Le murmure du ruisseau chinois

Pei-Yuan Han a conçu et réalisé chaque partie... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Pei-Yuan Han a conçu et réalisé chaque partie de son jardin.

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On ne sait jamais ce qui se cache derrière la porte d'un jardin qu'on va ouvrir pour la première fois. Parfois, on entre dans... une autre dimension.

C'est un peu ce qu'on ressent en entrant dans le jardin de Pei-Yuan Han. Les pierres vêtues de mousse qui émergent ici et là, le murmure du ruisseau, l'étang tranquille où flottent des plantes aquatiques, ces arbustes qui en cachent d'autres... L'endroit, comme une petite forêt, semble avoir été sculpté par la nature elle-même.

Et pourtant. C'est Pei-Yuan Han qui l'a fait, ce jardin. Dans sa cour, en plein centre-ville de Montréal. Un jardin chinois, bien sûr, qu'il a conçu et aménagé au fil du temps. À 77 ans, l'homme continue de s'occuper de son «lopin» de terre, qui est enclavé entre deux murs mitoyens et une grande palissade donnant sur la ruelle. Mine de rien, c'est toute une philosophie qui se cache derrière ce jardin de ville.

«En Chine, il y a deux mots très importants pour définir le paysage: la montagne et l'eau. La montagne, c'est le roc, le squelette, et l'eau, c'est le sang qui circule.»

Du vert à l'année

Quand Pei-Yuan Han a acheté sa maison, il y a plus de 20 ans, il n'y avait pas grand-chose qui poussait sous le grand arbre à ombre dense qui prenait toute la place dans la petite cour. De surcroît, l'arbre perdait ses feuilles en hiver. Pei-Yuan Han trouvait cela trop triste. Il l'a fait couper et a entrepris d'y faire ce jardin, dans lequel trônent désormais des arbres et des arbustes qui, pour plusieurs, restent verts à l'année.

Mais avant de planter quoi que ce soit, il a commencé par assembler de grosses dalles «comme un puzzle», et les a fait relier avec du ciment. Elles sont surmontées par cinq pierres, qui représentent les cinq montagnes sacrées de Chine. C'est ici, au sommet de ces «cinq montagnes», que part la source qui alimente le ruisseau. «Ces cinq pierres, c'est sentimental. C'est un souvenir de mon pays natal», souffle Pei-Yuan Han.

Les plantes et leur signification

Dans ce jardin savamment construit, chaque plante a une signification.

La pivoine, avec sa couleur riche et sa forme voluptueuse, est le symbole de la prospérité, explique le jardinier. Le bambou, très droit, mais creux en dedans, symbolise la droiture et l'humilité. Le cèdre représente la vitalité, la sagesse et la longévité...

L'homme aurait bien voulu planter du lotus dans son petit étang. Mais la plante, qui symbolise la pureté et la perfection, s'y serait sentie trop à l'étroit, se désole-t-il.

Le gravillon pour l'eau

On se promène dans le jardin par un petit sentier en gravillons de couleur pâle. C'est aussi une représentation de l'eau, signale Pei-Yuan Han, car de l'eau, on ne peut pas en mettre partout, dit-il en rigolant. C'est d'ailleurs ce principe qu'il a appliqué dans son petit parterre, en façade de la maison. Les gravillons y symbolisent l'eau, et même dans ce petit espace, on y trouve un sentier pour marcher. Mais ne cherchez pas les fleurs, il n'y en a pas, ou très peu, en façade. Avec leurs couleurs, elles représentent la tentation. Pei-Yuan Han voulait garder cet espace pur et humble.

Pei-Huan Han a quitté la Chine il y a 60 ans. Il a vécu 10 ans au Japon et a fini par s'établir au Canada. À l'instar du lotus, l'attachement à ses racines profondes est toujours resté, comme en fait foi son magnifique jardin.




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