L'auberge d'une nouvelle vie

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L'agent immobilier qui a reçu Michel Gagné et Bertin Jacques dans son bureau de Sutton, il y a quelques années, a dû trouver que les deux hommes étaient de bien drôles d'oiseaux. Ils voulaient acheter quelque chose dans le village, mais... ne savaient pas exactement quoi.

Quelques mois plus tôt, les deux Montréalais avaient décidé de quitter leur carrière respective en informatique et en relation de presse pour «tout laisser tomber et changer de vie». «On avait un côté créatif qu'on avait le goût d'exploiter», dit Michel Gagné.

C'est une maison victorienne située à deux pas de la rue principale de Sutton qui allait leur en fournir l'occasion. Bâtie en 1903 pour le médecin du village, la grande demeure verte avait changé de vocation plus d'une fois au fil des années, passant de théâtre d'été à immeuble résidentiel à maison placardée.

Lorsque Michel Gagné et Bertin Jacques ont visité la maison, elle s'appelait l'auberge Le St-Amour, et avait des chambres aux fresques inspirées de Monet et de Renoir. «C'était très champêtre, mais très dépareillé. Ça ressemblait à une auberge de jeunesse», se souviennent-ils.

Il fallait un brin d'imagination pour passer outre les faux finis. Heureusement pour la maison, son charme et son passé patrimonial n'ont pas échappé à l'oeil des deux amateurs de décoration contemporaine.

«Quand je suis entré ici, j'ai oublié tout le reste, même s'il y avait beaucoup à faire», relate Michel Gagné devant le foyer qui orne ce qui est devenu un petit salon.

Beaucoup à faire, c'est peu dire. Après la fermeture de l'auberge Le St-Amour, que les nouveaux propriétaires ont continué de gérer pendant quelque temps, il a fallu trois mois pour changer l'aspect des lieux. Tout devait être prêt pour juillet, puisqu'un groupe de touristes avait déjà réservé.

«Quand on ne sait pas ce que c'est, de faire ce genre de projet, on se dit: «Allons-y!» Et quand on a les deux pieds dedans, on ne peut pas virer de bord», dit Bertin Jacques.

Malgré le temps limité, rien n'a été laissé au hasard. Un logiciel de modélisation 3D a permis de voir chaque pièce avant qu'elle ne soit agencée.

Aujourd'hui, lorsqu'on visite l'hôtel avec ses propriétaires, on comprend vite pourquoi cette planification était essentielle. Avec son grenier pentu, ses fenêtres en mansarde et des pièces parfois bizarrement divisées, les 10 chambres ont dû être repensées une à une.

Par exemple, les têtes de lit fabriquées par les propriétaires ont beau être semblables, elles n'ont pas toutes les mêmes dimensions, selon la chambre où elles se trouvent. Le magasinage a été intense, les journées de 18 heures se sont multipliées. «On a eu beaucoup de plaisir, ç'a été la partie la plus agréable, se souvient Michel Gagné. On a eu une vision en entrant dans la maison, mais on ne savait pas que ça allait se concrétiser.»

Trois mois plus tard, donc, naissait le Pleasant. Dans la cuisine, un plateau de sciage trahissait tout le travail accompli, mais les cyclistes qui se sont présentés n'ont sans doute rien vu. Les deux propriétaires étaient fin prêts. Leur nouvelle vie venait de commencer.

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