Immobilier: «forte hausse» des prévisions au Québec en 2017

La FCIQ table désormais sur une hausse de... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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La FCIQ table désormais sur une hausse de 2 % du nombre de transactions cette année, alors qu'elle prévoyait jusqu'ici un recul de 7 %.

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Octobre 2016. Pendant un lunch dans le quartier Pointe-Nord de L'Île-des-Soeurs, où pullulent les tours de condos flambant neufs, Paul Cardinal affiche une mine plutôt sombre. Ottawa vient tout juste d'annoncer un sérieux resserrement des conditions de prêts hypothécaires et le directeur de l'analyse de marché de la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) s'apprête à abaisser ses prévisions pour le marché immobilier québécois en 2017. Le choc, craint-il, sera assez majeur.

Six mois plus tard, l'humeur et les perspectives ont changé du tout au tout. La FCIQ a revu «fortement à la hausse» ses perspectives pour 2017 cette semaine. Les acheteurs n'ont pas déserté le marché québécois, l'emploi se porte à merveille et l'élection de Donald Trump n'a pas fait trop de vagues, du moins jusqu'à maintenant.

La FCIQ table désormais sur une hausse de 2 % du nombre de transactions cette année, alors qu'elle prévoyait jusqu'ici un recul de 7 %. L'organisme s'attend aussi à la plus forte progression des prix depuis 2012 dans la province - une augmentation qui restera cependant très modérée par rapport à ce qu'on observe en Ontario et en Colombie-Britannique.

Le marché québécois

Nombre de transactions 

2016:  78 158 (+ 5 %)

2017*: 80 000 (+ 2 %)

Prix médian des maisons unifamiliales

2016: 234 500 $ (+ 2 %)

2017*: 242 000 $ (+ 3 %)

_____________________________________________________________________________

* Prévision

Source: FCIQ

Que s'est-il passé?

Même si beaucoup de jeunes ménages québécois ont dû revoir leur rêve immobilier ces derniers mois, en raison des conditions de prêts plus sévères, les acheteurs expérimentés ont «plus que compensé», note la FCIQ. En fait, le marché de la revente a connu son premier trimestre le plus actif en cinq ans, soit entre janvier et mars.

En incluant le mois d'avril, un peu moins dynamique, les ventes sont tout de même en hausse de 3 % depuis le début de l'année dans la province.

Parmi les facteurs qui expliquent cette bonne tenue, la FCIQ pointe un marché de l'emploi «en pleine ébullition». Le Québec comptait en avril 88 000 postes de plus qu'il y a un an, surtout à temps partiel et principalement concentrés dans le Grand Montréal. Résultat: le taux de chômage est passé de 7,4 à 6,6 % depuis un an.

«Les gains d'emplois constituent une excellente nouvelle pour la revente de propriétés, souligne la FCIQ dans son rapport. Il faut se rappeler que l'effet de ceux-ci n'est toutefois pas immédiat, de sorte qu'il peut y avoir un délai de plusieurs mois avant qu'il ne soit pleinement ressenti.»

«La situation augure donc plutôt bien pour le marché immobilier au cours des prochains mois», indique la Fédération des chambres immobilières du Québec.

Immigration

La venue de nombreux immigrants en 2016 a aussi contribué à la demande d'habitations. Le bilan migratoire global s'est élevé à 45 608 l'an dernier dans la province, ce qui représente une hausse de 65 % par rapport à 2015, souligne la Fédération.

La FCIQ cite par ailleurs le fort sentiment de confiance des consommateurs et la faiblesse persistante des taux d'intérêt pour expliquer la bonne tenue du marché depuis le début de 2017. L'organisme s'attend à ce que les taux hypothécaires «s'éloignent peu de leur creux historique» d'ici la fin de l'année, avec une hausse prévue d'à peine 0,25 %.

Contraste Québec-Montréal

Les deux plus grandes villes de la province continueront d'afficher des dynamiques contrastées en 2017, prévoit la Fédération dans son rapport.

Quelque 73 000 emplois ont été créés depuis un an dans la métropole, ce qui continuera de stimuler la demande. En plus d'accueillir la majorité des immigrants de la province, Montréal devrait aussi attirer davantage d'investisseurs étrangers en 2017, refroidis par la taxe immobilière de 15 % imposée à Vancouver et Toronto.

Montréal

Nombre de transactions

2016: 39 872 (+ 5 %)

2017: 41 500 (+ 4 %)

Prix des maisons unifamiliales

2016: 295 000 $ (+ 2 %)

2017: 312 500 $ (+ 6 %)

Prix des condos

2016: 240 000 (+ 1 %)

2017: 247 000 $ (+ 3 %)

Notes: Prix pour la région métropolitaine de recensement. Les données de 2017 constituent une prévision.

Le scénario est tout autre à Québec. La FCIQ y a revu ses prévisions à la hausse pour 2017, mais dans ce cas-ci, cette révision signifie que les baisses seront moins prononcées que prévu. Les ventes et les prix devraient fléchir légèrement - plutôt que beaucoup - cette année.

L'amélioration de l'emploi représente un signe encourageant à Québec, note la FCIQ. La hausse constante du nombre de propriétés à vendre continuera cependant de peser sur le marché de la Vieille Capitale, où l'offre surabondante donne la main haute aux acheteurs.

Québec

Nombre de transactions

2016: 6719 (+ 1 %)

2017: 6650 (- 1 %)

Prix des maisons unifamiliales

2016: 248 000 $ (+ 1 %)

2017: 247 000 $ (+ 0 %)

Prix des condos

2016: 190 000 $ (- 4 %)

2017: 188 000 $ (- 1 %)

Notes: Prix pour la région métropolitaine de recensement. Les données de 2017 constituent une prévision.

En somme, les prévisions montrent que le marché immobilier du Québec n'aura rien à voir avec la folie de celui de l'Ontario et de la Colombie-Britannique en 2017, où la croissance des prix varie de 15 % à plus de 30 %, mais la forte baisse appréhendée se transformera plutôt en légère hausse. Un soupir de soulagement pour les courtiers... et de nombreux propriétaires.




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