Mort de Zaha Hadid, l'architecte irako-britannique au succès international

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Zaha Hadid a également été la première femme à remporter la prestigieuse médaille d'or royale pour l'architecture pour l'année 2016, après Jean Nouvel, Frank Gehry ou Oscar Niemeyer.

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Ouerdya Ait Abdelmalek
Agence France-Presse
Londres

Zaha Hadid, figure phare de l'architecture contemporaine, est brusquement décédée jeudi à l'âge de 65 ans dans un hôpital de Miami, aux États-Unis, d'une crise cardiaque consécutive à une bronchite.

«C'est avec une grande tristesse que Zaha Hadid Architects confirme que Zaha Hadid est décédée subitement à Miami tôt ce matin. Elle souffrait d'une bronchite contractée plus tôt cette semaine et a eu une crise cardiaque pendant son traitement à l'hôpital», a annoncé son cabinet d'architecture, dont le siège est situé au coeur de Londres, dans le quartier de Clerkenwell.

Avec ce décès, le monde de l'architecture perd une de ses vedettes mondiales, et la première et unique femme à obtenir le prix Pritzker, l'équivalent du Nobel chez les architectes. C'était en 2004.

Elle a également été la première femme à remporter la prestigieuse médaille d'or royale pour l'architecture pour l'année 2016, après Jean Nouvel, Frank Gehry ou Oscar Niemeyer.

Le ministre britannique de la Culture Ed Vaizey s'est dit «stupéfait» par la nouvelle, louant dans un tweet «l'énorme contribution à l'architecture moderne» apportée par Zaha Hadid.

Le premier ministre irakien Haïder al-Abadi a lui estimé «que sa créativité avait bénéficié au monde entier (...) qui perd quelqu'un d'une grande énergie», dans un communiqué.

Pour Richard Rogers, l'un des architectes du Centre Pompidou à Paris, «c'est une très grande perte» pour le monde de l'architecture.

«Parmi les architectes ayant émergé au cours des dernières décennies, personne n'a eu autant d'impact qu'elle», a-t-il déclaré au quotidien The Guardian.

Femme architecte, un combat

Se revendiquant du déconstructivisme, courant qui remet en question les canons architecturaux classiques et revendique de repenser la géométrie des bâtiments, Zaha Hadid était réclamée aux quatre coins du monde.

On lui doit notamment le tremplin de saut à ski d'Innsbruck en Autriche, l'opéra de Canton en Chine, le MAXXI (Musée national des arts du XXIe siècle) à Rome et la tour du 3e groupe de transport maritime mondial CMA-CGM à Marseille (France).

Elle a également créé la piscine des JO de Londres en 2012 et le Musée Guggenheim de Taichung (Taïwan). Ses bâtiments aux concepts mixtes marient souvent lignes obliques tendues et courbes, en quête d'apesanteur.

Son succès en tant que femme dans un milieu toujours très masculin n'a pourtant pas été une évidence, a-t-elle déclaré à de multiples reprises.

Cette brune aux formes épanouies et au caractère bien trempé confiait ainsi à l'AFP au milieu des années 2000 que pour percer, «ce n'est pas tant le racisme que le fait d'être une femme en Grande-Bretagne qui a longtemps fait obstacle».

«Oui, j'ai réussi, mais la route n'était ni facile ni parsemée de roses; c'est le résultat d'un très long combat. Au début, j'étais une acharnée de boulot et je travaillais de jour comme de nuit», a-t-elle dit en 2012 au Courrier de l'architecte.

Zaha Hadid est née en Irak en 1950 où elle reçoit une éducation libérale. Elle a d'abord choisi d'étudier les mathématiques, obtenant une licence de l'université américaine de Beyrouth, avant d'opter pour l'architecture.

Diplômée de l'Association d'architecture de Londres en 1977, elle décide de rester dans cette ville où elle crée son cabinet dès 1979 tout en collaborant avec l'Office for Metropolitan Architecture (OMA).

Son succès a été terni récemment par une polémique sur le stade Al Wakrah qu'elle a conçu pour le Mondial 2022 au Qatar - elle a nié lors d'une interview sur la BBC la mort d'ouvriers lors de la construction - et par une déconvenue au Japon.

. Choisie pour superviser la construction du stade olympique pour les JO de Tokyo en 2020, son projet, jugé trop onéreux, a finalement été abandonné en 2015.

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