Ébénisterie: la fabrique d'un jouettier

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«Je m'étais dit que [la fabrication de jouerts] serait pour ma retraite. Mais deux ans plus tard, j'étais au Salon des métiers d'art avec mes créations», raconte Alain Mailhot.

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André Laroche

Collaboration spéciale

La Presse

Un atelier renferme une part de mystère et de magie dans une maison. Avec du bois, de la colle et de la peinture, on y fabrique de ses mains des jouets, des bibelots ou des meubles sortis tout droit de son imagination. Comment créer chez soi un atelier digne des lutins du père Noël?

L'ébéniste Alain Mailhot a construit son atelier de rêve avec minutie. Il a disposé chaque outil, pot de teinture et pièce de bois pour fabriquer ses jouets toujours avec le même bonheur. Il nous dévoile ses trucs et astuces.

Plus jeune, Alain Mailhot se destinait à l'actuariat, pas à l'ébénisterie. Mais il n'a pas attendu longtemps avant de changer de direction. Il a quitté le droit et les mathématiques pour se consacrer pendant 15 ans à la sculpture de grande dimension, puis à la rénovation résidentielle. C'est en feuilletant un livre sur les jouets de bois exotique qu'il s'est imaginé en fabriquer un jour.

«Je m'étais dit que ce serait pour ma retraite. Mais deux ans plus tard, j'étais au Salon des métiers d'art avec mes créations.»

Sur les tablettes derrière lui, tout juste sortis de l'atelier, des chatons, des hippopotames, des dinosaures et des orignaux en bois sont prêts à séduire les clients des marchés et des salons.

Ses premiers animaux de bois, Alain Mailhot les a créés dans sa remise de jardin avant de trimballer ses outils d'un atelier collectif à un autre. Il en a tiré l'expérience nécessaire pour créer son propre lieu de création dès qu'il en a eu l'occasion. L'espace qu'il loue dans l'ancienne usine Grover, à l'angle des rues Parthenais et Ontario, est si minuscule que son atelier pourrait tenir dans un bout de sous-sol de bungalow. Et pourtant, il y produit des centaines de pièces par mois.

Optimiser l'espace

«J'ai mis à profit mon côté rationnel que j'avais laissé de côté pour mon travail artistique», explique l'ancien aspirant actuaire avant de nous inviter à faire le (petit) tour du propriétaire. De l'autre côté d'un petit sas aménagé pour garder toute la poussière à l'intérieur, une agréable odeur de sciure de bois charme notre odorat.

D'une superficie de 320 pi2 (25 x 12), l'atelier compte d'un côté deux établis, une table de travail et une multitude d'espaces de rangement pour classer les différentes essences de bois, des petits outils et d'innombrables petites pièces de quincaillerie. L'autre moitié du plancher est complètement dégagée. Pourquoi? Pour avoir tout l'espace nécessaire afin d'installer au besoin l'une ou l'autre station de travail mobile.

La corroyeuse, l'aspirateur, un établi d'appoint et différentes sableuses sont en effet tous montés sur de petits chariots capables de supporter une demi-tonne. Ils sont rangés à portée de main dans l'espace (30 pouces) entre les établis fixes. Il suffit d'étirer le bras, ou plutôt les deux, pour mettre l'outil en place et l'opérer dans un espace amplement suffisant. Ils se rangent tout aussi bien, en quelques secondes.

«Avant même de construire mon atelier, j'ai réfléchi... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRéCHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

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«Avant même de construire mon atelier, j'ai réfléchi à l'espace nécessaire pour bien utiliser et ranger facilement chaque outil dans un minimum de place», dit Alain Mailhot.

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«Avant même de construire mon atelier, j'ai réfléchi à l'espace nécessaire pour bien utiliser et ranger facilement chaque outil dans un minimum de place.»

Comme l'assemblage des jouets peut exiger plusieurs heures de travail consécutives, le jouettier s'est aménagé une confortable table de travail pour pouvoir travailler longuement en position assise. Autour de lui se trouvent des dizaines de casiers où sont rangés les vis, boulons, écrous et autres ferrures nécessaires à la confection de ses petits animaux.

Au-dessus de sa tête, sur une grande mezzanine, un grand nombre de pièces de bois récupérées dans des ateliers industriels ou tirées de vieux meubles sont remisées sur une grande mezzanine. Mais on en trouve aussi adossées au mur du fond. «C'est préférable de les ranger à la verticale pour éviter qu'elles gauchissent. Cela économise aussi l'espace.»

De l'espace, Alain Mailhot pourrait en prendre plus s'il acceptait de prendre de l'expansion. Des chaînes de boutiques lui ont maintes fois offert de vendre ses animaux de bois. «Cela m'obligerait à embaucher trois ou quatre employés et de louer un atelier plus grand. Mais je ne veux pas ça. Ce que j'aime, c'est de faire mes animaux dans mon atelier.»

Bons coups

Filtre à air

Soucieux de la santé de ses poumons, Alain Mailhot a acheté pour 300 $ un filtre capable de purifier l'air de son atelier plusieurs fois par heure.

Éclairage

Plusieurs plafonniers au néon éclairent l'atelier au complet. Des lampes d'appoint ont été ajoutées aux établis et à la table de travail.

Humidité

Le chauffage électrique est gardé à une température basse pour éviter d'assécher le bois. Alain Mailhot tente de conserver un taux d'humidité entre 30 et 40 % dans son atelier.

Roues

Des ensembles de roues unidirectionnelles et multidirectionnelles, munies de freins, permettent de construire des chariots pratiques pour déplacer les outils lourds.




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