Maisons intergénérationnelles: bigénération, multidéfinition

Depuis 1998, de nombreuses municipalités permettent les rénovations ou la... (ILLUSTRATION LA PRESSE)

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Samuel Larochelle

collaboration spéciale

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Depuis 1998, de nombreuses municipalités permettent les rénovations ou la construction de maisons dites intergénérationnelles ou bigénérationnelles. Un secteur où les nombreuses définitions donnent le tournis.

Inter... quoi?

Il ne suffit pas de cohabiter avec un parent ni d'être propriétaire d'un duplex où deux générations d'une même famille se séparent les étages pour dire qu'on vit dans une maison intergénérationnelle. La définition est, en général, plus stricte: «Il s'agit d'une maison possédant une annexe au même niveau, avec une porte communiquant entre les deux unités et une seule adresse. Et ça n'inclut jamais les sous-sols», explique Mélanie Boulet, courtière à RE/MAX.

Dans ses analyses de marché, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) ratisse plus large, en soulignant qu'il s'agit d'«une propriété unifamiliale qui comporte un logement supplémentaire permettant la cohabitation parents-enfants». Aux caractéristiques citées par Mme Boulet, la FCIQ inclut l'ajout d'un étage à la propriété, un sous-sol converti ou un agrandissement du rez-de-chaussée, en plus d'intégrer les résidences avec une ou deux adresses.

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Avec une croissance de 12 % depuis 2010, les maisons intergénérationnelles gagnent du terrain. Principalement en raison du vieillissement de la population et de la volonté de prendre soin des parents âgés. «Pyramide démographique oblige, ce type de maisons sera de plus en plus présent au cours des prochaines années, souligne Paul Cardinal, économiste à la FCIQ. Entre 2016 et 2036, la proportion des Québécois ayant 65 ans et plus passera de 18 % à 26 %.»

Où?

Selon la FCIQ, les Laurentides (5,7 %), Lanaudière (4,6 %) et Laval (4,2 %) sont les régions où les intergénérationnelles occupent la plus grande part de marché. Sans oublier la Montérégie, qui a connu le nombre de ventes de propriétés intergénérationnelles le plus important en 2015, avec 382. «C'est plus facile de trouver l'espace pour construire une annexe à la propriété en banlieue», explique simplement l'économiste Paul Cardinal.

La bigénérationnelle occupe moins de 2 % du marché des régions comme la Gaspésie, la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et l'Abitibi-Témiscamingue. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean en compte 2,6 % et la région de Québec, 2,4 %.

Villes plus permissives

Peu à peu, les municipalités ajustent leur terminologie ou leurs règlements. «Pendant des années, je ne pouvais pas utiliser le terme "intergénérationnel", mais les choses changent, dit la courtière Mélanie Boulet. Une ville comme Sainte-Julie a été avant-gardiste, grâce à sa mairesse.»

Après des années à gérer des propriétaires désirant transformer une résidence intergénérationnelle en maison avec studio, Mirabel a choisi de délivrer un seul permis, celui de «logement additionnel», pour les deux types de propriétés, en juillet 2016.

À Saint-Basile-le-Grand, le règlement a été amendé en 2015 pour ouvrir la voie aux intergénérationnelles. «Saint-Basile est une ville à caractère résidentiel où l'on retrouvait surtout des unifamiliales conventionnelles, illustre Normand Lalande, directeur général adjoint à la municipalité. Mais depuis 2000, avec l'arrivée des immeubles en copropriété, le marché a évolué. Plusieurs citoyens nous demandaient de permettre la rénovation ou la construction de maisons intergénérationnelles. Alors on a changé notre fusil d'épaule.»

Pas pour tous

Selon Mélanie Boulet, les gens âgés de 35 à 50 ans sont la clientèle cible du marché. «Les acheteurs sont généralement des individus qui travaillent beaucoup, qui sont allés à l'école longtemps et qui ont eu leurs enfants sur le tard, décrit-elle. Ils ont des parents d'un certain âge: le grand-père donne un coup de main pour les trucs manuels et la grand-mère s'occupe parfois des enfants après l'école.»

La courtière ajoute que les acheteurs de la génération Y sont rares. «Plusieurs propriétés intergénérationnelles coûtent au moins 500 000 $ en banlieue et les gens de 35 ans et moins n'ont généralement pas les sous pour un tel achat.»

Les maisons bigénérationnelles coûtent en moyenne 15 % plus cher que les unifamiliales, selon la FCIQ. Principalement en raison de l'annexe à construire, des deux cuisines, des deux entrées et des nombreuses salles de bains. Mais les propriétaires peuvent réaliser des économies en partageant certains frais: internet, câble, téléphone, entretien.

De plus, il existe de l'aide financière. Grâce à LogiRénov, le gouvernement du Québec offre un crédit d'impôt aux ménages qui transforment leur résidence en maison intergénérationnelle. Lors de la construction ou de l'achat, ces derniers peuvent aussi recevoir un remboursement partiel de la TPS ou de la TVQ, à certaines conditions. Sans oublier les crédits d'impôt des deux ordres de gouvernement pour les aidants naturels.

Dix-sept jours de plus

La FCIQ a analysé qu'une maison intergénérationnelle se vend en 17 jours de plus qu'une unifamiliale. «Les parents et les enfants ont leur mot à dire dans la transaction, ce qui rend la période de recherche plus longue», illustre Paul Cardinal.

Aussi, tout est plus complexe puisqu'il s'agit d'un produit différent. «Ces maisons sont faites sur mesure et ne conviennent pas aux familles traditionnelles, explique la courtière. En moyenne, il faut chercher entre trois et six mois de plus que pour une propriété standard.»

Comme l'offre d'achat est conditionnelle à la vente des propriétés des deux générations, le processus est toujours ralenti.

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