Une première maison certifiée Passivhaus au Québec

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Jusqu'à présent, une dizaine de bâtiments, surtout situés en Colombie-Britannique, ont obtenu la certification Passivhaus. Au Québec, les Chaveron sont les premiers à aller au bout de leur démarche.

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Déborah et Damien Chaveron ont toujours cru que leur maison était suffisamment étanche pour obtenir l'exigeante certification Passivhaus. Leurs efforts ont été récompensés: leur habitation, située à Ahuntsic, est le premier bâtiment passif à être dûment certifié au Québec.

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L'orientation de l'immeuble devient primordiale pour tirer parti des rayons du soleil et affronter le vent.

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Les fenêtres à triple vitrage laissent entrer la lumière mais non le froid, pour le plus grand confort de Déborah Chaveron et deux de ses trois filles, Maïna, 14 mois et Morgane, 11 ans.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

«Ouf, nous avons réussi!, s'exclame Mme Chaveron, soulagée. Nous sommes fiers du travail accompli et d'avoir persévéré. Nous avions mis la barre très haut et nous avons cru en notre petit brin de folie. Damien a beaucoup travaillé pour obtenir les données qui manquaient. Nous étions confiants et nous avons eu raison.»

Avec plus de 60 000 bâtiments de toutes sortes à son actif, le standard allemand Passivhaus est bien implanté en Europe. C'est une autre réalité au Canada, où le climat est plus rigoureux. Jusqu'à présent, une dizaine de bâtiments, surtout situés en Colombie-Britannique, ont obtenu la certification. Au Québec, les Chaveron deviennent les premiers à aller au bout de leur démarche.

La route a été parsemée d'embûches. Le couple ne savait pas vraiment ce qui l'attendait lorsqu'il a décidé de faire équipe avec l'architecte Lucie Langlois, d'Alias Architecture, et l'entrepreneur Richard Price, de Construction Le Tournesol, pour construire une maison à très haute efficacité énergétique, ultra-isolée et hyper étanche, qui répondrait aux exigences de l'Institut de la maison passive, établi à Darmstadt, en Allemagne.

Le défi? Construire une maison qui consomme 90 % moins d'énergie que les maisons traditionnelles. Cela sous-entend donc une isolation ultraperformante du bâtiment, une étanchéité maximale et des fenêtres à triple vitrage. Cela entraîne aussi l'installation d'un système de ventilation avec récupération de chaleur très performant. L'orientation de l'immeuble devient primordiale pour tirer parti des rayons du soleil et affronter le vent.

À savoir: les besoins en énergie de chauffage doivent être d'un maximum de 15 kWh/m2 par an, une cible extrêmement ambitieuse.

Pour donner une idée de l'ampleur du défi à relever, la demande de chauffage d'une maison conforme au Code de construction du Québec de 2002 est d'environ 157 kWh/m2 par an, tandis que celle d'une maison conforme au Code 2012 (Novoclimat) est d'environ 118 kWh/m2 par an*.

«On peut clore ce livre pour permettre à d'autres d'ouvrir le leur. Nous sommes fiers d'avoir ouvert le chemin et aimons pouvoir aider à faire évoluer les pratiques», affirme Déborah Chaveron.

Déborah et Damien Chaveron rêvaient d'une maison écologique bien avant de quitter Toulouse pour s'établir à Montréal. N'en trouvant aucune qui répondait à leurs critères, ils ont décidé de la construire. Généreux, ils font régulièrement visiter leur demeure, également homologuée LEED Platine. En novembre, lors des Journées Passivhaus internationales, ils ont accueilli près de 150 personnes et donné trois ateliers.

«On ne s'en lasse pas, précise Mme Chaveron. Cela fait partie de nos objectifs, que cette maison ne soit pas juste familiale, mais qu'elle serve à la société.»

Le nom qu'ils ont donné à leur maison est révélateur: Ozalée. D'abord choisi pour pour son origine amérindienne (soleil levant), il sonne aussi très bien («ose aller»). Comme dans «ose aller au bout de tes rêves», indique Déborah Chaveron.

Cette première certification va faire boule de neige, croit Lucie Langlois, qui a conçu la maison et chapeauté le dossier jusqu'à sa conclusion.

«Il fallait casser la glace, souligne l'architecte, qui a cofondé l'organisme Maison Passive Québec en 2014. Ce sera plus facile pour les autres. On sait comment s'y prendre et on connaît les exigences. On ne nage plus dans l'inconnu.»

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* Diane Bastien, Mémoire sur le potentiel des énergies solaires au Québec




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