Copropriété: petits luxes attrayants

Du gym à la piscine extérieure chauffée à... (Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse)

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Du gym à la piscine extérieure chauffée à l'année, en passant par le chalet urbain et la terrasse sur le toit, plusieurs immeubles de copropriété offrent presque tout ce qu'il faut pour se divertir sans quitter les lieux. Sur la photo, on voit la terrasse du District Griffin sur l'eau dans Griffintown.

Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Du gym à la piscine extérieure chauffée à l'année, en passant par le chalet urbain et la terrasse sur le toit, plusieurs immeubles de copropriété offrent presque tout ce qu'il faut pour se divertir sans quitter les lieux. Selon les spécialistes, ces extras sont parfois l'argument de vente qui fait toute la différence. Mais ils ont aussi un prix...

Pour le meilleur et pour le pireCertains propriétaires vivent dans des immeubles dotés d'une dizaine de services, sans jamais en profiter. D'autres ont acheté leur propriété en sachant précisément de quels extras ils avaient besoin. Trois d'entre eux racontent leur expérience.

La vue

Depuis deux ans et demi, Sébastien Lauzon Giguère vit à Pointe-Saint-Charles dans un immeuble offrant piscine et terrasse sur le toit, gym et chalet urbain (avec salle de cinéma, table de billard, minicuisine). Des éléments qui l'ont convaincu de laisser tomber ses envies de maison. «Au départ, je ne voulais pas vivre en condo, mais quand j'ai vu que je pouvais avoir accès à tous ces espaces en plus, sans avoir à m'en occuper, ça m'a fait changer d'idée.»

La présence d'une terrasse sur le toit l'a complètement séduit. «Comme je vis dans le plus haut immeuble du secteur, j'ai une super belle vue sur Montréal! Ça m'a convaincu d'acheter là au lieu d'un autre condo à Lachine avec une piscine au centre du complexe, comme dans la télésérie Place Melrose

Puisqu'il possède un condo de 560 pi2, l'accès aux espaces communs se révèle profitable. «Quand je suis avec un groupe d'amis, c'est agréable de passer la soirée au chalet urbain.» Le partage avec ses voisins se déroule relativement bien. «Lors des grosses journées chaudes cet automne, il y avait énormément de monde à la piscine. Pas juste les propriétaires eux-mêmes, mais leurs amis et leur famille. Quand on y va tous la même journée, ça paraît. C'est parfois trop populaire, mais ce n'est pas dérangeant.»

Le civisme

Après cinq ans comme propriétaire d'une unité au Lowney sur Ville dans Griffintown et quelques mois au U31 des Shop Angus, Marie* peut aisément comparer les deux immeubles. Entre 2012 et 2017, elle avait la totale: piscines sur le toit, hamacs, table de babyfoot, gym, spa intérieur (hammam, sauna, piscine, bain froid, bain chaud), salle polyvalente, chalet urbain, etc. «Tous ces extras m'ont en partie convaincue d'acheter, dit-elle. Au début, j'allais tous les jours sur le toit pour profiter de la vue magnifique sur le centre-ville de Montréal.»

Malheureusement, le plaisir n'a pas duré, puisque certains copropriétaires manquaient de civisme. «Parfois, quelques personnes s'appropriaient un espace avec leur musique. D'autres apportaient des coupes en verre sur le bord de la piscine. Un jour, je voulais aller au spa et j'ai retrouvé une bouteille de vodka vide et une boîte de trous de beigne...» Avec le temps, deux agents de sécurité ont été engagés à temps plein et une série de règles ont été instaurées, entraînant une pluie de contraventions.

Quand elle a vendu, Marie a tout de même opté pour un immeuble avec services (piscine sur le toit, gym et cour intérieurs, spa, sauna, terrasse). «Je n'aurais jamais acheté un si petit condo s'il n'y avait eu tout ça. Et c'est rassurant pour l'entourage de savoir que j'ai une piscine, souligne-t-elle en riant. J'ai moins de services qu'avant, mais ça ne me dérange pas.» Il faut dire que les choses se passent beaucoup mieux, selon elle. «Les fauteurs de troubles sont des cas isolés. Les espaces sont plus propres. Il y a moins de surveillance. Tout est plus agréable.»

*Nom fictif

L'emplacement

Depuis cinq ans, Réjeanne Bourgeault et son mari habitent dans Cité Nature près du Stade olympique, mais ils profitent bien peu des services proposés là-bas. «Ce n'est pas ce qui nous a attirés en premier, affirme-t-elle. On appréciait surtout la situation géographique, avec la proximité du terrain de golf municipal, du parc Maisonneuve et du Jardin botanique.»

Ne profitant pas des centres de conditionnement physique du complexe, Mme Bourgeault utilise la piscine à l'occasion. «Je participe à un cours d'aquaforme, où je peux faire mon social. Et j'y vais parfois avec mes petits-enfants. Souvent, je suis seule avec les petits. On ne voit pas trop les voisins.»

L'extra qu'elle préfère est sans contredit le garage intérieur. «Mon mari dit qu'il faut absolument avoir ça! On vieillit, vous savez. On a visité plusieurs autres condos qui n'en avaient pas et on ne les voulait pas.»

Elle avait toutefois des craintes face au partage d'espaces. «Je m'attendais à ce que ce soit compliqué dans le garage, avec la quantité de monde qui vit là. Mais chaque phase du complexe a son propre ascenseur. On n'a aucun conflit.»

La piscine du complexe Séville, phase 2... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse) - image 2.0

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La piscine du complexe Séville, phase 2

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

Des services relativement accessiblesSi certains acheteurs imaginent que les services supplémentaires d'un immeuble sont le meilleur moyen de faire exploser la valeur de chaque propriété et les charges de copropriété, ils ont au moins en partie... raison. Analyse.

Valeur d'achat

Selon Nathalie Haidar, courtière immobilière pour le Groupe Sutton à L'Île-des-Soeurs, les extras ont une influence minime sur le prix de vente. «Dans les nouvelles tours luxueuses, le prix des unités est beaucoup plus influencé par le design, la qualité de la finition, la vue et l'emplacement, explique-t-elle. Les extras sont très attirants d'un point de vue marketing, mais en ce qui concerne la valeur au pied carré, ils ne font pas une différence énorme.»

Courtier chez Re/Max, Maxime Bergeron présente la situation autrement. «La valeur d'une propriété est une conséquence directe de la demande dans l'économie de marché, dit-il. Souvent, les gens se battent pour acheter un condo dans ces immeubles qui ont des extras hyper attirants. Ça peut raccourcir les délais de vente et faire croître le prix au pied carré.»

Il cite la Tour des Canadiens comme exemple emblématique. «Les gens ont accès à énormément de choses, dont un accès prioritaire à l'achat de billets des Canadiens, un lounge, un cellier, etc. À 720 $ le pi2, c'est l'un des projets les plus chers sur le marché et ça se vend en un claquement de doigts.»

Nouveaux services

Le projet immobilier près du Centre Bell fait partie de ceux qui offrent des suppléments novateurs. Tout comme le Séville. «À moins d'avis contraire, c'est le seul complexe résidentiel qui offre une piscine extérieure quatre saisons», souligne M. Bergeron.

Nathalie Haidar a également eu vent de services originaux, comme un minigolf, un filet pour répéter ses coups au golf et une suite pour les invités dans une section de l'immeuble. «Plusieurs complexes offrent l'équivalent d'une chambre à l'hôtel, souligne-t-elle. La chambre est disponible à environ 120 $ par nuit et tous les propriétaires peuvent la louer pour la visite.»

Les classiques

Même si les immeubles de copropriété sont nombreux à posséder un gym, leur intérêt ne se dément pas. «Ce n'est pas banal du tout d'avoir accès à un gym, dit Maxime Bergeron. Pour les jeunes professionnels très occupés qui veulent un mode de vie actif, c'est quasi nécessaire.»

Parmi les autres incontournables, on retrouve les terrasses et les barbecues sur le toit, les chalets urbains, les piscines intérieures et tout l'attirail de détente (spa, hammam, bain vapeur, bain nordique ou baignoire à remous).

Mais généralement, le service le plus important prend un visage humain: le gardien de sécurité. «Il donne le sentiment de vivre dans un espace luxueux, illustre Mme Haidar. Puisque les visiteurs doivent s'enregistrer, ça donne une impression de plus grande sécurité. Comme si on était à l'hôtel.» Son collègue en rajoute. «Dans ces immeubles, les propriétaires sont souvent des personnes mieux nanties qui possèdent plusieurs objets de valeur et ressentent le besoin de se sentir protégées en tout temps. Le portier ou le gardien de sécurité 24 heures sur 24 les fait se sentir dans un cocon.»

Autre élément non négligeable: la salle de réception avec télé, WiFi ou foyer pour se détendre ou organiser un événement. «Si notre appartement n'est pas très grand ou qu'on veut laisser un proche travailler dans le calme chez soi, on peut se rendre dans la grande salle pour lire, regarder la télé ou relaxer, explique Mme Haidar. Et c'est parfois assez grand pour organiser une réception ou un mariage avec une cuisine équipée, qui peut accueillir un service de traiteur.»

Un argument de vente

Maxime Bergeron affirme sans hésiter que les immeubles sans extras se vendent bien plus lentement. «C'est un deal breaker dans plusieurs situations.» Surtout pour certains types d'acheteurs, croit Nathalie Haidar. «Cette tendance chic plaît particulièrement aux gens prospères à la recherche d'un mode de vie sans les soucis d'entretien, aux jeunes professionnels sans enfant qui ont un rythme de vie soutenu et qui veulent optimiser leur temps, les investisseurs-propriétaires qui veulent attirer des locataires stables et en moyens, ainsi que des investisseurs spéculatifs cherchant à maximiser le potentiel de valorisation à court terme.»

Charges de copropriété

Peu importe que les propriétaires profitent de ces services ou non, ils doivent tous payer les charges de copropriété parfois plus élevées que la moyenne, qui varient de 130 $ à 200 $ par mois dans les immeubles offrant plusieurs services en extra, selon les témoignages récoltés pour ce dossier. «Les projets avec plusieurs services exigent des frais de condo de 15 à 25 % plus élevés, dit M. Bergeron. C'est normal, car il faut engager plus de personnel pour assurer la qualité du service et l'entretien.»

Le montant mensuel n'est toutefois pas alarmant, selon sa collègue. «Ces extras sont souvent offerts dans les tours avec plus de 300 unités, alors les frais sont répartis entre plusieurs propriétaires.»




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