Acheteurs «autonomes»: quatre profils, quatre histoires

Michelle Blanc, 55 ans, consultante, conférencière et auteure... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

Agrandir

Michelle Blanc, 55 ans, consultante, conférencière et auteure en stratégie web et médias sociaux, a dû trimer dur pour se qualifier pour une hypothèque.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Charles-Édouard Carrier

Collaboration spéciale

La Presse

Ils ont fait le choix d'être travailleur autonome, ils ont opté pour la grande aventure et ont lancé leur entreprise. Mais même si les affaires vont bien et que le travail ne manque pas, au moment d'acheter une première maison, leur statut de travailleur indépendant peut leur nuire. En quoi l'accès à la propriété pour un travailleur autonome est-il si différent d'un salarié?

Michelle Blanc - 55 ans, consultante, conférencière et auteure en stratégie web et médias sociaux

Après des démarches infructueuses auprès d'institutions financières, Michelle Blanc s'est tournée vers un courtier pour obtenir une préautorisation. «Autrement, je ne me qualifiais même pas. Tu as un bon chiffre d'affaires, tu es une seule employée, mais ça ne veut rien dire.»

Elle a fait une offre d'achat, mais au moment d'obtenir le financement auprès de la banque, les choses ont pris une tournure inattendue. «J'avais 10 jours. Mon prêt était pour un peu plus de la moitié de ce pour quoi j'étais autorisée. On s'est mis à me demander un tas de papiers. Au huitième jour, j'ai contacté mon courtier hypothécaire pour qu'il me trouve une autre solution, sinon je perdais mon deal.» Elle s'est tournée vers un prêteur virtuel et en quatre heures, elle a obtenu son prêt.

«Heureusement, je travaillais avec une courtière qui était très compréhensive. Elle savait comment monter des chiffres parce que, pour les banques, ça ne fonctionne pas, ça n'entre pas dans les cases. Elles ont des logiciels, c'est fait pour un employé salarié, pas pour les entrepreneurs», estime Mme Blanc.

Jimmy Francoeur, 36 ans, réalisateur... (PHOTO FOURNIE PAR JIMMY FRANCOEUR) - image 2.0

Agrandir

Jimmy Francoeur, 36 ans, réalisateur

PHOTO FOURNIE PAR JIMMY FRANCOEUR

Jimmy Francoeur - 36 ans, réalisateur

Lui est réalisateur et elle est illustratice. Un condo dans Ahuntsic, un coup de coeur. Ils amorcent à la hâte des démarches pour acheter ensemble leur première propriété. «On savait que le fait d'être travailleurs autonomes allait compliquer le processus, on nous avait mis en garde. Surtout que nous n'avions pas encore fait de démarche auprès d'un prêteur», se souvient M. Francoeur. Par contre, huit ans plus tôt et alors salarié, le couple avait été préautorisé pour un prêt supérieur à ce qu'il souhaitait obtenir pour l'actuel condo. «Meilleur salaire, meilleur crédit, mais pourtant...», poursuit le réalisateur.

Les quatre parents ont dû se porter garants du prêt puisque, pour la banque, le couple ne se qualifiait pas pour l'emprunt. Le vendeur avait accordé deux semaines pour qu'il obtienne le financement; il a patienté un mois avant que la transaction soit conclue. «On a eu notre condo et on est super contents. Mais j'ai senti que le fait d'être travailleur autonome, ce n'était pas totalement acceptable pour la banque, comme si ce n'était pas une vraie job.»

Alexandra Millette, 30 ans, conseillère en médias sociaux... (PHOTO FOURNIE PAR ALEXANDRA MILLETTE) - image 3.0

Agrandir

Alexandra Millette, 30 ans, conseillère en médias sociaux et marketing

PHOTO FOURNIE PAR ALEXANDRA MILLETTE

Alexandra Millette - 30 ans, conseillère en médias sociaux et marketing

C'était sa première maison, celle de ses grands-parents. Ses deux parents ont dû endosser son prêt: «Il a fallu fournir tellement de documents pour satisfaire les exigences du prêteur. Il manquait toujours quelque chose. Mon père, ma mère et moi, tout le monde a été évalué», se rappelle Mme Millette.

À son compte depuis deux ans, elle était en mesure de fournir deux rapports de fin d'année. «Je suis incorporée et je me donne un salaire qui correspond à ce dont j'ai besoin. Ce salaire-là n'était peut-être pas suffisant. Je suis allée voir une institution financière, ça n'a pas fonctionné. Puis un courtier a pris le dossier en mains et, à chaque étape, je devais être accompagnée de mes parents. Financièrement, j'étais pourtant convaincue que je pouvais assumer tous les frais». 

La conseillère en médias sociaux et marketing se demande si son titre d'emploi n'a pas causé de problèmes. «Pour la banque, ce n'est pas traditionnel», croit-elle. Son renouvellement d'hypothèque est dans deux ans: «Avec mon comptable, on planifie les choses pour le faire sans avoir besoin de me faire endosser.»

Gabrielle Néron - 36 ans, artiste

Le mois dernier, Gabrielle Néron et son conjoint ont acheté leur première maison. Parents de deux jeunes enfants et travailleurs autonomes, ils sont aussi de retour aux études. «En deux ans, nous avons eu une baisse de revenu significative. Malgré le fait que nous avions la possibilité de fournir 20 % de mise de fonds, nous avons dû aller chercher une personne qui a été identifiée comme coemprunteur, donc son nom est aussi sur l'acte d'achat», explique Mme Néron.

Le couple a retenu les services d'un courtier hypothécaire qui l'a orienté vers un prêteur virtuel. «On ne pouvait pas s'asseoir face à face, rencontrer les gens en personne, c'était toujours par courriel, par téléphone, tout se faisait à distance», se souvient-elle. Le processus d'approbation a pris plus de deux mois.

Une fois l'aventure terminée, la famille est maintenant bien installée dans la nouvelle maison. «C'était tellement laborieux. On ne contrôlait absolument rien. Ça fonctionnait, puis non, puis il manquait des documents, puis encore d'autres documents. On a pensé laisser tomber.»

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Maison

Tous les plus populaires de la section Maison
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer