Un kalanchoé à clochettes

Pierre Gingras

Les kalanchoés sont considérés comme les plantes d'intérieur les plus populaires au monde avec les orchidées phalaénopsis.

La production annuelle est de l'ordre de quelques centaines de millions de plants et en Afrique du Sud, par exemple, l'usine Safropa de la multinationale horticole Fides produit à elle seule autour de 100 millions de boutures par année. Mondialisation oblige, les boutures voyagent partout sur la planète afin de poursuivre leur croissance chez un pépiniériste et terminer leur carrière dans notre salon.

 

Cette popularité s'explique facilement. Toujours vendue en fleurs, la plante est offerte presque toute l'année, ses coloris sont innombrables et la floraison très abondante s'étend habituellement sur un mois ou deux avec un entretien minimal. De plus, les plants sont peu coûteux, autour de 5$ à 10$. Si bien que la plupart des consommateurs les jettent après usage.

Le monde des kalanchoés est toujours en effervescence. On teste constamment des milliers d'hybrides, ce qui explique que de nombreuses nouveautés, parfois étonnantes, font leur apparition chaque année sur le marché. C'est le cas notamment de la lignée Bells, dont deux ou trois cultivars viennent tout juste d'être mis en vente au Canada.

Si on ne s'entend pas sur leur origine, ces nouvelles plantes diffèrent des kalanchoés traditionnels ou encore des lignées à fleurs doubles comme les «Calandiva», tous deux des rejetons de l'espèce Kalanchoe blossefldiana de Madagascar. Leurs fleurs originales en forme de clochettes, comme leur nom l'indique, s'épanouissent sur une hampe florale bien au-dessus du feuillage. Le «Magic Bells» nous présente des fleurs rosâtres, fort jolies, alors que celles de son cousin, «Lucky Bells», sont verdâtres. La nouveauté la plus intéressante à mon avis est «Pearl Bells», dont les fleurs sont rouge vif mais passent au rose en vieillissant. Issu d'une autre lignée, «Mirabelle» nous offre pour sa part une floraison rouge mais beaucoup plus dense.

D'autres nouveaux venus ont aussi attiré mon attention: les kalanchoés aux fleurs doubles de la lignée Queen, dont le «Sophisticated Pink», aux fleurs roses et bien dégagées du feuillage, des plantes originaires d'une firme danoise.

Une nouvelle floraison

On compte autour de 144 espèces de kalanchoés dans le monde, dont un bon nombre nous vient du territoire malgache, comme c'est le cas du Kalanchoe blossfeldiana, du nom d'un certain Blossfeld qui était à l'époque commerçant en horticulture à Postdam, en Allemagne. D'autres sont d'origine de l'Afrique continentale, du nord au sud, ou encore d'Asie, d'Australie et même de l'Amérique tropicale.

Ce sont toutes des plantes grasses de la grande famille des crassulas et plusieurs ont des formes étranges; elles sont cultivées avant tout pour leur feuillage, comme Kalanchoe beharensis, aux feuilles recouvertes d'un velours verdâtre, une espèce qui répond souvent au nom commercial d'oreilles d'éléphant. Autre curiosité, la plante «Panda» (K. tomentosa), plus délicate, prisée elle aussi pour son feuillage duveteux. Kalanchoe thyrsifolia fait aussi partie de ces espèces qui se démarquent. Ses feuilles rondes, charnues et lisses, de 10 à 15 cm, tournent en partie au rouge vif quand la température ambiante est fraîche.

Si on se débarrasse habituellement des kalanchoés dès qu'ils montrent un peu de lassitude, on peut aussi les faire fleurir à nouveau avec un minimum de soins, indique André Mousseau, le proprio de la pépinière le Cactus Fleuri, à Sainte-Madeleine, un producteur de plantes grasses. Le serriste conseille d'installer le plant en position ensoleillée et de lui offrir de la fraîcheur durant la nuit, autour de 15 C, de préférence. On arrose quand le terreau est sec, jamais plus d'une fois par semaine au cours de l'hiver. Si on a pris soin d'éliminer systématiquement les fleurs fanées lors de la première floraison, la plante devrait fleurir à nouveau un mois plus tard, mais de façon moins abondante.

Par la suite, on pourra alors couper le plant du tiers de sa taille et le fertiliser aux deux semaines. En septembre, on le placera un mois durant dans une pièce qui n'est pas éclairée la nuit. Les premiers bourgeons devraient se manifester en novembre et la floraison commencer en janvier.

 

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