Une nouvelle vie de famille

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Mélanie Roy
La Presse

Devenir propriétaire, enfin, et gagner en espace, en plus, voilà un vrai rêve pour une jeune famille. Et pour se doter d'un foyer à son image, quelques règles bien choisies - et bien suivies - ne font pas de tort. Au contraire. Bienvenue chez les Huot-Gagnon.

Alors qu'ils avaient jeté leur dévolu sur un condo sur plan, dont la construction ne cessait d'être différée, le destin, caché sous les formes d'une tarte tatin, a plutôt voulu qu'Evelyne Gagnon et Charles Huot élisent domicile dans un quartier familial, à l'extrémité nord de Montréal. Juste à temps pour l'arrivée du petit Henri.

Charles évoque les tours et détours qui ont mené au retrait de leur offre d'achat d'un condo sur plan dans le Plateau-Mont-Royal. Puis, il laisse à sa conjointe le soin de raconter «la partie romantique» de l'histoire, à l'origine de leur emménagement sur le boulevard Gouin. Elle se lit à peu près comme ceci: une collègue d'Evelyne, informée des recherches (et déceptions) du couple, la convie à un après-midi pâtisserie, à l'occasion duquel elle «arrange», à son insu, un rendez-vous avec la propriétaire du dessus, qui vient de mettre son condo en vente.

Piquée de curiosité, Evelyne accepte de monter à l'étage: «C'était beau, chaleureux, lumineux. Mais surtout, j'ai eu l'impression, rare, d'entrer dans une maison plutôt que dans un appartement-couloir, typique des habitations montréalaises. Des couloirs larges, des pièces immenses, des fenêtres partout, une grande cour arrière pour jouer...» Qui plus est, elle est conquise sur-le-champ par cette ancienne paroisse appelée Sault-au-Récollet, un «petit village en ville» situé dans l'arrondissement d'Ahunstic-Cartierville, au nord de Montréal. À deux pas de l'entrée du parc de l'Île-de-la-Visitation, de la rivière des Prairies, de l'église de la Visitation.

«Mais nous n'étions pas libres, poursuit Evelyne, notre coeur était déjà pris...» De retour à la maison (avec ses tartes tatin), Charles lui apprend que de nouveaux délais retardent encore la prise de possession de leur condo. Il n'en fallait pas plus pour la convaincre de retourner visiter l'appartement avec lui, «pour voir». Le charme opère une seconde fois. Au retour des Fêtes, en janvier 2012, ils se retirent du projet de condo et font une offre sur l'appartement, qui est acceptée.

Penser l'espace

Pendant des mois, ils ont conçu des plans, réfléchi à leur vision de l'appartement, à ce qu'ils souhaitaient qu'il devienne. Pendant six ans, ils ont été locataires d'un petit trois-pièces du Plateau-Mont-Royal. Ils ont appris à travailler avec les petits espaces, à les optimiser sans qu'ils ne paraissent jamais encombrés. Maintenant qu'ils disposent d'une superficie plus vaste (un grand six-pièces; 1300 pi2 au total), ils se sont promis de ne pas tomber dans le piège inverse. Au contraire, ils voulaient aérer le plus possible, afin de conserver une impression de grandeur et d'ouverture. Le mur de l'entrée, mitoyen de l'actuelle salle de séjour et du bureau, a été abattu pour laisser filtrer un maximum de lumière. La configuration des lieux a aussi été repensée. Dans la cuisine, au coeur de laquelle siégeait autrefois la table à manger, ils ont plutôt choisi de construire un îlot central et de réserver la pièce adjacente à la salle à manger.

«Nous voulions créer un environnement invitant et accueillant, explique Evelyne. Nous avons habité pendant six ans un logement qui ne nous permettait pas, espace réduit oblige, d'asseoir nos proches et invités autour d'une même grande tablée. Notre désir d'une pièce entière pour recevoir, dans laquelle trônerait une table à manger longue de sept pieds, et presque rien d'autre, est né de cette insatisfaction.» Douce revanche.

Les heureux parents d'un petit garçon de quelques mois, né peu de temps après leur déménagement, attribuent d'autres fonctions à cette pièce familiale. «Plus tard, ce sera aussi la table à colorier et à bricoler d'Henri. Et celle consacrée aux devoirs, quand il sera plus grand», poursuit Evelyne.

Les deux immenses bibliothèques qui occupent tout le mur du salon ont aussi été pensées pour leur polyvalence. Parce que l'espace le permettait, et toujours dans l'esprit d'en créer un lieu à la fois ordonné et désencombré, Evelyne et Charles n'ont pas hésité à jouer avec «l'infiniment petit et l'extrêmement grand». Plutôt qu'avec la multiplication des meubles et objets, par exemple, qui évoquent plus rapidement un sentiment de surcharge. «Les bibliothèques servent à tout: à ranger les jouets d'Henri, dont l'aire de jeux a été aménagée dans le salon, les livres [nombreux, et classés par hauteurs; Evelyne enseigne la littérature dans un cégep], les disques, amplis et tourne-disques [Charles est musicien], les boîtes-classeurs, etc.»

Couleurs et rigueur

Côté décoration, le couple qualifie le style privilégié de «champêtre chic». Ils ont puisé leur inspiration en épluchant les blogues spécialisés (Evelyne cite The Style Files), Pinterest, le magazine Dwell. On en trouve l'expression dans le lavabo en céramique blanche, les comptoirs en bois, les tablettes à aire ouverte, style campagnard, peintes en blanc, le dosseret tapissé de briques blanches, le garde-manger gardé presque intact, les lampes suspendues, un modèle unique créé par Lambert&fils Éclairage à partir d'abat-jour en verre datés de 1920, joli clin d'oeil à l'année de construction de l'immeuble. Ils ont aussi choisi de faire le (dur) sacrifice des boiseries et des moulures, qu'ils ont recouvertes de blanc, de même que les planchers des garde-robes.

Ils ont aussi imaginé une maison déclinée dans des couleurs plutôt froides, comme le blanc, le gris pâle, le bleu délavé, le vieux rose et le pistache. Ce «système des couleurs», qui devient à ses heures un système de classement (les vêtements), leur a permis d'assurer la cohésion, l'homogénéité de l'ensemble de l'appartement. Plutôt que différents univers isolés, chacune des pièces est la continuité, le prolongement de l'autre. Tous les murs ont été peints de la même teinte (Gallery White de Behr, un gris pâle), à l'exception de la salle à manger (Blanc pâtisserie de Martha Stewart, un vert-bleu-gris plus gourmand), qui forme une petite enclave ensoleillée et ludique, dans laquelle ils se sont permis «plus de liberté». Tous les détails suivent cette logique: les rideaux sont identiques dans toutes les pièces, de même que les accessoires (la vaisselle, les ballons d'enfants, les chaises, la literie) rappellent et ponctuent par petites touches les couleurs adoptées. Tout a été minutieusement étudié. Même la chambre d'Henri n'y a pas échappé!

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