Retour sur le Québec moderne

La station de métro Peel, à Montréal, est... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

Agrandir

La station de métro Peel, à Montréal, est un projet signé par l'agence Papineau Gérin-Lajoie Le Blanc.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Lucie Lavigne
Lucie Lavigne
La Presse

À l'heure où l'esprit moderne « Mid-Century » captive encore et toujours la sphère design, l'exposition actuellement présentée au Centre de design de l'UQAM nous permet de replonger dans l'époque de l'architecture moderne du Québec.

Intitulée Papineau Gérin-Lajoie Le Blanc. Une architecture du Québec moderne, 1958-1974, cette exposition met au premier plan neuf projets de l'agence Papineau, Gérin-Lajoie, Le Blanc, architectes (PGL), une firme fondée en 1958 par les architectes Louis Joseph Papineau, Guy Gérin-Lajoie et Michel Le Blanc.

Au nombre de ses réalisations les plus connues, il y a la station de métro Peel, le pavillon du Québec d'Expo 67 et l'aérogare de l'aéroport de Mirabel.

Sans oublier la résidence Papineau de l'île Verte, à Laval, une maison qui se distingue par ses façades avant et arrière complètement vitrées.

Ému, Louis Joseph Papineau était présent au vernissage, la semaine dernière. « Des trois architectes qui ont fondé l'agence PGL, seul Louis Joseph Papineau est encore en vie », indique Maude N. Béland, conseillère en relations de presse à l'UQAM.

MAISON AVANT-GARDISTE

Parmi ses souvenirs à l'égard de sa résidence de l'île Verte, une propriété qu'il n'habite plus depuis le milieu des années 90, Louis Joseph Papineau confie : « En mars 1964, j'ai terminé les travaux de cette maison, que j'ai conçue et réalisée de A à Z. Naïvement, je croyais alors que dans 10 ans, tout le monde aurait une maison semblable. Eh bien, ce qui, à mes yeux, devait arriver dans les années 70 se réalise maintenant. La nouvelle génération d'architectes contemporains investit le milieu de l'architecture résidentielle », constate celui qui a été profondément marqué par sa rencontre avec l'architecte Philip Johnson, lors de sa visite de la fameuse maison de verre Glass House, au Connecticut.

La résidence Papineau s'impose « comme une oeuvre fondatrice du Québec moderne », enchaîne Marie-Ève L. Brodsky, qui a réalisé, pendant ses études en architecture, un guide consacré à cette agence (PGL 1957-1973, visites architecturales).

« Ma volonté était de déposer un cube de verre, aux façades latérales opaques, sur une base solide formée de pierres des champs. Toute la fenestration, à l'avant et à l'arrière, est ininterrompue. Sans compter mon désir de réduire au minimum la présence de la structure, à l'intérieur de la demeure. » - Louis Joseph Papineau, architecte

« Louis Joseph Papineau est un architecte d'une grande sensibilité pour qui les besoins et le bien-être des occupants sont importants, considère Marie-Ève L. Brodsky. Il démontre également un grand souci du détail, de la conception à l'exécution. Dans la résidence Papineau, par exemple, le plafond et les murs, couverts de lattes de cèdre de l'Ouest, ont été réalisés d'une manière très soignée, comme une pièce de mobilier. »

DE L'EXPO 67 À MIRABEL...

Au gré des maquettes, des photographies et des textes, on (re)découvre certains caractères novateurs des projets et bâtiments signés par l'agence PGL. C'est le cas du pavillon du Québec de l'Expo 67. À l'origine, les parois de verre de cette construction, pratiquement implantée sur l'eau, réfléchissaient l'environnement tout en laissant deviner le dedans. Dès la tombée du jour, la transparence du verre révélait l'intérieur illuminé, ainsi que son aménagement, dessiné par PGL. « Le soir, le bâtiment s'affichait comme une lanterne et exposait toute sa richesse intérieure », résume Carlo Carbone, l'un des commissaires de cette présentation et professeur à l'École de design de l'UQAM.

Enfin, la magnifique maquette de l'aérogare de Mirabel pique la curiosité. Un bâtiment condamné à la démolition. « C'est une honte », insiste Börkur Bergmann, directeur du Centre de design de l'UQAM et initiateur de cette exposition. « L'architecture de PGL a contribué à la Révolution tranquille », soutient-il.

Cette exposition se tient jusqu'au 17 janvier 2016, mais sera fermée du 14 décembre 2015 au 5 janvier 2016.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer