S'inspirer du passé

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Implantée sur un léger promontoire, la maison de ferme de Pierre Thibault date du début du XIXe siècle et est située à Saint-Gervais, dans la région de Chaudière-Appalaches. «Mon père l'a achetée en guise de résidence secondaire, alors que j'avais 8 ans», confie l'architecte.

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Lucie Lavigne
Lucie Lavigne
La Presse

L'habitation rurale québécoise, notamment la maison de ferme traditionnelle, a évolué au gré des époques. Construite selon le bon sens commun des bâtisseurs, elle repose sur des principes éprouvés et certains aménagements... de nouveau cotés. La preuve en cinq exemples.

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Bien positionnée, la grange protège la maison des vents froids d'hiver. L'architecte a peint les bâtiments de l'ancienne ferme en blanc, «afin de rehausser la pureté des volumes», dit-il.

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L'implantation

La position (ou implantation) d'une construction sur un terrain est un principe fondamental, souligne l'architecte Pierre Thibault, qui a récemment rafraîchi sa maison de ferme. Acquise par son père, elle date du début du XIXe siècle. « On détermine une implantation pour favoriser, notamment, les vues, une exposition au sud ou pour éviter les inondations lors de la fonte des neiges, en choisissant un point surélevé », détaille-t-il.

« Historiquement, on privilégiait une surélévation afin d'obtenir de meilleures assises, comme le roc, pour construire », enchaîne Paul-Louis Martin, professeur retraité du département des sciences humaines à l'UQTR. Autres avantages : « Le vent balaie plus facilement la neige et le propriétaire domine son petit territoire », dit-il.

Se protéger des vents

Autre principe d'implantation éprouvé : une disposition logique des bâtiments offre une protection aux vents. « Les bâtisseurs d'autrefois connaissaient tout autant leurs matériaux que leur territoire, affirme Pierre Thibault. Ma maison de ferme, par exemple, est protégée des vents froids d'hiver par la grange. Sans compter l'érablière, qui fait aussi écran, au sud-ouest. »

« Comme les maisons traditionnelles avaient, bien souvent, un plan rectangulaire, on prenait soin d'orienter le plus petit pan de la maison (mur-pignon) aux vents dominants de l'ouest. Même chose pour les granges », mentionne Paul-Louis Martin.

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Des étudiants en architecture réunis dans la maison de ferme ancestrale de Pierre Thibault, professeur à l'Université Laval.

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Matériaux et rusticité

Pierre, pin, pruche, épinette... Écologiques avant l'heure, « les bâtisseurs utilisaient les matériaux qu'ils trouvaient sur leur terre ou à proximité », rappelle Pierre Thibault, qui enseigne à l'Université Laval. Ce dernier amène parfois ses étudiants à sa maison de ferme, lors de critiques. « Tous m'avouent s'y sentir particulièrement bien, témoigne l'architecte. Ils admirent, entre autres, la solidité de la structure du plafond, composée de très grandes poutres équarries, la justesse des proportions, ainsi que la rusticité des matériaux, comme le plancher d'origine fait de larges lattes de boit brut. » La grande pièce de vie a été « rajeunie » avec une peinture blanche au fini lustré. « Afin d'illuminer l'intérieur et de mettre en valeur la texture du bois. »

Grenier, cuisine d'été...

Cuisine d'été, grenier, dépense ou garde-manger... Ces annexes et rangements d'antan ont de nouveau la cote, chez les amateurs d'aménagement. « La cuisine d'été était une annexe qu'on ajoutait sur l'un des murs-pignons de la maison et on y préparait les repas sur un poêle à bois. Ce qui évitait de chauffer la " grande " maison pendant l'été », explique Paul-Louis Martin. Sorte de transposition moderne de la cuisine d'été, la pièce moustiquaire, un espace fort prisé par l'architecte Pierre Thibault, permet, elle aussi, de cuisiner, manger et, surtout, de profiter de l'été, à l'abri. Enfin, même l'idée du grenier et celle de dormir sous les combles font rêver...

Toit en pente

Après les toits plats, au tour des toitures à double versants et aux formes rectangulaires épurées (« A-frame ») de captiver les amateurs d'architecture contemporaine. « Dans le passé, on construisait des toitures à double pente, car c'était la solution la plus simple et la moins coûteuse, fait remarquer Paul-Louis Martin. Sous le Régime français, poursuit-il, les pentes étaient raides, mais après 1825, on a commencé à ajouter un avant-toit retroussé, à la mode chinoise. Une influence esthétique rapportée par les colonisateurs britanniques, au retour d'Asie. »

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