Rêves de cabane, cabanes de rêve

La maisonnette n'est pas perchée, mais douillettement nichée... (Photo Jessica Garneau, La Tribune)

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La maisonnette n'est pas perchée, mais douillettement nichée sous un grand érable au fond de la cour, ce qui est aussi bien puisque cela la rend facile d'accès.

Photo Jessica Garneau, La Tribune

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Ce rêve d'une cabane, refuge où jouer, inventer les plus folles histoires, braver les loups-garous et partager des secrets, il n'a pas besoin de grand-chose pour devenir réalité. Un peu d'huile de coude et d'imagination, des matériaux recyclés et, surtout, le désir de créer quelque chose de magique suffisent.

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Une cabane rétro-moderne

SHERBROOKE - Quand ils sont passés à l'acte, l'an dernier, Julie Morissette et Jean-Philippe Bombardier caressaient ce rêve depuis un moment déjà. Depuis, en fait, qu'ils avaient «à peu près» fini de restaurer (a-t-on jamais fini?) la jolie maison ancienne qu'ils habitent dans un vieux quartier tortueux de Lennoxville, à Sherbrooke.

Julie, dans sa région natale de Drummondville, avait eu la chance de jouer dans une cabane à elle. Jean-Philippe, comptable dans la vie mais bricoleur dans l'âme, en avait lui-même construit quelques-unes dans sa jeunesse. Les deux, amoureux d'objets anciens ou insolites, écument les ventes-débarras et les brocantes depuis toujours. Ils adorent donner une seconde vie aux choses et mélanger les styles - ce qu'ils ont fait avec bonheur dans leur maison. Aussi, l'an dernier, quand les parents de Julie ont décidé de se débarrasser d'un petit chalet qui menaçait ruine sur leur terre à bois, le déclic s'est fait.

«Je pensais depuis un certain temps à construire une cabane pour les enfants [NDLR: Cécile, 4 ans, et Simone, un an et demi], raconte Jean-Philippe. On a décidé de récupérer des éléments du chalet, qu'on a transportés ici. J'ai réutilisé le plancher tel quel, que j'ai posé sur une assise de blocs de ciment. Puis j'ai bâti les murs en sections et je les ai ensuite assemblés, un peu à la façon d'une maison modulaire.»

Avant de procéder, pour être bien sûr de son affaire, Jean-Philippe a réalisé une maquette à l'échelle. De l'ébauche du projet à la pose du dernier clou, il lui a fallu trois bons mois de travail à travers le boulot à temps plein et les exigences de la vie de famille.

«Je suis passionné d'ébénisterie, j'adore travailler le bois. Quand je fais des choses comme ça, le soir, je n'ai pas l'impression de travailler, je m'amuse!»

Jean-Philippe Bombardier

Le résultat est ravissant. Le bois naturellement gris, les fenêtres horizontales encadrées de noir, l'angle du toit de tôle, les lignes pures donnent à la cabane une allure résolument contemporaine, tandis que le turquoise de la porte ou le petit mobilier des années 50 lui confèrent une irrésistible touche rétro.

Julie, spécialiste en marketing qui s'apprête à lancer sa petite entreprise d'objets de décoration (tiens donc!), a aménagé l'intérieur avec un goût et un humour charmants. On adore l'ancien robinet de baignoire qui surplombe l'«évier» (un petit bol en inox inséré dans un bout de contreplaqué), la table et les chaises chromées (qui avaient servi au papa de Julie quand il était enfant), les moules à gâteau rétro... Tout a été chiné ici et là ou donné par la famille ou les amis. La seule dépense a été consacrée à l'achat de quelques indispensables pièces de bois pour la charpente.

La maisonnette n'est pas perchée, mais douillettement nichée sous un grand érable au fond de la cour, ce qui est aussi bien puisque cela la rend facile d'accès. Résultat, les petites y jouent beaucoup, de même que les enfants du voisinage. «Ils sont parfois six, sept là-dedans», dit Julie, amusée, pendant que Cécile lui apporte sa dernière création culinaire, une délicieuse crêpe au sable (miam!). Même la petite Simone se laisse prendre au jeu et goûte, avec peut-être un peu trop de conviction, le plat concocté par sa soeur, avant de le recracher en grimaçant dans l'hilarité générale.

Prochain projet: y passer la nuit, dit Julie. La fabrique à souvenirs est ouverte!

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La cabane d'un jeune inventeur

SAINTE-MARCELLINE-DE-KILDARE - Une bonne journée, alors qu'il s'ennuyait ferme au chalet d'amis de ses parents dans Lanaudière, Zachary s'est mis en tête de construire une plateforme dans les arbres avec des restes de bois qui traînaient par là.

Tape, coupe, cogne, quand la famille est revenue de la plage, surprise! La plateforme était là, bien droite, solidement arrimée à trois ou quatre épinettes. «C'était donc ça qu'on entendait depuis deux heures!», s'est exclamée sa mère, Mélanie Larente. Tout le monde était scié, c'est le cas de le dire. Précisons que Zachary n'avait alors que 12 ans.

«On n'en est pas revenus, raconte Mélanie. Zachary a un déficit de l'attention, ce qui fait qu'il a des difficultés à l'école, mais il a toujours été doué pour le 3D, la physique, la chimie, la mécanique. À la maison, il a un atelier où il bricole toutes sortes de choses... Quand on a vu ça, on n'a pu que l'encourager, alors on lui a offert du bois en cadeau pour qu'il puisse continuer sa cabane.»

C'est comme ça que Zack, comme on l'appelle affectueusement, a fini par construire tout seul une vraie de vraie belle cabane en même pas deux semaines. Il n'a eu de l'aide que pour le toit, que son grand-père lui a conseillé de finir en bardeaux de cèdre plutôt qu'en tôle. Ils ont fait ça ensemble. «La pomme est tombée près de l'arbre», dit fièrement Zachary en parlant de son grand-père, lui-même patenteux patenté qui, à 16 ans, a bâti de ses mains la maison familiale!

À 14 ans, Zack a une fibre d'inventeur, c'est clair. Il faut voir sa «zackboni», une surfaceuse qu'il a mise au point avec un balai-brosse, un chiffon, un bidon de plastique et un bout de tuyau d'arrosage, qui permet d'entretenir la patinoire qu'on aménage sur le lac, l'hiver. Un chef-d'oeuvre d'ingéniosité et de simplicité!

Quant à sa cabane, elle a un petit air de bateau pirate avec sa surface polygonale, dictée par la forme de la feuille de contreplaqué dont il disposait au départ.

Zack, qui revoit son oeuvre pour la première fois cet été, examine d'un oeil critique des planches qui se sont déclouées pendant l'hiver. «Ah, je suis pas trop content de mes coupes», dit-il tout bas en passant sa main sur un rebord un peu inégal. Puis il va chercher le tournevis électrique, qu'il manie comme un pro, pour consolider quelques planches. Il parle d'installer un monte-charge afin que les enfants puissent emporter des choses là-haut. «Le voisin a justement une poulie de corde à linge qui ne sert pas...»

On n'a pas besoin de le cuisiner longtemps pour comprendre qu'il a déjà en tête une autre cabane, une version améliorée qu'il bâtirait cette fois autour d'un seul arbre, «pour qu'on sente le balancement de l'arbre dans le vent, et aussi pour que l'arbre puisse grandir avec la cabane».

Comme tous les inventeurs, on le voit bien, Zachary est aussi un peu poète...

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