle s'étend sur plusieurs dizaines de centimètres, l'avis d'un entrepreneur est nécessaire. «Une fissure dans un coin, au plafond ou sur des éléments de structure comme un mur porteur est certainement plus inquiétante», précise M. Girard. Dans ce cas, il faut contacter l'entrepreneur qui a construit la maison et lui demander d'examiner le tout.

La garantie à la rescousse

Dans quelques rares cas, il est possible que la collaboration de l'entrepreneur ne soit pas au rendez-vous. Heureusement, le propriétaire n'est pas laissé à lui-même.

Depuis le 1er janvier 1999, la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) exige que tous les bâtiments résidentiels neufs soient couverts par un plan de garantie. Cette garantie est offerte par un administrateur privé autorisé. Au Québec, il en existe trois: Qualité Habitation, la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ et la Garantie Abritat.

Le nouveau propriétaire est donc protégé par un de ces programmes. En cas de litige, il peut contacter l'administrateur de sa garantie résidentielle, demander du soutien et faire une réclamation.

Selon la RBQ, la garantie ne couvre pas les fendillements, rétrécissements, fissures ou autres imperfections attribuables au séchage normal des matériaux. De réelles déficiences annoncées par une fissure profonde et prolongée pourraient toutefois l'être. Il ne faut pas hésiter à contacter le responsable du plan de garantie de la nouvelle maison.

Les saisons et la maison neuve

Bien que l'hiver, avec ses importantes variations de température, soit une saison déterminante pour une maison neuve, un cycle complet de 12 mois est nécessaire pour que le propriétaire puisse cibler les imperfections. Selon le spécialiste de l'APCHQ, les particularités propres à chacune des saisons peuvent avoir des impacts sur les matériaux. C'est pourquoi il recommande d'attendre avant d'entreprendre des travaux correctifs si les considérations ne sont qu'esthétiques et ne nécessitent pas d'intervention urgente.




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