Sondage CROP-La Presse: la maison-refuge

La maison est l'endroit où l'on se sent... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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La maison est l'endroit où l'on se sent bien.

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Les Québécois sont bien chez eux: 97% des propriétaires aiment leur résidence principale. Les trois quarts des répondants disent même qu'ils l'aiment beaucoup.

On a parfois l'impression que certains propriétaires passent un temps fou à rénover leur maison et pestent contre les travaux qui s'éternisent.

Ceux-là ne sont en fait peut-être pas si nombreux: une enquête CROP-La Presse, l'une des rares sur l'appréciation des propriétaires québécois pour leur demeure, révèle que les gens aiment beaucoup leur maison. Et ils l'aiment telle qu'elle est. La majorité des propriétaires n'a pas l'intention de se lancer dans de grands travaux prochainement. En fait, 34% des répondants veulent profiter de leur maison exactement comme elle est. Seul un propriétaire sur cinq compte faire des rénovations et un sur dix souhaite la vendre (12%).

Alors, qu'est-ce qui fait qu'on est si bien chez soi? «La vie va vite, ce n'est pas toujours facile. La maison est un nid qui a un aspect protecteur», estime la designer Stéphanie Castonguay, qui n'est pas surprise de voir que les gens sont bien chez eux.

Après une longue semaine au travail, c'est un refuge, dit-elle. Ils se retrouvent dans leur univers, parmi des objets qui ont une valeur émotive pour eux, qui leur font du bien. «Quand je me promène chez moi et que je vois un dessin de mon enfant encadré, ça me fait sourire, confie Stéphanie Castonguay. Ça me rappelle un bon moment et je me dis: Home sweet home.»

Le francophone Marc-André Bovet, président de BONE Structure, utilise aussi l'anglais pour parler du bonheur à la maison. Cela lui permet de faire la distinction entre les termes house et home, le premier faisant référence à la structure, au bâtiment, et le second à tout ce qui constitue le «chez-soi». «C'est l'endroit où on laisse tomber son armure, son ego, lorsqu'on franchit le seuil», dit l'entrepreneur. C'est ce qui fera que le jour où on va déménager, quand le camion sera bien plein et qu'on sera prêts à partir, on va retourner à l'intérieur et regarder la maison vide pour lui faire nos adieux, en nous rappelant tous les beaux samedis matins que nous y avons passés et les amis que nous avons reçus. «On a un attachement émotif à notre maison», dit-il.

Cet attachement vient des gens, poursuit le président de BONE Structure qui, déformation professionnelle oblige, voit un lien direct entre le bien-être des occupants et la construction d'une maison. Une maison doit être en mesure de s'adapter aux besoins des gens qui y vivent, ce qu'on fait trop peu, explique Marc-André Bovet. Une maison, ça ne devrait jamais être statique, dit-il. Il faut définir l'utilisation de l'espace en fonction des occupants.

Ma résidence principale est...

52%
mon refuge
34%
Le giron familial
8%
Un toit, rien de plus
1%
Un gouffre financier
73%
des propriétaires ont l'intention de passer une partie de leurs prochaines vacances à la maison. Ceux qui passent leur vacances à l'extérieur invoquent principalement le désir de voyager.
40%
des propriétaires ont l'intention d'apporter de légères améliorations à leur maison dans les 24 prochains mois, alors que 34% comptent en profiter telle qu'elle est.

Le sondage a été réalisé du 17 au 21 avril auprès de 1000 personnes. Les répondants retenus sont propriétaires de leur résidence principale.

Stéphanie Castonguay, jeune entrepreneure en design, directrice de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE) - image 3.0

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Stéphanie Castonguay, jeune entrepreneure en design, directrice de la compagnie Deux fois deux.

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La maison-miroir

Pour arriver à être bien chez soi, il faut d'abord s'y reconnaître. «Les maisons doivent être à l'image de ceux qui les habitent», dit Stéphanie Castonguay. La designer prône d'ailleurs l'imperfection de la maison et, surtout, a en horreur les ensembles tout faits préparés par des «pros» de la déco. Sa boîte de création de L'Assomption propose d'ailleurs des ateliers où les gens commencent d'abord par penser à eux, à se définir en tant que personnes, avant de choisir la couleur qui ira sur les murs. «Finalement, les gens recherchent beaucoup plus de simplicité dans leur maison, dit-elle. Ils veulent une maison qui se rapproche de leur style, de leurs goûts.»

L'architecte Philippe Lupien est d'accord: une résidence doit ressembler à ses habitants. «On est beaucoup plus libres d'être différents aujourd'hui et nos maisons sont nos miroirs, dit-il. Un miroir multiple de plusieurs personnes.»

C'est précisément les maisons qui réussissent à bien refléter la personnalité de chacun des occupants qui sont les plus harmonieuses.

Tout un défi, estime M. Lupien, qui enseigne à l'École de design de l'UQAM et qui se fait un devoir de bien expliquer à ses étudiants toute l'importance de travailler des espaces en fonction de ceux qui les habiteront. Philippe Lupien est aussi l'animateur de l'émission Visite libre à ARTV, ce qui lui a fait visiter 175 demeures. Un seul propriétaire voulait mettre sa maison en vente, et ceux qui avaient des sentiments négatifs envers leur demeure se comptaient sur les doigts d'une main. «Les gens aiment leur maison, confirme-t-il. Ils en sont fiers.»

Aussi, poursuit l'architecte, la maison a souvent un lien avec nos souvenirs heureux. Souvenirs de voyage, souvenirs de famille. «Ce qui est au début décoratif devient avec le temps identitaire», dit-il. Une maison, ajoute Philippe Lupien, s'inscrit dans une démarche de longue durée, ce qui lui confère inévitablement une valeur que peu de biens matériels obtiendront dans nos vies. «Quand on plante un arbre sur son terrain, il sera toujours là dans 30 ans.»




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