Habiter le centre-ville de demain

Le nouveau centre-ville déborde de l'arrondissement de Ville-Marie... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE)

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Le nouveau centre-ville déborde de l'arrondissement de Ville-Marie pour englober certains quartiers limitrophes comme Griffintown et les secteurs Bridge-Wellington et Milton-Parc. La Stratégie propose de mettre en valeur près de 20 km de rives sans nuire aux activités du port de Montréal.

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Avec son regard d'urbaniste, Richard Bergeron se réjouit de la transformation du centre-ville de Montréal, qui découle notamment de la construction de milliers de logements au cours des dernières années et de la volonté d'une nouvelle génération d'y habiter. Il est toutefois temps, souligne-t-il, que la Ville de Montréal encadre le puissant élan que connaît ce secteur névralgique, afin de le soutenir au cours des 15 prochaines années.

Membre du conseil exécutif, M. Bergeron est responsable de la Stratégie centre-ville, qui est soumise à un vaste exercice de consultation publique depuis dimanche. Plusieurs volets seront abordés, dont celui de la vie de quartier et du développement urbain. Voici un aperçu de sa vision sur ce thème, en particulier.

Quelles sont les limites du centre-ville qui ont été établies?

Dans la Stratégie, la vision du centre-ville correspond mieux à la réalité. Il déborde de l'arrondissement de Ville-Marie pour englober certains quartiers limitrophes comme Griffintown et les secteurs Bridge-Wellington et Milton-Parc. Cela s'est fait de connivence avec les arrondissements concernés (du Sud-Ouest, du Plateau-Mont-Royal et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve). Le territoire s'étend sur plus de 18 km2.

Pourquoi intervenir à ce moment-ci?

On assiste à la renaissance du centre-ville de Montréal. En 2014, 3559 logements y ont été mis en chantier et il y en a eu 2895 autres en 2015. L'arrivée de nouveaux résidants a entraîné la venue de nouveaux commerces. C'est remarquable, ce qui s'est fait, mais maintenant, il faut qu'on s'en mêle pour tendre vers le mieux. Il s'est construit beaucoup de condos de luxe et de mini logements pour répondre à un besoin immédiat, mais est-ce que ceux qui suivront auront les mêmes préférences? Griffintown est à moitié construit et il faut s'inquiéter de ce que ce sera dans 25 ans pour assurer la pérennité du quartier. Il faut diversifier les clientèles visées, les types de logements et les prix des habitations. Il faut créer de véritables milieux de vie représentatifs de la société avec des écoles primaires, des parcs, des bibliothèques, tout en facilitant la marche et le vélo et l'accès aux transports collectifs. Il y a un potentiel extraordinaire pour tout le monde, en incluant du logement social et abordable.

Carte tirée du document de consultation 2016 Stratégie centre-ville,... (CARTE FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTRÉAL) - image 2.0

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Carte tirée du document de consultation 2016 Stratégie centre-ville, soutenir l'élan, présentant le potentiel de développement du centre-ville de Montréal.

CARTE FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTRÉAL

Quels sont les objectifs visés?

On a un centre-ville extraordinaire, situé entre la montagne et le fleuve. Il faut redonner accès à l'eau, que ce soit le fleuve, le canal de Lachine ou le bassin Peel. La Stratégie propose de mettre en valeur près de 20 km de rives sans nuire aux activités du port de Montréal. D'ici 2030, le centre-ville devrait compter 50 000 nouveaux habitants, à un rythme moyen de 1800 logements mis en chantier par année. À plus long terme (2050), près de 100 000 nouveaux résidants sont visés. Cette masse critique est nécessaire pour faire fonctionner tout le reste, que ce soit en lien avec les commerces, les restaurants, les salles de spectacles ou les musées.

Quels sont les secteurs qui présentent un grand potentiel de développement immobilier résidentiel?

Il y a plusieurs terrains vagues dans le Faubourg Saint-Laurent, le Quartier des gares, Griffintown et la Cité du Multimédia. Il y a des secteurs à requalifier ou densifier comme le site de la Maison de Radio-Canada et la Cité du Havre, ainsi que des bâtiments institutionnels à reconvertir. C'est le cas par exemple de l'hôpital Royal Victoria, de l'Hôpital de Montréal pour enfants, de l'Hôpital de la Miséricorde, du Shriners, ainsi que d'une partie de l'Hôtel-Dieu et de l'hôpital Notre-Dame.

Vous avez participé au Grand rendez-vous du centre-ville, qui a eu lieu dimanche à la Place des Arts. Quelle est la suite?

Tout est entre les mains de l'Office de consultation publique de Montréal. Maintenant que la stratégie est établie, on veut qu'on nous propose des moyens pour la réaliser. On ne veut pas se faire dire qu'il manque de logements sociaux ou de logements pour les familles. On le sait. On veut plutôt savoir ce qui peut être fait pour contrer l'étalement urbain et faire en sorte que les logements coûtent moins cher et soient accessibles, comme en banlieue. On entreprend un exercice complexe et délicat, qui va demander la pleine collaboration du milieu des affaires et des différents paliers de gouvernement, en particulier du fédéral, car plusieurs terrains lui appartiennent. Cela ne se fera pas tout seul. Mais cela en vaut la peine, car le centre-ville d'une métropole est l'endroit où une collectivité se présente au monde, où elle affiche ses valeurs, où elle atteste de son dynamisme, où elle témoigne de son art de vivre.

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