Remettre les clés de sa maison à la banque

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Pour la période couvrant octobre 2016 à septembre 2017, un total de 8165 préavis d'exercice ont été publiés au Registre foncier du Québec, soit une baisse de 11%.

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Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

L'une des pires choses qui puissent arriver à un propriétaire, c'est de devoir remettre les clés de sa maison à son banquier, faute de pouvoir faire les versements hypothécaires.

C'est, hélas, la réalité à laquelle se heurtent, bon an, mal an, un peu plus de 8000 propriétaires québécois aux prises avec des problèmes financiers qui les empêchent de remplir leurs obligations.

Divorce, faillite, maladie, perte d'emploi et crédit «sclérosé» sont autant de raisons qui amènent ces malheureux propriétaires à baisser les bras.

Dans sa toute dernière étude sur les «mauvaises créances», la firme immobilière JLR nous apprend que le nombre d'abandons «volontaires», au profit du créancier, ou à la suite d'un jugement de cour, demeure relativement stable.

«Même que leur nombre a tendance à diminuer depuis quelques années, constate Joanie Fontaine, économiste chez JLR. Il y a déjà eu 10 000 abandons, en 2009, un sommet. On peut voir cela comme une amélioration.»

L'économiste relève toutefois que ces saisies ou ces «remises de clés», en plus de faire des victimes, ne sont pas «la solution idéale» pour les prêteurs hypothécaires.

«Les banques n'aiment pas ça, reprendre les maisons, soumet-elle. Le processus de délaissement, qui suit le préavis d'exercice au bout de 60 jours, demande du temps et des ressources, et il arrive parfois que la vente de la maison ne couvre pas la totalité du prêt hypothécaire.»

Contexte plus difficile

Sur le terrain, les courtiers hypothécaires s'entendent pour dire que les options sont peu nombreuses pour les propriétaires «pris à la gorge» avec des hypothèques qu'ils ne peuvent rembourser.

«C'est encore plus difficile de se sortir du pétrin quand ça va mal depuis le resserrement des règles hypothécaires, dit Hugo Leroux, président d'Hypotheca. La marge de manoeuvre pour trouver des liquidités est de plus en plus mince, sinon quasi inexistante.»

«À vrai dire, ajoute-t-il, les banques sont de plus en plus réticentes à trouver des solutions de dernier recours à leurs clients problématiques. Elles ne veulent pas pelleter les problèmes par en avant pour se retrouver, dans six mois, avec un client qui s'est enfoncé davantage.»

Un fait demeure: le contexte lié aux abandons pourrait être «pas mal plus catastrophique» si les taux d'intérêt se mettaient à augmenter de quelques points de pourcentage.

«Pour le moment, ceux qui ont négocié leur hypothèque il y a cinq ans s'en tirent assez bien, même si les taux ont augmenté de 1/4 ou de 1/2 %, analyse Hugo Leroux. Mais il ne faudrait pas que les taux grimpent de 2 % parce que ça pourrait faire basculer de nombreux propriétaires lourdement hypothéqués.»




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