Le mont Royal patrimonial: les bienfaits d'une protection nationale

L'avenue de l'Esplanade, en face du parc Jeanne-Mance,... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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L'avenue de l'Esplanade, en face du parc Jeanne-Mance, a été ouverte au début du XXe siècle, comme avenue de prestige. Arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

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Que serait Montréal sans sa montagne ? Certains n'ont qu'à franchir le seuil de leur porte pour se retrouver sur ses pentes ! Ils habitent le Site patrimonial déclaré du Mont-Royal. Au cours des prochaines semaines, nous rendrons visite à ces voisins de la montagne. Mais d'abord, regard sur les effets du statut protégé qui a été attribué au site il y a 10 ans.

Le boulevard Édouard-Montpetit, du nom d'un avocat, économiste... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 1.0

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Le boulevard Édouard-Montpetit, du nom d'un avocat, économiste et universitaire dont la vie fut liée à l'Université de Montréal. L'université a son édifice principal en face des immeubles montrés sur la photo. Arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

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Il y a 10 ans et des poussières, le mont Royal acquérait un statut unique au Québec, du fait d'une double reconnaissance, comme site historique et comme site naturel. Le gouvernement du Québec lui accordait une protection nationale, en adoptant le Décret de l'arrondissement historique et naturel du mont Royal, en vertu de la Loi sur les biens culturels. En 2012, Québec changeait le nom pour « Site patrimonial déclaré du Mont-Royal ».

Le décret provincial renforce l'obligation de protection, fait observer Dinu Bumbaru, directeur des politiques chez Héritage Montréal. « Avant 2005, on avait déjà une réglementation municipale relative au patrimoine, rappelle-t-il. Mais comme les villes tirent leurs revenus des taxes foncières, ça crée un conflit d'intérêts. La protection de Québec apporte une discipline.

« De plus, le décret a créé une attention au-delà des positions politiques et administratives locales. Un exemple : les nouveaux sentiers du parc du Troisième- Sommet (Outremont), ouverts au public, sont le fruit d'une collaboration entre trois organismes indépendants : la Ville de Montréal et les deux propriétaires concernés, le Cimetière Notre-Dame- des-Neiges et l'Université de Montréal. »

Hélène Panaïoti, directrice des communications chez Les Amis de la montagne, affirme elle aussi que le décret pose des balises protectrices. « Il donne les grandes orientations à suivre pour la protection et la mise en valeur des patrimoines bâti et naturel du site, dit-elle. C'est une valeur ajoutée pour tous les résidants des quartiers concernés. Au coeur des grandes villes, il y a toujours des pressions à la densification. »

Ce n'est qu'en 1978 que la rue McGregor... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 2.0

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Ce n'est qu'en 1978 que la rue McGregor devient l'avenue du Docteur-Penfield. Le souvenir de John McGregor, propriétaire d'origine, est alors perpétué par une avenue transversale. Wilder Penfield est le fondateur de l'Institut neurologique de Montréal. Arrondissement de Ville-Marie. 

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Subventions méconnues

Pour les propriétaires, le privilège de vivre si près de la nature sans être loin du centre-ville ne va pas sans responsabilité, celle de rénover en respectant des critères esthétiques. Il s'ensuit souvent un besoin d'entrepreneurs spécialisés et des factures à l'avenant.

« Curieusement, le programme d'aide à la rénovation et à la restauration est peu connu et sous-utilisé », indique Ginette Cloutier, conseillère en planification au Bureau du Mont-Royal. (Le Bureau est chargé de documenter et de diffuser les connaissances relatives au site patrimonial, une autre retombée du décret de 2005.)

Pour se qualifier, le bâtiment doit dater d'avant 1975 et être situé dans le Site patrimonial déclaré du Mont-Royal (ou le Vieux-Montréal). La subvention maximale est de 500 000 $, dont un maximum de 250 000 $ pour les travaux de rénovation, la différence étant vouée à la restauration.

Pour avoir droit à une somme pour la rénovation, il faut effectuer au moins 50 000 $ de travaux de restauration.

La demande doit être présentée à la Division du patrimoine de la Ville de Montréal, qui administre une somme allouée par la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications.

Boulevard du Mont-Royal Ouest, dans l'arrondissement d'Outremont. ... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 3.0

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Boulevard du Mont-Royal Ouest, dans l'arrondissement d'Outremont. 

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Trois sommets

Le Site patrimonial déclaré du Mont-Royal occupe quelque 750 hectares. Sa superficie englobe les trois sommets du mont Royal (sommet Mont-Royal, sommet Westmount et sommet Outremont) et empiète sur les territoires de quatre arrondissements de Montréal (Ville-Marie, Le Plateau-Mont-Royal, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Outremont) et de la ville de Westmount. Il contient 688 bâtiments résidentiels et environ 1500 adresses.

Summit Circle, à Westmount.... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 4.0

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Summit Circle, à Westmount.

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À découvrir à pied

Redpath, McGill, McTavish... la toponymie du mont Royal perpétue l'histoire de ces familles écossaises qui ont acquis des terres sur la montagne, au XIXe siècle, et les ont ensuite loties. John Redpath, qui a donné son nom à la rue Redpath-Crescent, « était également président du comité des chemins de la Ville de Montréal », relève avec humour Dinu Bumbaru. Une apparence de conflit d'intérêts qui passerait moins bien de nos jours. James McGill passait pour l'homme le plus riche de Montréal. 

Le fameux Mille carré doré, où allaient s'installer les familles bourgeoises, est un peu modelé sur le New-Town d'Édimbourg, considéré comme un modèle de planification urbaine et cité au patrimoine de l'UNESCO.

Bientôt au patrimoine de l'UNESCO, notre mont Royal ? « Ce serait justifié, estime Dinu Bumbaru. Il est assez exceptionnel d'avoir une telle diversité sur un même site : la forêt, les grands hôpitaux, les cimetières, l'oratoire Saint-Joseph, les universités... »

La Division du patrimoine de la Ville de Montréal : 514 872-3953

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