Vendre la maison d'une vedette

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P.K. Subban

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Quand Céline Dion, P.K. Subban ou Marie Mai mettent leur maison en vente, l'annonce de leur propriété obtient jusqu'à 10 fois plus de visites sur le web que celle d'un inconnu, grâce aux médias sociaux et traditionnels. Inévitablement, la célébrité des clients change le travail des courtiers qui les représentent. Mais pas toujours pour le mieux.

Un million de curieux

Une poignée de courtiers immobiliers ont l'habitude de côtoyer les vedettes du sport, du showbiz ou de Québec inc. dans le cadre de leur travail. Si certains profitent de l'aura de popularité de leurs clients, d'autres préfèrent taire cette célébrité dans le processus de vente. Histoire de limiter le flot de curieux...

Courtier chez Sotheby's, Joseph Montanaro s'occupe actuellement de la vente de l'appartement de P.K. Subban, une propriété de 1900 pi2 située dans l'immeuble Acadia, près du Ritz-Carlton. L'ex-joueur du Canadien de Montréal demande 1,395 million pour le condo, dont l'annonce figurait au premier rang des plus consultées du site Centris au début du mois de septembre.

Habitué à travailler pour une clientèle célèbre, le courtier a déjà trouvé des demeures temporaires pour plusieurs vedettes internationales de passage à Montréal pour des tournages, en plus de superviser la vente de la majestueuse maison de Céline Dion et de René Angélil dans l'île Gagnon au cours des dernières années.

Bien qu'il respecte le désir de discrétion de certains clients très connus, et qu'il préfère lui-même rester dans l'ombre, il affirme que la grande visibilité de ces propriétés facilite son travail. «Plus la maison est vue, plus on a de chance de la vendre», dit-il.

Vérification accrue

Qu'il vende la maison de la célèbre chanteuse de Charlemagne ou le condo du gentleman hockeyeur échangé à Nashville, il doit par la force des choses gérer une quantité astronomique d'appels et de courriels. «Heureusement, je sais en cinq secondes si ce sont des gens sérieux.»

Son équipe doit tout de même faire plus de vérifications pour écarter les simples curieux. «On vérifie leurs antécédents et on demande parfois une lettre d'approbation de la banque pour être certains que la personne a suffisamment d'argent pour acheter.»

Autre son de cloche chez Georges Bardagi de Re/Max, qui ne mise absolument pas sur l'aura de ses clients. «On va bien sûr annoncer la propriété sur l'internet, mais sans se servir de la notoriété des gens qu'on représente.»

Il fait tout de même affaire avec des clients célèbres, souvent plus jeunes et habitués aux médias sociaux, qui font partager leur annonce à leurs amis ou leurs admirateurs. «On ne l'empêche pas, mais on ne le suggère pas», affirme-t-il.

Anonymat total?

Même si un courtier ne divulgue pas le nom d'un client-vedette dans une annonce, il est impossible de cacher l'information totalement. Les évaluations de propriétés sont accessibles en ligne avec le nom des propriétaires.

Et même s'il s'agit d'une corporation, quiconque peut consulter le registre des entreprises du Québec pour découvrir à qui elle appartient. «Il y a des règles de transparence mises en place, rappelle Steve Sirmakesyan, de Royal LePage. Quand on me demande si telle maison appartient à telle personne, je ne peux pas dire non. Mais je peux tout faire pour éviter que ça devienne un cirque.»

Partisan de la discrétion, M. Bardagi souligne qu'un souci de sécurité supplémentaire s'impose lorsque ses clients connus sont des politiciens ou des juges. «Il y a une crainte que des criminels ou des voleurs se fassent passer pour de faux acheteurs. On doit donc prendre plus de précautions et on ne peut pas seulement laisser une clé dans la porte pour une visite libre. La présence du courtier est importante et on surveille davantage les visiteurs.»

Le condo de PK Subban comprend deux chambres,... (Photo fournie par Centris) - image 2.0

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Le condo de PK Subban comprend deux chambres, dont la principale comporte un imposant walk-in. On peut y apercevoir plusieurs des tenues raffines du hockeyeur.

Photo fournie par Centris

Une question de prestige

Selon Joseph Montanaro, la propriété du couple Dion-Angélil a été visitée virtuellement près de 1 million de fois, sans que le nombre de visites en personne soit décuplé. La raison est fort simple: les acheteurs potentiels pouvant payer entre 10 et 20 millions pour une propriété sont très rares.

Cependant, lorsqu'il s'agit de propriétés de 2 à 3 millions, les visites physiques sont plus nombreuses et l'élément célébrité peut influencer la demande. «Quand une propriété appartient à quelqu'un de connu, ça lui donne un prestige. Certains se disent que si c'est bon pour lui, ce sera bon pour eux», explique-t-il.

Le courtier de Sotheby's ne croit toutefois pas que les acheteurs paient plus cher pour habiter l'ancienne maison d'une vedette. «Les gens sont à l'affût de tout. Ils connaissent la vraie valeur des propriétés. Surtout dans le luxe.»

Steve Sirmakesyan abonde dans le même sens. «Il y a beaucoup de compétition dans chaque secteur. Quand on visite, on analyse les propriétés de chaque maison. Nos clients ne sont pas prêts à payer un supplément pour habiter la maison d'une vedette.»

Admiration contrôlée

Les trois courtiers s'entendent pour dire qu'ils font preuve du même professionnalisme envers leurs clients, qu'ils soient peu connus ou célèbres. «Quand un joueur de hockey est sur la route, je comprends que je dois attendre après le match pour parler d'une contre-offre. Mais c'est aussi vrai pour un pompier ou un médecin en train d'opérer», illustre Georges Bardagi.

N'empêche, il arrive qu'un courtier soit fan de son client. «Quand j'ai reçu le mandat pour la maison de Céline Dion, de qui je suis fan depuis longtemps, ça m'a fait chaud au coeur, confie Joseph Montanaro. Mais comme j'ai déjà vécu à New York, où l'on voit plusieurs vedettes, je suis habitué. Je n'ai jamais demandé de photo ni d'autographe. Je reste toujours professionnel.»

Quelques commentaires sont tout de même permis. «Je peux féliciter un joueur de hockey pour la partie de la veille, mais sans plus. Il ne faut pas commencer les discussions de vestiaire», précise Steve Sirmakesyan.

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