Transactions immobilières: des serpents et des meurtres

Entrer chez quelqu'un, c'est aussi découvrir son intimité. Et ce faisant, les... (ILLUSTRATION KEVIN MASSÉ, LA PRESSE)

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Julie Roy

Collaboration spéciale

La Presse

Entrer chez quelqu'un, c'est aussi découvrir son intimité. Et ce faisant, les courtiers immobiliers sont témoins d'anecdotes invraisemblables.

D'emblée, il semble bien que certaines personnes soient fort attirées par les courtiers et les courtières. Certains n'hésitent pas à les inviter à «regarder» des photos de maisons avec eux ou à afficher certains de leurs atouts physiques de manière bien ostentatoire. Devant certains clients trop insistants, certaines courtières ont pris l'habitude de demander à un collègue masculin de les accompagner lors des visites.

Un courtier est souvent une personne en qui les gens ont confiance. Tellement que sa présence devient quasi invisible. Nombreux sont les couples qui se disputent devant eux.

«Dans le cas des séparations, on devient une sorte de médiateur», indique Patrice Masson, courtier immobilier.

«Je me souviens d'un homme qui était violent. Il n'avait pas le droit d'approcher son ancienne conjointe. C'est moi qui devais faire le pont entre les deux. Le monsieur n'était pas toujours tendre. J'avais besoin de sa collaboration pour qu'il signe les papiers, alors je peux dire que je tournais ma langue pour ne pas lui dire ma façon de penser», raconte Patrice Masson.

Ce n'est pas tout le monde qui apprécie les animaux exotiques, surtout les serpents. «Une dame vendait sa maison et elle avait une bonne dizaine de serpents. Elle les avait mis dans le garage dans des boîtes de plastique. C'était l'été, mais la pièce devait quand même être chauffée. Lors de la visite, quand je suis arrivé au garage, il faisait tellement chaud... J'ai dû raconter que la dame avait oublié le chauffage et me mettre devant les boîtes comme si de rien n'était. Les clients n'ont rien vu, par chance», dit John Boutopoulos.

Le réservoir d'eau chaude de la discorde

Les erreurs des collègues peuvent aussi être une source d'anecdotes intarissables. John Boutopoulos se souvient d'une transaction qui a failli avorter à cause d'un réservoir d'eau chaude... loué.

«Nous étions chez le notaire et ma collègue avait oublié de dire que le réservoir était loué. Comme cela faisait augmenter les frais mensuels, les clients voulaient que le réservoir soit changé et acheté.»

«Personne ne voulait céder sur ce point, autant le cédant que l'acquéreur, raconte M. Boutopoulos. L'autre courtière voulait que j'assume la moitié de ces frais. J'ai dit non parce que c'était son erreur. Au bout du compte, elle a tout réglé.»

La transparence peut être une bonne alliée, mais elle peut rebuter certains acheteurs. Patrice Masson se souvient d'une dame qui avait déclaré (comme la loi l'y oblige) que sa maison avait été le théâtre d'une mort violente, il y a de cela plusieurs années. «Une dame sénile avait tué son mari en croyant que c'était un voleur. Elle avait été déclarée non coupable pour des raisons de troubles mentaux, mais en raison de cela, je n'ai jamais réussi à vendre la maison.»

Dans certaines cultures asiatiques, il est important qu'une maison soit conforme aux préceptes du feng shui. John Boutopoulos se souvient de clients qui sont arrivés avec un GPS à la main pour s'assurer de la localisation d'une maison ou même d'une porte.

Il n'y a pas qu'avec les clients que les courtiers doivent négocier, il y a aussi les voisins. Steve Léveillé se remémore la fois où des voisins désagréables avaient décidé de faire un feu extérieur si intense que le voisinage était enfumé. «Il y avait tellement de boucane que la maison avait l'air d'être en feu. Je suis allé les voir. Ils ont été très réceptifs.»

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