Histoires de plex: de locataire à propriétaire sans bouger

Le coquet duplex est situé sur l'avenue Christophe-Colomb,... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE )

Agrandir

Le coquet duplex est situé sur l'avenue Christophe-Colomb, à Montréal.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE 

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
André Dumont
La Presse

Vous êtes mûr pour devenir propriétaire? Si le logement que vous louez vous plaît, vous pouvez proposer à votre propriétaire de l'acheter!

Andrée Allaire et Yves Pellerin possèdent un joli duplex sur l'avenue Christophe-Colomb, dans La Petite-Patrie. Quand on a diagnostiqué à Andrée un cancer incurable, ils ont songé à le vendre.

«Nous sommes très bien dans notre logement du rez-de-chaussée et notre grande cour, dit Andrée. Mais un immeuble, ça demande de l'entretien et de l'énergie.»

Pour l'entretien, le couple pouvait compter en partie sur son locataire à l'étage, Serge Farley-Fortin. Il avait toujours effectué lui-même les réparations dans son logement et il ne se gênait pas pour donner un coup de pouce à ses propriétaires. «Quand ils ne sont pas là, dit-il, je ramasse leur courrier, je nettoie la piscine et j'en profite pour me baigner!»

Comme relation propriétaire-locataire, on ne pouvait demander mieux. La proximité était telle que Serge connaissait l'état de santé d'Andrée et leur projet de vendre l'immeuble en entier ou l'un des logements.

«Je leur ai dit: "Avant d'installer une pancarte et de mettre la propriété sur le marché, parlez-moi"», raconte Serge.

Aux prises avec des ennuis de santé, Andrée... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE ) - image 2.0

Agrandir

Aux prises avec des ennuis de santé, Andrée Allaire a convenu, avec son conjoint, de vendre l'étage de leur duplex. «Un immeuble, ça demande de l'entretien et de l'énergie», souligne-t-elle.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE 

L'idée de vendre à leur locataire a souri à Andrée et Yves. L'hiver dernier, Serge a commandé une inspection du bâtiment et Andrée s'est lancée dans les recherches sur la conversion en copropriété. 

Les futurs copropriétaires étaient d'accord pour vivre en copropriété indivise, mais ils souhaitaient pouvoir faire une conversion au statut de copropriété divise. La revente des logements serait alors facilitée, puisque les acheteurs n'auraient pas à disposer d'une mise de fonds de 20 %, telle que requise pour les copropriétés en indivision.

Démarches ardues

«Les fonctionnaires de l'arrondissement et de la Régie du logement me renvoyaient les uns aux autres, déplore Andrée. J'obtenais des réponses qui se contredisaient.»

Sa demande était pourtant simple: comment procéder pour vendre l'étage à celui à qui elle le loue depuis huit ans et pour convertir les logements en propriétés divises? Déroutés par une situation peu fréquente, les fonctionnaires lui ont par moments servi des réponses destinées à des propriétaires qui cherchent à contourner les règles. 

« Qu'un locataire décide d'acheter son logement dans la bonne entente, j'ai l'impression que c'était une première», affirme Andrée Allaire.

D'abord locataire, Serge Farley-Fortin a acheté son propre... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE ) - image 3.0

Agrandir

D'abord locataire, Serge Farley-Fortin a acheté son propre logement, devenant ainsi copropriétaire de l'immeuble en indivision. Les démarches sont en cours pour convertir l'immeuble en copropriétés divises.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE 

«Rien n'a changé»

Aujourd'hui, Serge est propriétaire de son logement. Son hypothèque lui coûte environ 50 $ de moins que son loyer, mais il doit désormais payer sa part des taxes scolaire et municipales et de l'entretien de l'immeuble. 

L'ancien locataire a signé une convention d'indivision avec ses nouveaux copropriétaires. Tous les trois ont confiance de voir les démarches pour une conversion en copropriété divise se conclure d'ici un an. 

Les fonds touchés à la suite de la vente de l'étage soulagent Andrée, qui est retournée travailler, mais qui pourrait devoir arrêter à nouveau pour subir d'autres traitements. Yves et elle continueront d'habiter la maison qu'ils aiment tant et qu'ils entretiennent avec amour depuis 15 ans. 

«Rien n'a vraiment changé depuis que Serge est devenu copropriétaire, dit Andrée. La complicité existait déjà. L'idée de continuer à vivre avec lui nous plaît et on n'aurait vendu le deuxième étage à personne d'autre.»

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Maison

Tous les plus populaires de la section Maison
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer